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03/03/2008

Je kiffe trop les bons mots du politiquement correct!


01/03/2008

Je kiffe trop les belles lettres!


Je kiffe trop la grande littérature!



16/10/2007

Clochard céleste...

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Traversées discontinues, disjointes, intangibles, contiguës et faussement exiguës, des grands espaces américains sur les rails routiers de l'après seconde guerre mondiale, parsemées d'explosions iniques et désinvoltes, de rencontres passagères, d'amitiés passionnelles et destructrices, d'insouciances inquiètes, de recherches mystiques, sous l'influence affichée de la faim tenaillante, du désir juvénile, de l'alcool frelaté, de l'herbe parfumée ou de la benzédrine trafiquée...

 

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Grands espaces hachés menu à coup d'auto-stops débridés et de style court, incisif, spontané, fuyant au rythme du Be Bop, zigzaguant sur la carte littéraire état-unienne.

 

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Vie rongée par la funeste, bien que salutaire, ambition de n'avoir aucune ambition d'avenir. Avaleur de bitume cancérigène, de micro-vies instantanées, de sensations brèves et éphémères, l'oeuvre pilier de la beat generation avait été semée par Kerouac pour s'envoler aux vents aléatoires du temps qui passe, mais elle resta plantée et s'enracina si fortement dans l'Histoire des Etats-Unis et du monde occidental en général qu'elle nous recouvre encore de son ombre. Après la génération perdue d'un Francis Scott Fitzgerald, la génération foutue d'un Jack Kerouac s'inscrivit dans le monde social et inhumain de l'Amérique industrialisée de l'après-guerre, dans le beat lancinant et désabusé du monde dit moderne.

 

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En ce jubilé de la parution de "On the road", adieu donc Sal Paradise, adieu clochard céleste ?... 

 

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Doriane Purple 

29/09/2007

Chatoiement...

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Le chat

I

Dans ma cervelle se promène
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fond le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.

Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux !

II

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
Caressée une fois, rien qu'une.

C'est l'esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

 

Charles Baudelaire

 

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18/09/2006

Souvenirs du futur...

 

 

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L'avenir n'est pas un long tunnel froid et humide linéaire. Il est éclairé de zones sombres, de zones mortes (dead zone) au bon sens du terme : il est un carrefour protéiforme des possibles où chacun a toujours le choix sans prédétermination calviniste ou sans destin puritain. La seule zone éclairée de notre futur est la certitude de notre mort prochaine, sombre zone d’ombre dont le dernier glas reste inconnu jusqu’au déchirement de notre fil de vie par la noire Moire Atropos.

13:11 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arte, cinéma, livre, film, littérature

20/06/2006

Lettre à Milena

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L’enfance est là, toute proche… Elle nous contemple de ses yeux tout à la fois inquisiteurs et neufs. Elle attend des réponses qui ne viendront peut-être jamais. Elle est là, dans son pyjama déjà trop étriqué, négligée par les préoccupations ridiculement importantes de la vie adulte. Elle essaye d’avancer vers nous, mais elle ne comprend pas encore que ces premiers pas l’éloigne jour après jour de nous. Est-ce là la tragédie de l’enfance, être entourée d’adultes ayant oublié qu’ils ont été des enfants ? Quand commençons-nous à perdre notre âme d’enfant ? Peut-être quand nous envisageons que notre propre disparition peut être un cataclysme pour sa progéniture et qu’alors l’insouciance se meurt peu à peu. Peut-être quand nous voyons nos propres parents vieillissants rentrer pesamment, rhumatisme après rhumatisme, dans l’antichambre de la mort. Peut-être quand l’ouverture d’un livre comme L’Ours du grenier n’évoque plus qu’un vide béant de sentiments et de souvenirs. Peut-être qu’un sourire rayonnant et salvateur nous replongera dans l’insouciance. Peut-être que la folie douce des rires cristallins et enfantins n’a pas réellement encore levé l’ancre et reste bien ancrée dans notre cœur sous le vague à l’âme. Comment ne pas succomber ainsi aux charmes d’un cadeau soyeux et envoûtant d’un Ours du grenier ? Le papier kraft y évoque ces vieilles et grandes bâtisses des grands-parents de notre enfance, leurs lumières feutrés, leur odeur sereine de vieilles pierres accueillantes, leurs planchers rugueux et chauds, la quiétude sécurisante de leurs réveils de vacances, leurs tasses de chocolat fumant, leurs pains d’épice beurrés avec amour, leurs petites fêtes quotidiennes, leurs grandes joies annuelles, leurs chants du coq bienveillants, leurs soleils picotants et revigorants, leur chaleur recouvrante enfin recouvrée.

 

" Lucie était très enrhumée et elle avait passé la journée au lit.

Le soir, au moment d’éteindre la lumière, son grand-père lui dit, avec un grand sourire :

- Dors bien, Lucie. Demain, quand tu iras mieux, nous irons acheter un ours en peluche. Mon Nounours était mon meilleur ami, tu sais, et je serais très heureux que tu en aies un qui compte autant pour toi.

Puis elle se retrouva seule, dans le noir.

 

Mais soudain, un rayon de lune passa entre les rideaux et vint toucher la porte d’un placard que Lucie n’avait encore jamais remarqué. La porte du placard s’ouvrit.

- C’est bizarre, se dit-elle. Je me demande ce qu’il y a à l’intérieur. Elle s’approcha, sur la pointe des pieds, pour examiner le contenu du placard.

 

C’était une sorte de grenier. Derrière les toiles d’araignée, Lucie aperçut des objets couverts de poussière et un paquet enveloppé dans du papier d’emballage, avec un ruban rouge. Elle eut du mal à défaire le nœud. Mais en ouvrant le paquet, elle fut ravie de découvrir un vieil ours en peluche.

 

L’ours était vieux. Très vieux. Une de ses oreilles était à moitié détachée et sa fourrure était très usée par endroits. Lucie vit même que le ventre avait été amoureusement recousu. Mais les yeux de l’ours brillaient d’une manière étonnante.

- Ce n’est pas possible, songea Lucie. On dirait qu’il vient de me faire un clin d’œil… "

 

Le rêve continue…par l’unique biais de l’imagination.

 

Pourquoi alors rechercher tant de chimères : marques vestimentaires, automobiles neuves à multiples options inutiles, chaînes hi-fi nec plus ultra, portables insupportables, vacances à Megève ou à Biarritz, statut social élevé, signes extérieurs de richesse, argent, gloire, pouvoir ?

Nous incarnons ainsi des pharaons orgueilleux et impudiques : nous n’emmènerons aucunement rien de bien utile dans notre dernier sépulcre, sinon le souvenir riant du temps pris sur la mort et que nous avons offert à nos tout proches et à nous-mêmes. Cela n’est en rien kafkaïen… C’est aussi simple que de conter une histoire à sa fille…

 

http://www.eveiletjeux.com/choisircommander/fiche.asp?id_...

 

http://perso.orange.fr/mondalire/lettresmilena.htm

 

 

Doriane Purple