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26/12/2016

Michael Hutchence, Michael Jackson, George Michael... Adieu Michael de la pop de mes heighties...

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La fièvre m’envahit. Un froid incompréhensible me réveille dans un frisson mortifère. Je suis transi et mon corps est pris, au cœur de la nuit, de violents spasmes musculaires, alors que je sens et ressens pertinemment que l’obscurité de ma chambre n’est pas aussi froide. Est-ce donc une chambre froide au sein de ma dernière demeure ? Je demeure indécis… Est-ce là ce que l’on ressent au seuil de la porte ultime avant le grand pas vers l’éternité ? Peut-être... Je ne pourrais jamais en témoigner, seulement sentir venir le grand froid de la lame glacée de la Faucheuse et mourir. Non, ce n’est qu’une petite mort sans plaisir aucun, qu’une fièvre de cheval qui me cloue au lit et non dans mon cercueil, avec la gestuelle dérisoire d’une chenille larmoyante, condamnée à n’être jamais un fier et orgueilleux papillon, même l’espace d’une nuit. L’aube rougeoyante apparaît, ne levant aucun de mes cauchemars de la nuit. Je suis suant d’efforts et d’insomnie. Je suis une larve inachevée qui rampe avec peine du lit au canapé pour voir entre deux cils collés l’éblouissement du jour nouveau. Toute la journée passe en trombe avec cette impression tenace d’être trop lent pour saisir l’instant. Je dois pourtant lever ce corps fébrile et fatigué afin d’aller au rendez-vous de ma jeunesse, même si cela commence sous de funestes auspices : le concert toujours ajourné de mon idole pop du début des années 90, George Michael. Son icône trônait à l’époque de mon adolescence sur les murs jaunes de mes seize ans. Depuis l’image pieuse s’est jaunie: j’ai aujourd’hui le double en âge et la passion musicale forcément fugace de cette époque s’est peu à peu éteinte avec mes illusions. Il n’en reste pas moins que je ne peux pas faire faux bond ni à lui, ni à mes seize ans. J’ingurgite nombre cachets contre la douleur, contre la fièvre, contre le rhume, contre la maladie, contre la fatigue, contre tout et n’importe quoi et encore contre la douleur. Je me lève enfin, l’air hagard et fiévreux et je m’élance avec mon bon vieux bolide félin anthracite dans le crépuscule du jour agonisant. Les kilomètres défilent dans le paysage méditerranéen, déchiré par la lame de bitume noir de l’autoroute. Thalassa ! Thalassa ! Thalassa ! La mer : ce n’est pas une délivrance, au contraire, je ne peux pas aller plus loin. Toulon, destination finale de mon périple, avec ses marins à pompons et ses bars à filles. Tout marin a une fille dans chaque port et certaines filles ont un marin dans chaque bateau. Perdu corps et âme, je m’arrête sur un boulevard fréquenté pour demander ma route. Le renseignement pris, je rejoins ma voiture, nauséeux. Je remonte les rues embouteillées, telles de minuscules porte-avions. Dans l’air iodé, se mêlent les effluves marins et pétrolifères. Mers bleues et mers noires se confondent et ballottent allègrement ma tête dans une céphalée tempétueuse.
Tout à coup, des voitures échouées parsèment et jonchent les berges des rues. J’approche du vortex attractif de la salle Zénith Oméga. Je parviens au milieu de ce grand cimetière marin et je m’échoue sur un trottoir rocheux. Je suis livide dans cette nuit sans lune. Quelques provisions de survie me rendent quelques forces et je reprends ma route à pied, toussant et crachotant, vers ma fin, mon oméga, suivant le courant toujours plus dense et rapide des survivants d’une époque révolue. J’aperçois enfin la salle de concert, vaste et fier paquebot aux énormes hublots vitrés. Je me retrouve au milieu de la foule : j’entre dans le ventre de ce monstre humain, aux multiples bras, têtes et jambes. Le flot des corps s’engouffre dans la salle centrale. La fosse se remplit trop rapidement. Un grand arc de cercle, peuplé d’une foule sans jambes, domine l’ensemble. Je m’insinue poliment dans la densité humaine pour m’approcher le plus possible de la scène. Je ne suscite que des râles et des protestations d’agonisants. C’est nouveau pour moi ce genre de réactions dans un concert. Satané concert pop ! Je m’immobilise donc, avant de me faire lapider à coups de portables. Les lumières tombent. La horde de fans languissants, trentenaires et quadragénaires réunis, hurle à l’unisson le nom de George Michael. Ledit chanteur apparaît enfin. Fiat lux ? Pas véritablement, j’ai un petit sourire amusé : c’est plutôt marrant de le voir en chair et en os. Mais pas de frissons exaltés, pas de joie intense, pas de cri noué dans la gorge. Juste un peu d’étonnement et d’amusement. Je regarde, incrédule, la foule en liesse, communiant avec son gourou dans cette grande messe musicale et je reconnais alors les préados et les ados des clips des années 80, de Wham et du George Michael chanteur naissant. Ils ont perdu leur physionomie fluette, leur brushing, parfois leurs cheveux. Elles ont perdu leur minois juvénile, les cernes, cicatrices de la vie constellant leur regard malgré le blush du maquillage. Mais les voix enfiévrées et perçantes sont toujours là, surtout au passage d’un vieux tube des années 80.
 
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J’ai envie de partir. Je ne suis pas à ma place ici. Cela fait longtemps que ce n’est plus ma place. Je ne danse pas, je n’applaudis pas, je ne souris plus. J’observe uniquement George Michael. Je reste stoïquement pendant tout le show, un peu ennuyé par mon manque de ferveur et d'énergie. Je reste finalement, non pas pour me souvenir, mais pour mes souvenirs. Il ne reste finalement que de très flous souvenirs bleus…
 
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Malgré tous ses efforts louables et appréciables, je ne suis plus fan. Careless Whispers et Freedom 90 ponctuent deux rappels. Pour moi, il n’y aura plus de rappels : ce ne sont plus que des murmures insouciants qui signifient ma liberté. Adieu George, adieu la pop, adieu ma jeunesse… J'ai perdu la foi...
 
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Je sors parmi les premiers. Je rejoins ma voiture dans la nuit. Sur l’autoroute, je mets Pearl Jam à fond. Quitte à me souvenir, j’aurais dû aller à Marseille voir les vieux grungies, j’aurais peut-être été moins déçu, qui sait : il paraît que leur rage juvénile a ressurgi accompagnée de leurs cheveux longs, de leurs cris hystériques et de leurs chorégraphies de condamnés à la chaise électrique, de condamnés à vivre… Et m…
 
Doriane Purple 

 

11:16 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pop, musique, écriture

24/12/2012

I alone

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Où sont-ils ? Où sont tous ces gens, toutes ces personnes, toutes ces personnalités, tous ces individus, toutes ces individualités que j’ai tant admirés, que j’ai tant aimés ? Je ne les vois plus, comme si un douloureux suaire recouvrait complètement mes yeux. Où sont ces fantômes du passé sinon rivés dans ma mémoire omniprésente ?
Je suis seule, je me sens seule, je me sens si seule...
Avec eux, mon âge d’or enfantin s’en est retourné définitivement.
Avec eux, mon adolescence dorée m’a tourné le dos.
Avec eux, ma jeune vie d’adulte mordorée a claqué la porte derrière elle.
Tous ces grands repères vivants et vitaux de ma petite histoire ont, semble-t-il, disparu dans la brume aigre des années.
Je me sens si seule, je me sens seule, je suis seule, esseulée...
Je suis devenue un anachronisme gênant, dérangeant, à fuir absolument de par mon immobilisme révoltant. Plus rien à se dire, plus rien à s'échanger, plus rien à se confier sinon des silences ennuyés. Je suis devenu muette comme une tombe...
La vie se résume-t-elle à une illusion d’amitié, un mirage d’amour ? Peut-être pas...
Mais comment alors emprisonner ces moments fugaces dans une longue mais trop fragile bouteille de vie ? Ces instants s’écoulent inexorablement, peu à peu, au dehors, passant au travers du meilleur bouchon cacheté, brisant même le verre par des fissures douloureuses afin de s’épancher et s’échapper plus vite. Mais sur cette Terre grouillante de vies, ne sommes-nous pas seuls depuis notre naissance, abandonnés pour toujours, avec pour tout héritage cette anxiété de l’inconnu qui nous serre la gorge dès notre premier cri, cette angoisse de l’Inconnue qui nous serre le cœur lors de notre dernier râle ?
Nous sommes toujours seuls, mais nous ne le savons pas… ou nous nous le cachons hypocritement. Nous sommes tous innocents et cherchons vainement tous notre Dame Paix. Alors pourquoi attendre parmi nos semblables solitaires un quelconque Sauveur avec un grand S ? A moins que ce ne soit un grand S comme Solitude ? I Live alone. I alone ! Je ne suis que Solitude...
 
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Doriane Purple

22/03/2008

Profession de foi d’une prose prosaïque

Aux albatros aux ailes de géant les empêchant de marcher…
A ces princes des nuées qui hantent la tempête et se rient de l’archer…

 

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Je ne veux point être un de ces Icare qui, par leur fierté effrénée, s’envolent et s’en vont tenter, par leur poétique talent, de côtoyer les dieux immortels, juchés haut sur leur estrade olympienne à jamais inaccessible, risquant ainsi de brûler au Soleil rougeoyant de la gloire fugitive, leurs ailes fragiles pincées de cire illusoirement solide d’abeilles éphémères. Je ne serai jamais l’un de ces Phaéton réclamant à grands cris à leur père Hélios de saisir les rênes de son char flamboyant et ne sachant pas, par leur inexpérience juvénile et par leur trop plein d’enthousiasme, guider l’attelage divin, embrasant alors les cieux, puis la Terre avant, enfin, d’être foudroyés par Zeus arrêtant alors leur catastrophe nucléaire. Il y a bien trop de risques à vouloir se prétendre un dieu. Parfois je l’admets, on le devient à force d’y croire, à force d’y travailler... Mais on le devient toujours dans l’ombre de ces dieux premiers, écrasé par leurs fabuleux exploits passés.
 
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Dans le crépuscule agité, rougeoyant sombrement, je ne suis moi, qu’un malingre être vivant à moitié dans l’ombre déjà sélénite, frôlé quelquefois par les rayons fantomatiques de ce soleil des loups. Et quand vient le soir, pour qu'un ciel flamboie, le rouge et le noir ne s'épousent-ils pas ?
 
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Je ne suis qu’un vil et sombre corbeau, perché fébrilement sur un arbre rabougri, desséché, ténébreux, guettant de ses yeux rétrécis et froids, semblables à ceux du fin goupil, la morne plaine napoléonienne d’un lointain Victor, qui m’entoure, résultat de mon bannissement indéfini pour l’expiation de mes châtiments. Car ainsi est mon âme, elle n’est faite que de petits riens, qui se résument à un grand néant. Je ne suis qu’une vulgaire corneille qui boit l’eau de la fontaine du haut d’une racine de la bruyère. Ce ne sont pas quarante siècles qui me contemplent, voire vingt ou encore trois. Aucun temps ne se meut en contemplation à mon sujet. Je ne suis qu’une serre crochue… noire et sale qui trépigne et qui se complaît dans la noirceur des ténèbres terrestres.
 
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Je me repais et me sustente de l’indicible neurasthénie des cadavres gisants du passé : de-ci, un globe oculaire ayant effleuré les fleurs du mal d’un paysage dantesque, de-là un doigt ayant touché la grâce d’une peau d’albâtre, de-ci, encore, un poing tendu vers les cieux impudiques, frôlant le tragique, de-là, ensuite, un cœur trempé d’un sang jailli d’une passion platonique et inhumaine, tout près d’un foie baignant dans une cirrhose sirupeuse d’excès de traces d’alcool apollinairien.
 
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Ci-gisent les restes ensanglantés et putrides de ma mémoire exsangue de vitalité. Je me complets dans ces lits mortuaires, dans ces suaires tâchés par les blessures de l’âme, dans ces cauchemardesques sommeils agités et sombrement nocturnes. Des visions atrocement souterraines éclairent mon inspiration d’éclairs noirs qui vrillent mon cerveau, vibrant alors dans de folles contorsions lucifériennes. Parfois, je m’envole d’une aile menaçante aux mauvaises augures sur ces vastes terres désolées qui, tout à la fois, m’effraient et me consolent dans leur immobilité morbide. J’erre, tel une âme en peine, à ras du sol fangeux, chevauchant un vent glacé, accompagné par les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse, inhalant maladivement les râles et les exhalaisons méphitiques de ces charognes décomposées et inspiratrices de mémorial et enfin, en retrouvant mon arbre immonde, je gratte d’une serre malhabile sur son écorce pourrie des hiéroglyphes sibyllines, s’entremêlant et parachevant la prose maudite et prosaïque de mon troisième testament.
 
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Ce corvidé de ces corps vidés qui anime notre anima animale n’est point une bête qui nous pousse vers l’avant; bien au contraire, cet archange noir et déchu, nous pousse vers notre propre abîme intime, vers notre propre tombe, glissant dans notre sang sa bile noire. Cette bête immonde et immeuble n’est pas l’Ennui mais le Spleen, hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère !
 
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Doriane Purple



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Spleen

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
    Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
    Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
    Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
   
    Quand la terre est changée en un cachot humide,
    Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
    S'en va battant les murs de son aile timide
    Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
   
    Quand la pluie étalant ses immenses traînées,
    D'une vaste prison imite les barreaux,
    Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
    Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
   
    Des cloches tout à coup sautent avec furie
    Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
    Ainsi que des esprits errants et sans patrie
    Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
   
    - Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
    Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
    Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
    Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.


Baudelaire, Les fleurs du mal LXXVIII

13/02/2007

LiSting

Quel est le point commun entre les deux derniers articles Mais que fait la Police? et Pêle-mêle moderniste... libéral et peu... ?

 

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Doriane Purple 

12/02/2007

Pêle-mêle moderniste... libéral et peu libérateur...

 

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Souvenirs métalliques d’odeurs insanes saturées d’huile. Patchwork nauséeux de couleurs grises sulfurées. Tristes mines d’esclaves de la modernité triomphante. Cols bleus refermé sur la froidure mordante et la maigreur équivoque de l’avenir incertain. Ballet ubuesque de cols blancs frénétiques aux yeux exorbités, à l’affût, et au cœur arraché pour le sacrifice rituel de la toute puissante Entreprise. Réunionite aiguë, infatuée, inféconde. Course effrénée des objectifs, des chiffres, des bilans, des prospectives, des productivités, des parts de marché, des bénéfices, des statistiques, des calculs, des graphiques, des compétitivités, des timings, des projets, des rapports d’activité, des audits internes, des listings, des pré-projets, des premières, des kiloWatts, des tournées, des programmes de production, des produits, des emballages, des concepts de design, des avancées ergonomiques, des services, des filiales, des pièces, des usinages, des emboutissages, des moulages, des pigmentations, des dossiers, des téléphones criards, des flux tendus, des cahiers des charges, des coûts, des délais, des qualités, des normes, des gammes, des marketings, des marques, des marges, des mesures, des contraintes, des concurrents, des performances, des résultats financiers, des modèles, des avant-projets, des volumes prévisionnels, des conceptions, des planifications, des estimations, des innovations, des études, des cibles, des contrats, des ventes, des équipes, des logistiques, des développements, des prototypes, des fabrications, des industrialisations, des productions, des certifications, des cadences, des commercialisations, des montages, des stocks, des livraisons, des juste à temps, des commandes, des approvisionnements, des gestions, des soudures, des maintenances… des technologies, des logiciels de CAO, des plans, des lignes, des segments, des outils, des engrenages, des mécaniques, des machines, des robots… Mais quelle place reste-t-il à l’Homme dans ce maelström artificiel ? N’est-il plus qu’un outil jetable, qu’un client fragile et corrompu ? Bien sûr mon point de vue est terriblement subjectif, mais quel point de vue est totalement dénué d’intérêts et purement objectif ?

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"Objets inanimés, avez-vous donc une âme?" Lamartine
 
 
Doriane Purple 

 

17/01/2007

Copains d'avant.com

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C'est comme retrouver des copains de lycée qu'on n'a pas vus depuis longtemps. On est tout d'abord timide, puis on échange quelques banalités et au bout de cinq minutes, on sait si la vie nous a séparés définitivement ou si la connivence enfouie dans les cendres du temps peut raviver de nouveau le feu de l'amitié passée. C'est ce qui s'est passé avec les Spin Doctors (rien à voir avec les tout puissants conseillers en communication américains) perdus dans ma mémoire musicale depuis mes années de lycée et qui ont rejailli au détour d'un bac ... de disques. L'entente s'est réétablie tout de suite. Mêmes mélodies chaloupées, mêmes slides de guitares savoureux, même voix sucrée et délirante. Un vrai bonheur pour les oreilles, quoi.

Nice talking to you, Spin Doctors.

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 Doriane Purple

 

 

15:15 Publié dans Rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, rock, écriture

12/01/2007

Père Noël vêtu de noir

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Le Père Noël, cette année, était vêtu de noir, peut-être à cause de la suie dans la cheminée, et sentait autant la souffrance que le soufre. Il a jeté dans mes Docs une panoplie complète pour me déguiser en gothique: une trousse à maquillage aux couleurs contrastées, des colifichets morbides (bagues à tête de mort, ankh d'Anubis...), des habits de deuil...

12:15 Publié dans Rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Noël, peinture, écriture

21/10/2006

Ignominieux gnomon !

 

 

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Ignominieux gnomon qui s'avance dans l'ombre de nos vies...

 

Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos,
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

« Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

« Assez de malheureux ici-bas vous implorent ;
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

« Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : « Sois plus lente » ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

« Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! »

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Hé quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ? quoi ! tout entiers perdus ?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus ?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux !

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés !

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit et l'on respire,
Tout dise : « Ils ont aimé ! »

Alphonse de Lamartine



L'horloge

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi !"
Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible ;

Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison

Trois mille six cents fois par heure la Seconde
Chuchote: Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi! Prodigue ! Esto memor !
( Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi,
Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide,

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encore vierge,
Où le Repentir même (oh ! la dernière auberge! ),
Où tout te dira : Meurs vieux lâche ! il est trop tard !"

Charles Baudelaire



Voilà donc le vrai esclavagiste : le Temps qui passe et qui trépasse, un Cronos triomphant, qui mange ses enfants gloutonnement un par un, sans espoir pour eux d’un Zeus pierreux salvateur et libérateur. Les montres qui sont à nos poignets ne sont-ils pas les fers qui nous enchaînent au Temps omnipotent, possesseur de nos vies et de notre mort commune ? C’est pourquoi le retard est mon perpétuel quotidien. Je prends de l’avance sur mes retards, afin que je puisse être convenablement en retard à mon dernier rendez-vous, id est ma propre mort.
 
 
Doriane Purple 

19/10/2006

La solitudine


 
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Mes souvenirs s’étalent comme un terne patchwork effiloché. Nek puis Laura Pausini sur les oreilles du souvenir. Frissons frémissants d'une voix italienne, frémissements frissonnants d'une colonne vertébrale à son écoute. Pourquoi ne suis-je pas né complètement italien plutôt qu'un quart ? Pourquoi ne suis-je pas né dans les rues chaudes d'une Naples méditerranéenne ? Pourquoi n'ai-je pas passé mon enfance dans les allées d'une Florence artistique ? Pourquoi n'ai-je pas passé mon adolescence à courtiser sur les places d'une Rome éternelle ? La vie est une succession de questions sans réponse. Train de vie. Je me souviens. Bruits étouffés de voix et de gestes. Le soleil d’un après-midi de fin d'été brille au travers des collines toscanes de Gianna Nannini. Les cyprès, gardiens en faction, protègent les champs humains du vent brigand. Maisons du Sud, maisons du soleil, riantes sur le passage du train. Voix du passé qui s'entrechoquent dans le wagon. Un son frais, venu de l'enfance m'entoure et m'enivre de son parfum. De jeunes Italiens, la vingtaine à peine. J'ai envie de rire, de chanter, de courir, de sauter. J'ai envie de leur énergie vive et communicative. J'ai envie de sentir dans mon cerveau et mon sang leur fraîcheur et leur jeunesse. Jeunesse italienne. Jeunesse pleine et belle de mes vertes années. Jeunesse courant dans les prés d’herbe fraîchement coupée des flancs montagneux des Alpes vaudoises, L’Italiano de Toto Cutugno plein les oreilles, le vent tout derrière et l’avenir tout devant.
 
 
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Poussière des traverses de montagnes, papillons estivaux, grillons insouciants, vers luisants baignant de leur lumière nocturne les rêves d’enfance, soleil enjôleur et cajoleur, mélèzes protecteurs, nature sauvage et joyeuse. Villages saisis dans l’immobilité du temps, places italiennes si vivantes, Fiat 126 et Fiat 500 aux allures de grands jouets rigolos, Vespa pétéradantes et Ape débordant de foin, de bois et de gens. Maoro, Paolo, Claudio, Andrea, les amis d’enfance... Tout cela s’est envolé comme un rêve qui s’évanouit au petit matin alors que l’on reprend le cours de la grise réalité. Nous nous sommes revus adultes… Ils ne parlaient plus mon français, je ne parlais plus leur italien… Nous n’avions plus la même langue, celle de l’enfance… Le vide de l’âge nous avait séparé… Le reste de mes joies passées sur ces terres inestimables s’estompent peu à peu ; seule la nostalgie et la pleine souffrance de ne jamais retrouver ces joies d’enfant persistent alors que s’étalent devant moi les photos d’un autre temps.
 
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Les jeunes italiens sont toujours là. Tel un vampire sorti des abîmes insondables du souvenir, je les convoite, je les jalouse, je m'immisce dans leurs discours disparates et vivants, et je m'approprie leur énergie vitale. Italie, temple de l'insouciance, des vacances et de la jeunesse. Chaque particule échappée de leur être, un souffle, une phrase, une exclamation, un regard, un geste, s'intègrent à moi comme cent drogues différentes, montent à mon cerveau surchargé et triste, et transpercent les brumes de mon esprit. La vie coule de nouveau dans mes veines, une illusion de jeunesse aussi. Je suis jeune, c'est en tout cas ce que je crois voir dans la vitre du train. On ne peut reconstruire son passé... Tel est le drame humain : se souvenir que l'on a vécu... La vita non è uno scherzo!
 
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   Ivresse des profondeurs du souvenir...
 
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Doriane Purple 

06/07/2006

Lettre à Anna Graham

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De François Rabelais ( Alcofribas Nasier ) à Boris Vian ( Bison Ravi ), les écrivains célèbres se cherchent et se recherchent d’autres identités clownesques. Quant à moi, pauvre écrivaillon de la blogosphère autiste, puis-je en espérer un ? Quelle anagramme donneriez-vous à  cette désespérée et désespérante Doriane Purple ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anagramme

http://aixtal.blogspot.com/2005/08/rcr-gnrez-vos-noms-de-plume.html

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Francois_Rabelais

http://www.borisvian.fr/

http://theuniversityofmyopia.com/annagraham.html ???

Doriane Purple