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16/10/2008

Carnet de voyages immobiles

 

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Parisien en Amérique, je ne suis que le reflet flou et inversé d’un Américain à Paris. Je ne suis qu’un visage bien pâle apercevant des bribes flashy d’Amérique par le kaléidoscope aux miroirs déformants de la terre atlante submergé qu’est l’Océan Atlantique. Tout est en XXL : les voitures, les buildings, les territoires, les paysages, les Big Macs, les cieux religieux, les dreams, les désillusions, les dollars, même les personnes… Je reste pour ma part dans le camp des filiformes, des anorexiques, des petits formats, des sans-appétits, des maigrichons, des faibles, des indiens enfantins qui l’ont toujours été par choix et qui se font massacrer par des petits desperados racistes sous couvert de la loi de leur étoile factice de sheriffs. Je suis un Sioux, je suis un Cheyenne, je suis un Apache, je suis un Comanche, je suis un Huron, je suis un Navajo, je suis un Cherokee, je suis un Crow à l’âme noire, je suis un Iroquois à la crête sanglante, je suis le dernier des Mohicans, je suis le dernier des Peaux-Rouges,
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un survivant au tomahawk dressé en l’air, inutile, lorsque le Vieux Continent détruit le Nouveau Monde, lorsqu’il abat par la rougeole, par les armes à feu, par l’eau de feu, par les cadeaux frelatés, par les promesses trompeuses, par les haines fratricides, ma lignée, mes peuples, mes mœurs, mes origines, mon histoire. Je me revendique de cette Amérique-là, originelle et multiculturelle, je suis un Amérindien doucereusement amer dressé à Big Mountain . Je suis un chaman sans manne. Je suis le cœur du tonnerre, je suis Thunderheart.
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Riders on the Storm. There are killers on the road ! Mes larmes du souvenir s’effacent peu à peu dans la pluie du temps. J’ai entr’aperçu le Light Side of Darkness ou même le Light Side of the Devil. Merlin, le devin visionnaire et prophétique n’était-il pas lui-même le fils du Diable ? D’autres, germanophones, parleraient de Lyserg Säure Diäthylamid… J’ai eu les visions magiques du Roi Lézard messianique régnant sur ses futurs iguanes. J’ai vu des futurs impossibles, des présents irréels, des passés illusoires à travers ses portes fantasmagoriques. There are things known and there are things unknown and in between are the Doors. J’ai vu des rêves psychédéliques d’adolescentes et des cauchemars ternis d’adultes.
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J’ai vu des visites extatiques et mortuaires, mouillées et sèches, devant ma dernière chaise où je me suis couché, Eros et Thanatos dansant sauvagement sur ma tombe en allumant ma dernière cigarette de condamné damné en me criant, tout en me décrivant et me décriant ironiquement : Light my fire ! J’ai vu mes soixante-deux ans venir et les quarante ans de la première ouverture de mes portes au monde s’échouer sur la plage de la planche à billets cette année. J’ai vu mon remplacement, comme pour mon fils spirituel Michael Hutchence,
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par une sombre copie commerciale. Je suis pourtant irremplaçable!
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Je demeure à jamais irremplaçable ! Il ne peut y avoir The 21st Century Doors sans moi ! Mais ne dit-on pas que les irremplaçables jonchent les cimetières ? Je suis resté dans le crépuscule du siècle dernier sans voir l’aube du chemin parcouru par l’impact de ma poésie et de ma musique. Peut-être aussi que ma mort passionnelle a plus contribuer à mon œuvre que mon vivant platoonique.
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This is the end, my friend, this is the end, my only friend, the end. Je suis Jim et je suis mort. Je suis Val et je suis encore vivant.
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Doriane Purple

23/03/2008

Into the Wild...

 

Hard Sun - OST "Into the wild" Eddie Vedder

Lyrics:

when I walk beside her
i am the better man
when I look to leave her
I always stagger back again
once I built an ivory tower
so I could worship from above
and when I climbed down to be set free
she took me in again

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

when she comes to greet me
she is mercy at my feet
when I see her pin her charm
she just throws it back again
once I sought an early grave
to find a better land
she just smiled and laughed at me
and took her blues back again

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

when I go to cross that river
she is comfort by my side
when I try to understand
she just opens up her eyes

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

once I stood to lose her
when I saw what I had done
bound down and flew away the hours
of her garden and her sun
so I tried to warn her
i'll turn to see her weep
40 days and 40 nights
and it's still coming down on me

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

 

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Dernier sourire d'un nouveau clochard céleste, d'un nouveau Chris(t): illuminé ou messianique ?

 

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 Doriane Purple

09/11/2007

Born to kill...

"J'admire ton courage, et je plains ta jeunesse.
Ne cherche point à faire un coup d'essai fatal ;
Dispense ma valeur d'un combat inégal ;
Trop peu d'honneur pour moi suivrait cette victoire :
À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
On te croirait toujours abattu sans effort ;
Et j'aurais seulement le regret de ta mort."

Acte 2 , Scène 2 - Le Cid - Pierre Corneille

(et non pas Thomas qui, au dire de Voltaire, était "un homme qui aurait une grande réputation s'il n'avait point eu de frère.")

  

 "Les sentiers de la gloire

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 Quatre des treize films de Kubrick traitent de la guerre. S'il fustige l'armée, ici l'armée française, le cinéaste ne propose aucune thèse positive, pacifiste ou patriotique. Il se contente d'exposer un système absurde, voire dément. Kubrick ne met jamais en scène héros ou victoire. Le colonel Dax aurait pu être le champion de la paix si son combat avait eu une quelconque incidence sur le chaos. Mais le film s'achève avec la reprise des assauts. Et si Les sentiers de la gloire s'ouvre sur "La marseillaise", c'est pour mieux affirmer qu'aucune utopie n'a jamais transformé le monde. Le pessimisme de Kubrick, qui deviendra légendaire, éclate au grand jour. Après Les sentiers de la gloire, sommet de la première période, l'oeuvre du cinéaste explorera toujours plus avant la folie humaine. Mais il n'y manquera jamais l'humour distancié qui transforme les épisodes les plus tragiques en irrésistibles farces. Quand le condamné, en chemin vers le poteau d'exécution, pleure et supplie, l'humour du cinéaste traverse ses cris. Metteur en scène des frissons troubles, Kubrick joue diaboliquement avec la jouissance du spectateur. À travers ses méandres, le film constitue une véritable grille de lecture pour toute l'oeuvre du maître. "

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D'après Arte

Doriane Purple

00:40 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, histoireKubrick

15/08/2007

Etes-vous un répliquant ?

Voici la malette pour la version DVD-Final Cut de "Blade Runner"!

De quoi se prendre pour un véritable Blade Runner ! 

 

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01:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma

17/06/2007

AmeriKKKa

 

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" Un procès rouvert
Inspiré de faits réels - l'assassinat de Michael Schwerner, Andrew Goodman et James Chaney par des membres du Ku Klux Klan sur une route du Mississippi - ce film combine impeccablement le suspense d'un policier et le réquisitoire antiraciste, montrant l'enracinement de l'intolérance dans l'Amérique profonde. Après Angel heart, qui s'intéressait aux rites vaudous de la communauté noire, Alan Parker continue sa plongée dans le sud des États-Unis, dépeignant cette fois une petite ville, murée dans le silence et la haine, à l'époque de la ségrégation raciale. Willem Dafoe et Gene Hackman, tous deux en grande forme, donnent corps à ce duo de policiers mal assortis - un classique du genre - portés néanmoins par une même passion du métier. Neuf ans après sa sortie, le film fera l'objet d'un épilogue inattendu. Un complément d'enquête entraînera la réouverture du procès, expédié en 1967, des assassins des trois militants, qui se soldera par la mise en cause d'un responsable du Ku Klux Klan."

D'après Arte 

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Il y a parfois de ces films qui vous laissent cloués sur votre fauteuil de cinéma et qui, des années après, ne cessent de vous étonner, de vous faire réfléchir et qui, parfois vous glacent encore le sang presque 20 ans plus tard par leur actualité encore brûlante... La guêpe (WASP) peut malheureusement toujours piquer durement.

 

Doriane Purple

21:30 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, film, cinéma

23/05/2007

In Morrison we trust ?

 

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Marion Robert Morrison - alias John Wayne - aurait eu 100 ans le 26 mai 2007.

"Porte-drapeau de l'Amérique traditionnelle à l'écran, John Wayne militait pour les mêmes valeurs dans la vie. Mais cet homme, parfois rigide, savait aussi toucher le coeur de ses fans par sa vulnérabilité d'enfant mal-aimé.
ZDF © BBC
 
Honneur, courage, esprit d'entreprise, patriotisme, lutte contre le "Mal", toutes ces valeurs omniprésentes dans ses films se trouvaient aussi au coeur de sa vie. L'acteur a apporté ouvertement son soutien à des hommes politiques ultraconservateurs, de Barry Goldwater à Nixon et Reagan. À Hollywood même, il était un fervent militant anticommuniste et a présidé un temps la redoutable Movie picture alliance for the preservation of american ideals (en français, l'Alliance cinématographique pour la préservation des idéaux américains) dont le pouvoir de nuisance fut déterminant à l'époque du maccarthysme. Plus tard, il a participé aux campagnes de propagande en faveur de la guerre du Viêt-nam en intervenant dans les universités, face à des étudiants généralement hostiles à ce conflit. John Wayne visitait volontiers aussi les camps d'entraînement et les casernes de GI pour soutenir le moral des troupes. Donnant la parole aux fans comme aux détracteurs de John Wayne, ce documentaire, nourri d'archives et d'extraits de films, montre aussi que l'immense popularité de l'acteur ne s'explique pas uniquement par son adhésion sans réserves aux idéaux de l'Amérique conservatrice. Un autre versant de sa personnalité faisait écho aux doutes et aux peurs de nombre de ses admirateurs. Sous ses airs de dur, John Wayne cache un homme écorché vif, mal-aimé par sa mère, à laquelle il ne réussira jamais à prouver qu'il était un fils modèle. Il souffrira aussi de n'avoir jamais combattu les armes à la main pour défendre son pays."

D' après Arte, émission du 20 mai 2007

Cependant, John Wayne, symbole de l'Amérique pure et dure, fut une victime des dommages collatéraux engendrés par les essais nucléaires de l'armée américaine dans le désert du Névada durant les années 50. En effet, il mourut d'un cancer en 1979, comme la plupart des acteurs du film "Le conquérant", tourné en 1954 dans ces paysages morbides à juste titre, puisqu'exposés aux radiations nucléaires. Il est donc finalement et ironiquement mort pour sa patrie ...

 

Doriane Purple 

17:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, histoire

10/12/2006

I am the business

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"I’m not in the business, I am the business !" dixit Rachel...

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"Un monument sur pellicule qui, par son histoire et ses coulisses, est aussi riche d’enseignements sur l’industrie cinématographique, la création artistique et la manière de fabriquer des films à Hollywood. Il fascine encore les trentenaires cinéphiles, un peu mutants, que sont devenus les jeunes ados qui l’ont découvert au cinéma. Pour beaucoup, Ridley Scott et Blade Runner leur ont impressionné les rétines et fait aimer le cinéma. Les autres, grâce à l’avènement de la vidéocassette, l’ont fait passer du statut de bide commercial à sa sortie, à celui de film culte. [...]

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Blade Runner dans son montage original étant désormais introuvable, cette « fausse » director’s cut (puisque faite quelque peu dans le dos de son réalisateur), bien qu’elle gomme certains défauts des précédentes éditions annonce surtout pour 2007 la vraie version du film induite par le réalisateur."

D’après Thomas Douineau, auteur d'un très long et très bon dossier sur le film.

En attendant la future sortie en salle et en DVD de Blade Runner : The Ultimate Edition avec les 4 versions du film avec des suppléments conséquents, faisons des origami à la manière innovante d' Elie Semoun ou tapotons (bien fort) sur notre futuriste Origami, ami.

Doriane Purple 

06/12/2006

Le monde du silence

 

 

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Le silence est un bien précieux et rare dans nos sociétés modernes où bruissent sans discontinuer les fantasques moteurs de la productivité et de la rentabilité à outrance. Le silence inutile n'existe presque plus, il est en voie de disparition, traqué et pollué par le bruit agglomérant et sinistres des requins de la finance ondoyant terriblement dans les eaux sombres de la mondialisation.

 

Doriane Purple 

15:19 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, film, BD, cinéma

11/10/2006

L'homme descend du songe !

 

Fusillades verbales exaltées et exhalées de gosiers assoiffés…
 
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"Hé Blondin ! Tu veux que j’te dise ? T’es le plus grand dégueulasse que la Terre ait jamais porté ! ! ! "


"Réveille-toi, réveille-toi Blondin, voilà les soldats, allez vite !

- Bleus ou gris ?

- Hein ? Ils sont gris, comme nous, confédérés, on va les saluer et après on se tire. Hourra ! Hourra ! Vive la Confédération, vive les Sudistes et mort aux Nordistes ! Ces salauds, et vive le général... comment il s'appelle.. ?

- Lee.

- Le général Lee ! Haaaah! Dieu est avec nous, parce que lui non plus il aime pas les Yankees, hourra !

- Dieu n'est pas avec nous et il déteste les corniauds de ton genre ! ."

 

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"J'espère qu'elle me fera tout de même la grâce d'assister à mes débuts dans les arènes monumentales... Y'aura du monde ! .. Luis Miguel attire toujours la foule ! .. Y'a longtemps que je rêve de triompher à Madrid... Le public sera exigeant... surtout derrière Miguelito... Je vais être obligé de prendre des risques... Je vais mettre mon costume blanc, celui de mes débuts... Vous vous souvenez de cette novillada de Tolède... Ce vent froid... Ce public affreux... Et ce taureau qui ne voulait pas mourir... Depuis j'en ai estoqué plus de cent ! .. Je suis le plus grand matador français ! .. Gabriel Fouquet... Plus célèbre que Fierchoul... Yo soy unico ! .. Ça vous intéresse, papa ?

- Peut être ? - Et qu'est ce qui vous intéresse ? Le matador, le taureau ou l'Espagne ?

- Le voyage, votre façon de voyager.

- Ah ça c'est un secret !

- Oh la la ! .. Le véhicule je le connais, je l'ai déjà pris, et c'était pas un train de banlieue, vous pouvez me croire... Monsieur Fouquet, moi aussi il m'est arrivé de boire... Mais ça m'envoyait un peu plus loin que l'Espagne... Le Yangzi Jiang... Vous avez déjà entendu parler du Yangzi Jiang ? .. Ça tient de la place dans une chambre, moi j'vous l'dis !

- Sûr ! ... Alors deux xérès ? ...

- Je ne bois plus, je croque des bonbons...

- Et ça vous mène loin ?

- En Chine toujours, mais plus la même... Maintenant c'est une espèce de Chine d'antiquaire... Quant à descendre le Yangzi Jiang en une nuit c'est hors de question... Un petit bout par-ci, un petit bout par-là... Et encore, pas tous les soirs... Les sucreries font bouchon..."

 

"Matelot Hénault Lucien, veuillez armer la jonque, on appareille dans cinq minutes.

- C'est parti !

- Albert, je vous en prie, vous n'allez pas encore tout me saloper comme la dernière fois.

- Madame, le droit de navigation sur le Yangzi Jiang nous est formellement reconnu par la convention du 3 août 1885. Contesteriez-vous ce fait ?

- Je ne conteste rien. Je vous demande simplement de ne pas tout me casser comme l'autre jour.

- Oh... mais pardon ! L'autre jour, les hommes de Chung Yang Tsen ont voulu jouer aux cons. Heureusement que j'ai brisé la révolte dans l’œuf, sans barbarie inutile, il est vrai. On n'a coupé que les mauvaises têtes, le matelot Hénault peut témoigner.

- Sur l'honneur !

- Bon. Nous allons donc poursuivre notre mission civilisatrice. Et d'abord, j'vais vous donner les dernières instructions de l'amiral Guépratte, rectifiées par le quartier-maître Quentin ici présent. Voilà, l'intention de l'amiral serait que nous percions un canal souterrain qui relierait le Huang He au Yangzi Jiang.

- Le Yangzi Jiang... bon...

- Je ne vous apprendrais rien en vous rappelant que Huang He veut dire fleuve jaune et Yangzi Jiang, fleuve bleu. Je ne sais si vous vous rendez compte de l'aspect grandiose du mélange : un fleuve vert, vert comme les forêts comme l'espérance. Matelot Hénault, nous allons repeindre l'Asie, lui donner une couleur tendre. Nous allons installer le printemps dans ce pays de merde !

- Bon... Je vois qu'vous êtes raisonnables, j'vous laisse... J'ai des clients à servir, moi.

- Eh ! Dites donc, l'indigène ! Un peu d'tact, hein ! ... Parlons d'autre chose ! ... Parce qu'on les connaît, vos clients ! La Wermacht polissonne et l'Feldwebel escaladeur ! ... Hein ! ... Et puis merde, j'vous raconterais plus rien, là !

- Chut, Albert ! Vous fâchez pas !

- Mais vous fâchez pas, vous fâchez pas ! Mais, nom de Dieu d'bordel, j'vous offre des rivières tricolores, des montagnes de fleurs et des temples sacrés et vous m'transformez tout ça en maison d'passe ! ... Vous plantez votre Babylone normande dans ma Mer de Chine ! ... Alors ! ... Matelot Hénault !

- Oui, chef !

- On va brûler l'village ! ... Où sont les grenades, que j'les dégoupille ! ...

- Monsieur Quentin ! ... Calmez-vous ! ... Je vous demande pardon ! ...

- Une reddition ? ... Soit !... La main d'fer dans l'gant d'velours ! ... Matelot, à vos pagaies !

- Oui, chef !

- Attention aux rochers ! ... Et surtout, attention aux mirages. Le Yangzi Jiang n'est pas un fleuve, camarade... C'est une avenue... Une avenue de cinq mille kilomètres qui dégringole du Tibet et qui s'arrête à la Mer Jaune... A gauche et à droite des jonques, des sampans... Au milieu, en plein courant, des tourbillons d'îles flottantes... Des orchidées hautes comme des arbres et des troupeaux de buffles... Des millions de mètres cubes d'or, de fleurs et de limon qui descendent vers Nankin, au milieu des pagodes et des villes en bois... Des villes pontons où tout est à vendre : l'alcool, le poisson cru, les putains, l'opium... Je peux vous affirmer, tenancière, que le fusilier marin a été longtemps l'élément décoratif des maisons d'thé... Dans c'temps-là, on savait rire."

 

"Oui monsieur, les princes de la cuite, les seigneurs, ceux avec qui tu buvais le coup dans le temps et qu'on toujours fait verre à part. Dis-toi bien que tes clients et toi, ils vous laissent à vos putasseries, les seigneurs. Ils sont à cent mille verres de vous. Eux, ils tutoient les anges !

- Excuse-moi mais nous autres, on est encore capable de tenir le litre sans se prendre pour Dieu le Père.

- Mais c'est bien ce que je vous reproche. Vous avez le vin petit et la cuite mesquine. Dans le fond vous méritez pas de boire. Tu t'demandes pourquoi y picole l'Espagnol ? C'est pour essayer d'oublier des pignoufs comme vous."

 

"T'es qui ?

- Ah toi tu ferais mieux de t'en tenir là avant que tes espagnolades te r'prennent !

- Monsieur Hénault, si la connerie n'est pas remboursée par les assurances sociales, vous finirez sur la paille.

- Dis donc p'tit mal poli, tu veux que j't'apprenne !

- Monsieur Hénault, je vous interdis de tutoyer mon homme de barre. J'vous ai d'jà dit qu'vous n'étiez pas de la même famille.

- Alors toi, j'te préviens si t'es venu pour me donner des ordres, j'vais vous virer tous les deux à coups de pompes dans le train !"

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1962



Antoine Blondin sur le tour de France


Pivot raconte dans le Nouvel Obs. du 5-11 octobre 2006 avec un certain Boris Cyrulnik en couverture :


"Au départ de l’étape du lendemain il faisait frisquet et nous appréciâmes le café fumant servi aux journalistes, aux accompagnateurs et aux invités. Antoine Blondin, enfin raisonnable, avait lui aussi un gobelet en carton dans une main. Je lui dis bonjour, le remerciai de sa présence, la veille à Apostrophes. Il me répondit des choses agréables. C’est son haleine qui me fit baisser les yeux sur son gobelet. Il était rempli de rhum. Il disait qu’il était empêché d’entrer à l’Académie française par la présence entre son domicile et le quai Conti de cinq cafés. Un seul aurait suffi pour lui couper la route de l’immortalité ! Alors cinq ! D’autant que sa devise était : « Remettez-nous ça ! » L’Académie est riche et elle aurait pu faire l’effort de racheter les baux des cinq bistrots pour les transformer en boutiques de fringues, d’antiquités ou, mieux, de livres."

L'Académie française est plus clémente avec les buveurs d'eau plate, voire d'eau de mer comme Cousteau...

 

"Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont le pistolet chargé, et ceux qui creusent...Toi, tu creuses..."

 

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1967



Gloire aux corridas mortellement enivrées avec des voitures taurines ! De la vraie tauromachine ! De splendides danses de pistoleros ! Et vive les voyages immobiles !

 


Doriane Purple

18/09/2006

Souvenirs du futur...

 

 

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L'avenir n'est pas un long tunnel froid et humide linéaire. Il est éclairé de zones sombres, de zones mortes (dead zone) au bon sens du terme : il est un carrefour protéiforme des possibles où chacun a toujours le choix sans prédétermination calviniste ou sans destin puritain. La seule zone éclairée de notre futur est la certitude de notre mort prochaine, sombre zone d’ombre dont le dernier glas reste inconnu jusqu’au déchirement de notre fil de vie par la noire Moire Atropos.

13:11 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arte, cinéma, livre, film, littérature