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21/10/2006

Ignominieux gnomon !

 

 

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Ignominieux gnomon qui s'avance dans l'ombre de nos vies...

 

Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos,
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

« Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

« Assez de malheureux ici-bas vous implorent ;
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

« Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : « Sois plus lente » ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

« Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! »

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Hé quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ? quoi ! tout entiers perdus ?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus ?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux !

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés !

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit et l'on respire,
Tout dise : « Ils ont aimé ! »

Alphonse de Lamartine



L'horloge

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi !"
Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible ;

Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison

Trois mille six cents fois par heure la Seconde
Chuchote: Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi! Prodigue ! Esto memor !
( Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi,
Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide,

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encore vierge,
Où le Repentir même (oh ! la dernière auberge! ),
Où tout te dira : Meurs vieux lâche ! il est trop tard !"

Charles Baudelaire



Voilà donc le vrai esclavagiste : le Temps qui passe et qui trépasse, un Cronos triomphant, qui mange ses enfants gloutonnement un par un, sans espoir pour eux d’un Zeus pierreux salvateur et libérateur. Les montres qui sont à nos poignets ne sont-ils pas les fers qui nous enchaînent au Temps omnipotent, possesseur de nos vies et de notre mort commune ? C’est pourquoi le retard est mon perpétuel quotidien. Je prends de l’avance sur mes retards, afin que je puisse être convenablement en retard à mon dernier rendez-vous, id est ma propre mort.
 
 
Doriane Purple 

19/10/2006

La solitudine


 
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Mes souvenirs s’étalent comme un terne patchwork effiloché. Nek puis Laura Pausini sur les oreilles du souvenir. Frissons frémissants d'une voix italienne, frémissements frissonnants d'une colonne vertébrale à son écoute. Pourquoi ne suis-je pas né complètement italien plutôt qu'un quart ? Pourquoi ne suis-je pas né dans les rues chaudes d'une Naples méditerranéenne ? Pourquoi n'ai-je pas passé mon enfance dans les allées d'une Florence artistique ? Pourquoi n'ai-je pas passé mon adolescence à courtiser sur les places d'une Rome éternelle ? La vie est une succession de questions sans réponse. Train de vie. Je me souviens. Bruits étouffés de voix et de gestes. Le soleil d’un après-midi de fin d'été brille au travers des collines toscanes de Gianna Nannini. Les cyprès, gardiens en faction, protègent les champs humains du vent brigand. Maisons du Sud, maisons du soleil, riantes sur le passage du train. Voix du passé qui s'entrechoquent dans le wagon. Un son frais, venu de l'enfance m'entoure et m'enivre de son parfum. De jeunes Italiens, la vingtaine à peine. J'ai envie de rire, de chanter, de courir, de sauter. J'ai envie de leur énergie vive et communicative. J'ai envie de sentir dans mon cerveau et mon sang leur fraîcheur et leur jeunesse. Jeunesse italienne. Jeunesse pleine et belle de mes vertes années. Jeunesse courant dans les prés d’herbe fraîchement coupée des flancs montagneux des Alpes vaudoises, L’Italiano de Toto Cutugno plein les oreilles, le vent tout derrière et l’avenir tout devant.
 
 
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Poussière des traverses de montagnes, papillons estivaux, grillons insouciants, vers luisants baignant de leur lumière nocturne les rêves d’enfance, soleil enjôleur et cajoleur, mélèzes protecteurs, nature sauvage et joyeuse. Villages saisis dans l’immobilité du temps, places italiennes si vivantes, Fiat 126 et Fiat 500 aux allures de grands jouets rigolos, Vespa pétéradantes et Ape débordant de foin, de bois et de gens. Maoro, Paolo, Claudio, Andrea, les amis d’enfance... Tout cela s’est envolé comme un rêve qui s’évanouit au petit matin alors que l’on reprend le cours de la grise réalité. Nous nous sommes revus adultes… Ils ne parlaient plus mon français, je ne parlais plus leur italien… Nous n’avions plus la même langue, celle de l’enfance… Le vide de l’âge nous avait séparé… Le reste de mes joies passées sur ces terres inestimables s’estompent peu à peu ; seule la nostalgie et la pleine souffrance de ne jamais retrouver ces joies d’enfant persistent alors que s’étalent devant moi les photos d’un autre temps.
 
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Les jeunes italiens sont toujours là. Tel un vampire sorti des abîmes insondables du souvenir, je les convoite, je les jalouse, je m'immisce dans leurs discours disparates et vivants, et je m'approprie leur énergie vitale. Italie, temple de l'insouciance, des vacances et de la jeunesse. Chaque particule échappée de leur être, un souffle, une phrase, une exclamation, un regard, un geste, s'intègrent à moi comme cent drogues différentes, montent à mon cerveau surchargé et triste, et transpercent les brumes de mon esprit. La vie coule de nouveau dans mes veines, une illusion de jeunesse aussi. Je suis jeune, c'est en tout cas ce que je crois voir dans la vitre du train. On ne peut reconstruire son passé... Tel est le drame humain : se souvenir que l'on a vécu... La vita non è uno scherzo!
 
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   Ivresse des profondeurs du souvenir...
 
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Doriane Purple 

17/10/2006

Les vertus du fromage...

 

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"Vulpis et corvus

Quae se laudari gaudent uerbis subdolis,
serae dant poenas turpi paenitentia.
Cum de fenestra coruus raptum caseum
comesse uellet, celsa residens arbore,
uulpes inuidit, deinde sic coepit loqui:
'O qui tuarum, corue, pinnarum est nitor!
Quantum decoris corpore et uultu geris!
Si uocem haberes, nulla prior ales foret'.
At ille, dum etiam uocem uult ostendere,
lato ore emisit caseum; quem celeriter
dolosa uulpes auidis rapuit dentibus.
Tum demum ingemuit corui deceptus stupor."

 

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"LE CORBEAU ET LE RENARD.

Celui qui aime les flatteries perfides en est d'ordinaire puni par un repentir plein de confusion. Un corbeau avait pris sur une fenêtre un fromage et se disposait à le manger perché sur le haut d'un arbre. Un renard l'aperçut et se mit à lui parler ainsi : « Que ton plumage, ô corbeau, a d'éclat ! Que de beauté sur ta personne et dans ton air ! Si tu avais de la voix, nul oiseau ne te serait supérieur. » Mais lui, en voulant sottement montrer sa voix, laissa de son bec tomber le fromage et le rusé renard se hâta de le saisir de ses dents avides. Alors le corbeau gémit de s'être laissé tromper stupidement."
 
 
 
Le fromage est donc un mets convoité depuis longtemps! La caséine reste heureusement plus courue que la cocaïne! Attention toutefois à son perfide effet secondaire: perte de l'entourage à cause d'une haleine par trop méphitique!
 
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Doriane Purple 

 

Contre culture ou contre la culture ?

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Y a-t-il un programme sérieux sur Arte ?

 

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Ça y est ! Arte pète les plombs de sa carapace culturelle et cultuelle ce 15 et 16 octobre ! La chaîne de la culture, de la contre culture télévisuelle à l’encéphalogramme résolument plat des autres chaînes, brise ses propres chaînes de flegme indubitablement sérieux. Elle se lance dans un délire burlesque de deux petites soirées. D’abord, avec le potache Y a-t-il un pilote dans l’avion ? le 15 octobre, enchaîné ensuite le lendemain par l’hilarant et non moins pathétique et patriotique western de La charge héroïque. Y a-t-il encore un programme sérieux sur Arte après cette charge héroï-comique ? Je vous le demande ! Je me le demande… Pourquoi ne pas assener aux téléspectateurs un petit 1941 déjanté et génial ou le peu reluisant et burlesque film Les Bérets verts, qui ont tous deux l’intérêt de montrer le patriotisme exacerbé et militariste de ce grand (par la taille) co… comédien qu’était John Wayne.
 
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"Retour de bâton
Steven Spielberg proposa le rôle du général Stilwell à Charlton Heston et John Wayne. Wayne le rappela et, non content de refuser le rôle, tenta de persuader Spielberg de renoncer au projet, trouvant le script antipatriotique ! D'aucuns auraient confié que Heston avait refusé pour les mêmes raisons. Le rôle échoua à Robert Stack, fameux héros de la série Les Incorruptibles, et qui s'offre ici une scène d'anthologie en pleurant comme une madeleine devant Dumbo."

D’après http://www.allocine.fr/
 
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Extrait critique : “ Les Bérets verts est, hélas, une œuvre répugnante. A force d’ignorance, de parti pris raciste, d’absence de la plus élémentaire vérité, le scénario prend des allures de pastiche comique. ». (in 50 ans de cinéma américain, Jean-Pierre Coursodon, Bertrand Tavernier, éditions Nathan, 1995).

D’après http://www.arte.tv/

Où sont ces films en V.O. tels que l’impérissable long métrage L’odeur de la Papaye verte ou le flamboyant très long métrage La meglio gioventù? "C’était mieux avant !" me direz-vous ? Bah ! Ce n’est qu’une passade plus que passagère, une courte montée de fièvre automnale, une petite grippe doucereusement hivernale, avant la réjouissante vigueur froide et déterminée du printemps et la chaleur estivale, asséchante (quel est l’odieux qui a osé dire "assez chiante" ?) pour les cœurs et les âmes… Tout le monde peut faire des erreurs. Errare humanum est…. Perseverare diabolicum. En repensant à ces Liaisons dangereuses entre réalisateurs hollywoodiens et militaires, autres que Choderlos de Laclos, je me souvins, qu’à l’instar de son frère Tony Scott avec Top Gun, Rydley Scott avait lui aussi sombré dans le western manichéen avec La chute du Faucon Noir
Il ne me reste plus qu’à voir L'attaque de la moussaka géante pour m’empêcher de vomir devant tant d’horreurs loufoques …



Doriane Purple

20:43 Publié dans TV | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : télévision, cinéma, programmes

13/10/2006

Voyeurisme ?

STRIP-TEASE

 

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"Documentaires de (ré) création…

Strip Tease est aujourd’hui reconnue comme l’une des meilleures émissions télévisuelles de ces 20 dernières années. L’initiative en revient au journaliste belge Marco Lamensh et au cameraman Jean Libon, aujourd’hui producteurs de l’émission. Las d’une information télévisée jugée bien souvent trop médiocre/insatisfaisante, ils créent Strip Tease en 1985. Héritière d’une longue tradition belge de cinéma direct, l’équipe se fixe alors pour tâche de décrire la société au travers de petits films très variés, évitant interviews et commentaires et privilégiant les rapports filmés entre les gens pour transcrire la réalité. Strip Tease se donne alors l’ambition d’être un magazine documentaire qui puisse intéresser les analphabètes et les professeurs d’université, séduire les jeunes comme leurs grands-parents, concerner la province autant que Paris. Petit à petit, Strip Tease tend donc à dresser un portrait kaléidoscopique de notre société au travers de petits documentaires très réalisés.Depuis ses débuts, le magazine qui déshabille la société compte à son actif plus de 700 films, et continue toujours à s’enrichir de nouveaux épisodes, chaque année, pour le plus grand plaisir du public fidèle à cette émission TV devenue culte. Strip Tease est diffusée en Belgique depuis 19 ans sur la première chaîne de la RTBF, et en France depuis 10 ans sur France 3. Et on ne compte plus les récompenses qui l’ont honorée…"


D'après  le programme de ces jours-ci d'Utopia, le cinéma de l'utopie cinématographique où l'on peut voir des films comme Le Bon, la Brute et le Truand, La vie est belle, Wallace et Gromit, Requiem for a dream ou A scanner Darkly plus récemment et tout celà en V.O.. Mais il n'en existe seulement que quatre en France: un à Avignon, un à Bordeaux, un à Toulouse et un à Saint-Ouen.

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La soucoupe et le perroquet

Légende: "Maisooooooonnnnnnnn! Maisooooooooooooon!" ou "Y-a-t-il un pilote martien dans mon cerveau?"

 A noter l'excellent site de Strip-Tease avec vidéos à l'appui. Attention aux rires gargantuesques qui peuvent submerger le corps et l'esprit au détour d'une image de LA SOUCOUPE ET LE PERROQUET, AU PAYS DES MERVEILLES, LE PATRIOTE ILLUSTRE ou encore J’AURAI TA PEAU !

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 Au pays des Merveilles

 Légende: "Y-a-t-il une fenêtre dans mon eurdignateure?" ou "Merde, où est la croix rouge (pinponpin) ?".

22:35 Publié dans TV | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, télévision, culture

11/10/2006

Le rappeur est dans le pré.


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Après la prose combat avec poings américains et battes à la main de Public Enemy et de NTM (que j’ai eu la chance de voir tous deux aux Eurokéennes même si le rap n’est pas foncièrement ma tasse de thé), voilà le chant libérateur des campagnes françaises avec humour franc et dérision assassine ! A bas le racisme des urbains bien peu urbains! Vive le rire libérateur champêtre!
 
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New-York, Saint-Denis, Marly-Gomont, même combat! Un petit bijou de créativité, génial et très marrant. Un rappeur qui doit être connu et reconnu. Kamini, un rappeur qui ne passera pas en catimini sur la scène médiatique ! Ma fille adore les Kaminiettes (à l’instar des Claudettes), les vaches danseuses et métis (black and white) du clip. Voilà un clip qui décoiffe ! (sic)
 
 
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Doriane Purple 

14:45 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : musique

L'homme descend du songe !

 

Fusillades verbales exaltées et exhalées de gosiers assoiffés…
 
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"Hé Blondin ! Tu veux que j’te dise ? T’es le plus grand dégueulasse que la Terre ait jamais porté ! ! ! "


"Réveille-toi, réveille-toi Blondin, voilà les soldats, allez vite !

- Bleus ou gris ?

- Hein ? Ils sont gris, comme nous, confédérés, on va les saluer et après on se tire. Hourra ! Hourra ! Vive la Confédération, vive les Sudistes et mort aux Nordistes ! Ces salauds, et vive le général... comment il s'appelle.. ?

- Lee.

- Le général Lee ! Haaaah! Dieu est avec nous, parce que lui non plus il aime pas les Yankees, hourra !

- Dieu n'est pas avec nous et il déteste les corniauds de ton genre ! ."

 

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"J'espère qu'elle me fera tout de même la grâce d'assister à mes débuts dans les arènes monumentales... Y'aura du monde ! .. Luis Miguel attire toujours la foule ! .. Y'a longtemps que je rêve de triompher à Madrid... Le public sera exigeant... surtout derrière Miguelito... Je vais être obligé de prendre des risques... Je vais mettre mon costume blanc, celui de mes débuts... Vous vous souvenez de cette novillada de Tolède... Ce vent froid... Ce public affreux... Et ce taureau qui ne voulait pas mourir... Depuis j'en ai estoqué plus de cent ! .. Je suis le plus grand matador français ! .. Gabriel Fouquet... Plus célèbre que Fierchoul... Yo soy unico ! .. Ça vous intéresse, papa ?

- Peut être ? - Et qu'est ce qui vous intéresse ? Le matador, le taureau ou l'Espagne ?

- Le voyage, votre façon de voyager.

- Ah ça c'est un secret !

- Oh la la ! .. Le véhicule je le connais, je l'ai déjà pris, et c'était pas un train de banlieue, vous pouvez me croire... Monsieur Fouquet, moi aussi il m'est arrivé de boire... Mais ça m'envoyait un peu plus loin que l'Espagne... Le Yangzi Jiang... Vous avez déjà entendu parler du Yangzi Jiang ? .. Ça tient de la place dans une chambre, moi j'vous l'dis !

- Sûr ! ... Alors deux xérès ? ...

- Je ne bois plus, je croque des bonbons...

- Et ça vous mène loin ?

- En Chine toujours, mais plus la même... Maintenant c'est une espèce de Chine d'antiquaire... Quant à descendre le Yangzi Jiang en une nuit c'est hors de question... Un petit bout par-ci, un petit bout par-là... Et encore, pas tous les soirs... Les sucreries font bouchon..."

 

"Matelot Hénault Lucien, veuillez armer la jonque, on appareille dans cinq minutes.

- C'est parti !

- Albert, je vous en prie, vous n'allez pas encore tout me saloper comme la dernière fois.

- Madame, le droit de navigation sur le Yangzi Jiang nous est formellement reconnu par la convention du 3 août 1885. Contesteriez-vous ce fait ?

- Je ne conteste rien. Je vous demande simplement de ne pas tout me casser comme l'autre jour.

- Oh... mais pardon ! L'autre jour, les hommes de Chung Yang Tsen ont voulu jouer aux cons. Heureusement que j'ai brisé la révolte dans l’œuf, sans barbarie inutile, il est vrai. On n'a coupé que les mauvaises têtes, le matelot Hénault peut témoigner.

- Sur l'honneur !

- Bon. Nous allons donc poursuivre notre mission civilisatrice. Et d'abord, j'vais vous donner les dernières instructions de l'amiral Guépratte, rectifiées par le quartier-maître Quentin ici présent. Voilà, l'intention de l'amiral serait que nous percions un canal souterrain qui relierait le Huang He au Yangzi Jiang.

- Le Yangzi Jiang... bon...

- Je ne vous apprendrais rien en vous rappelant que Huang He veut dire fleuve jaune et Yangzi Jiang, fleuve bleu. Je ne sais si vous vous rendez compte de l'aspect grandiose du mélange : un fleuve vert, vert comme les forêts comme l'espérance. Matelot Hénault, nous allons repeindre l'Asie, lui donner une couleur tendre. Nous allons installer le printemps dans ce pays de merde !

- Bon... Je vois qu'vous êtes raisonnables, j'vous laisse... J'ai des clients à servir, moi.

- Eh ! Dites donc, l'indigène ! Un peu d'tact, hein ! ... Parlons d'autre chose ! ... Parce qu'on les connaît, vos clients ! La Wermacht polissonne et l'Feldwebel escaladeur ! ... Hein ! ... Et puis merde, j'vous raconterais plus rien, là !

- Chut, Albert ! Vous fâchez pas !

- Mais vous fâchez pas, vous fâchez pas ! Mais, nom de Dieu d'bordel, j'vous offre des rivières tricolores, des montagnes de fleurs et des temples sacrés et vous m'transformez tout ça en maison d'passe ! ... Vous plantez votre Babylone normande dans ma Mer de Chine ! ... Alors ! ... Matelot Hénault !

- Oui, chef !

- On va brûler l'village ! ... Où sont les grenades, que j'les dégoupille ! ...

- Monsieur Quentin ! ... Calmez-vous ! ... Je vous demande pardon ! ...

- Une reddition ? ... Soit !... La main d'fer dans l'gant d'velours ! ... Matelot, à vos pagaies !

- Oui, chef !

- Attention aux rochers ! ... Et surtout, attention aux mirages. Le Yangzi Jiang n'est pas un fleuve, camarade... C'est une avenue... Une avenue de cinq mille kilomètres qui dégringole du Tibet et qui s'arrête à la Mer Jaune... A gauche et à droite des jonques, des sampans... Au milieu, en plein courant, des tourbillons d'îles flottantes... Des orchidées hautes comme des arbres et des troupeaux de buffles... Des millions de mètres cubes d'or, de fleurs et de limon qui descendent vers Nankin, au milieu des pagodes et des villes en bois... Des villes pontons où tout est à vendre : l'alcool, le poisson cru, les putains, l'opium... Je peux vous affirmer, tenancière, que le fusilier marin a été longtemps l'élément décoratif des maisons d'thé... Dans c'temps-là, on savait rire."

 

"Oui monsieur, les princes de la cuite, les seigneurs, ceux avec qui tu buvais le coup dans le temps et qu'on toujours fait verre à part. Dis-toi bien que tes clients et toi, ils vous laissent à vos putasseries, les seigneurs. Ils sont à cent mille verres de vous. Eux, ils tutoient les anges !

- Excuse-moi mais nous autres, on est encore capable de tenir le litre sans se prendre pour Dieu le Père.

- Mais c'est bien ce que je vous reproche. Vous avez le vin petit et la cuite mesquine. Dans le fond vous méritez pas de boire. Tu t'demandes pourquoi y picole l'Espagnol ? C'est pour essayer d'oublier des pignoufs comme vous."

 

"T'es qui ?

- Ah toi tu ferais mieux de t'en tenir là avant que tes espagnolades te r'prennent !

- Monsieur Hénault, si la connerie n'est pas remboursée par les assurances sociales, vous finirez sur la paille.

- Dis donc p'tit mal poli, tu veux que j't'apprenne !

- Monsieur Hénault, je vous interdis de tutoyer mon homme de barre. J'vous ai d'jà dit qu'vous n'étiez pas de la même famille.

- Alors toi, j'te préviens si t'es venu pour me donner des ordres, j'vais vous virer tous les deux à coups de pompes dans le train !"

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1962



Antoine Blondin sur le tour de France


Pivot raconte dans le Nouvel Obs. du 5-11 octobre 2006 avec un certain Boris Cyrulnik en couverture :


"Au départ de l’étape du lendemain il faisait frisquet et nous appréciâmes le café fumant servi aux journalistes, aux accompagnateurs et aux invités. Antoine Blondin, enfin raisonnable, avait lui aussi un gobelet en carton dans une main. Je lui dis bonjour, le remerciai de sa présence, la veille à Apostrophes. Il me répondit des choses agréables. C’est son haleine qui me fit baisser les yeux sur son gobelet. Il était rempli de rhum. Il disait qu’il était empêché d’entrer à l’Académie française par la présence entre son domicile et le quai Conti de cinq cafés. Un seul aurait suffi pour lui couper la route de l’immortalité ! Alors cinq ! D’autant que sa devise était : « Remettez-nous ça ! » L’Académie est riche et elle aurait pu faire l’effort de racheter les baux des cinq bistrots pour les transformer en boutiques de fringues, d’antiquités ou, mieux, de livres."

L'Académie française est plus clémente avec les buveurs d'eau plate, voire d'eau de mer comme Cousteau...

 

"Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont le pistolet chargé, et ceux qui creusent...Toi, tu creuses..."

 

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1967



Gloire aux corridas mortellement enivrées avec des voitures taurines ! De la vraie tauromachine ! De splendides danses de pistoleros ! Et vive les voyages immobiles !

 


Doriane Purple