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20 ans...

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Décembre 1992

"À cette époque, je vivais en permanence dans un état onirique, oscillant entre le rêve et le cauchemar, ces deux dispositions s’amalgamant parfois étrangement. La fatigue aiguë agissait comme un puissant psychotrope qui parfois me faisait douter de la réalité de mon quotidien absurde.
Et pourtant… Je rentre dans le Parc de la Tête d’Or ; il n’a pas changé lui non plus. Je me souviens de la folie de ce temps en apercevant la pancarte directionnelle du zoo. Je m’y étais rendu, recherchant dans le parc zoologique un peu de sérénité que je ne trouvais plus dans le lycée. Je n’avais découvert qu’un écho à ma propre désespérance. Les singes, tendant des mains implorantes, tragiquement humaines à travers les barreaux de leur cage, quémandaient un peu de nourriture et un peu de sollicitude. Les servals promenaient dans une ronde incessante leur ennui par delà un aquarium de verre, jusqu’à ce qu’un écureuil amical et effronté, dans un réel moment de magie, ne vienne monter sur ma jambe droite et ne détale un peu plus loin après que j’eusse essayé d’enlever mes mains de mes poches, le faisant fuir malgré moi. Les servals avaient alors repris miraculeusement vie, étaient tombés, de la manière la plus merveilleuse qui soit, à l’arrêt, pattes raidis, muscles saillants, yeux à l’affût, pour finalement, bondir à la poursuite improbable de l’écureuil, le long de leurs murs de prison en verre. Liberté privée. Privation de liberté. Les félins, tigres, lions et panthères, les yeux brillants et fous, exhalaient leur rage frustrée dans l’îlot souterrain central de leur bagne, accessible aux voyeurs inhumains que nous étions, dans une odeur haineuse, suffocante et maladive de fauve. Les loups hurlaient leur mélancolie par delà leur promenade sans but de pantins désarticulés. Sous le regard vide d’un de ces congénères, un éléphant, pauvre fantôme de sa majesté déchue, dans un geste compulsif et purement névrotique, névropathe, névrosé, avançait puis reculait un pied continuellement devant le fossé arrondi de son île prison, posant alternativement le pied dans le vide et dans son île bagne. J’étais revenu de cette promenade dans un état nauséeux et d’autant plus désespéré. On sent la profondeur de la détresse des autres êtres seulement quand on est soi-même en pleine détresse.
Je marche puis m’arrête pour m’asseoir sur un banc. Un enfant joue, deux autres le suivent puis trois ; ils sont six maintenant, des garçons, des filles, d’à peine sept ou huit ans. Leurs cris joyeux s’élèvent avec insouciance dans la fin d’après-midi ensoleillé… À dix-huit ans, j’évoquais déjà l’enfance avec des camarades de survie dans cette imposante et inhumaine galère que représentait la Math Sup…"

Décembre 2012

Rien ou presque rien n'a changé en exactement vingt ans...

Pouah!

Seules les vitres sales ont remplacé les barreaux striés de rouille... Adieu les loups hurlants, adieu à l'éléphant schizophrène... Les yeux hagards sont omniprésents, scrutant le vide du deséspoir; les va-et-vient maladifs et tendus sont toujours saillants dans l'emploi du temps impulsif de la communauté animale.

Bonjour tristesse!

J'ai envie de gerber devant cette tombe d'inhumanité flagrante. C'est samedi. Il va neiger demain. Mais devant ce manteau faussement immaculé de tâches non félines et profondémént inhumaines, le goût acre de mes sucs digestifs me serine cet air lancinant: l'homme est un homme pour le loup!

Lyon! L'homme est un roi hégémonique du lion, roi soit-disant des animaux.

Never change!!! Twenty years already!!!

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