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05/11/2008

Contraste de couleurs...

Un noir à la Maison-Blanche

"Interview

Selon Pap Ndiaye, historien spécialiste des questions relatives aux populations noires en France et aux Etats-Unis, l'élection de Barack Obama est un symbole positif mais ne signifie pas que les inégalités entre Blancs et Noirs vont disparaître.

45% seulement des Blancs ont voté pour Obama. C’est une sorte d’échec pour lui?

Non, parce que c’est un score archi-normal pour les démocrates qui sont élus, que ce soit Carter, Clinton ou Obama. Si le chiffre avait été supérieur, ça aurait été une révolution.

Quel est le statut de la question raciale aux Etats-Unis après cette campagne et cette élection ?

Cette élection est une bonne nouvelle pour les relations raciales aux Etats-Unis. Qu’un homme qui est considéré comme noir soit élu, c’est tout de même remarquable. Mais les inégalités - qui s’accroissent par ailleurs - ne sont pas que de classes, qu’entre riches et pauvres. Il y en a aussi entre Blancs et Noirs, en termes d’éducation, d’accès au travail et aux soins. Le système judiciaire est également biaisé en défaveur des Noirs. Etre noir est toujours un handicap social après l’élection d’Obama. On n’est donc pas passé comme certains voudraient le faire croire à une société post-raciale. Une société post-raciale est une société où la race ne compte plus mais pas seulement pour le président! Il faut se garder de toute vision trop angélique sur ce point. Les Américains ne passent pas en un instant de la nuit à la lumière.

Obama n’a-t-il pas fait de la question raciale un non-sujet durant la campagne, exception faite du discours de Philadelphie en mars?

Il a plutôt évité le sujet. Il a pris soin de ne pas se présenter comme le candidat des Noirs. A tel point qu’on a pu considérer qu’il négligeait la question. Au début, ça lui a même été reproché par certains hommes politiques et intellectuels noirs. Mais avec les perspectives de victoire, d’abord aux primaires, puis à l’élection finale, ceux-ci n’ont pas boudé leur plaisir. Ils ont fait contre mauvaise fortune bon cœur. En 1984 et 1988, Jesse Jackson avait lui été le candidat de la communauté noire. C’est la raison pour laquelle il n’a pas dépassé les primaires.

Quelle signification revêt cette élection pour la population noire de France?

Il y a une portée symbolique, c’est évident. Il y a naturellement un processus d’identification pour les Français d’origine africaine. Ce nouveau président leur est plus proche que les habituels présidents américains blancs. Mais ça nous oblige à réfléchir à la situation française. Si l’on pose la question sans détours, cela donne: «Y a-t-il un Obama français?» La réponse est non. Cela montre de façon spectaculaire la sous-représentation des Noirs en France. La comparaison avec les Etats-Unis n’est pas à l’avantage de l’hexagone."

D'après Libération du mercredi 5 novembre 2008

Un homme de couleur n'avait-il pas pris le contrôle de la Maison-Blanche auparavant? Mais est-ce que les petits hommes verts comptent vraiment?...


Doriane Purple

 

 

23:34 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1)