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26/12/2016

Michael Hutchence, Michael Jackson, George Michael... Adieu Michael de la pop de mes heighties...

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La fièvre m’envahit. Un froid incompréhensible me réveille dans un frisson mortifère. Je suis transi et mon corps est pris, au cœur de la nuit, de violents spasmes musculaires, alors que je sens et ressens pertinemment que l’obscurité de ma chambre n’est pas aussi froide. Est-ce donc une chambre froide au sein de ma dernière demeure ? Je demeure indécis… Est-ce là ce que l’on ressent au seuil de la porte ultime avant le grand pas vers l’éternité ? Peut-être... Je ne pourrais jamais en témoigner, seulement sentir venir le grand froid de la lame glacée de la Faucheuse et mourir. Non, ce n’est qu’une petite mort sans plaisir aucun, qu’une fièvre de cheval qui me cloue au lit et non dans mon cercueil, avec la gestuelle dérisoire d’une chenille larmoyante, condamnée à n’être jamais un fier et orgueilleux papillon, même l’espace d’une nuit. L’aube rougeoyante apparaît, ne levant aucun de mes cauchemars de la nuit. Je suis suant d’efforts et d’insomnie. Je suis une larve inachevée qui rampe avec peine du lit au canapé pour voir entre deux cils collés l’éblouissement du jour nouveau. Toute la journée passe en trombe avec cette impression tenace d’être trop lent pour saisir l’instant. Je dois pourtant lever ce corps fébrile et fatigué afin d’aller au rendez-vous de ma jeunesse, même si cela commence sous de funestes auspices : le concert toujours ajourné de mon idole pop du début des années 90, George Michael. Son icône trônait à l’époque de mon adolescence sur les murs jaunes de mes seize ans. Depuis l’image pieuse s’est jaunie: j’ai aujourd’hui le double en âge et la passion musicale forcément fugace de cette époque s’est peu à peu éteinte avec mes illusions. Il n’en reste pas moins que je ne peux pas faire faux bond ni à lui, ni à mes seize ans. J’ingurgite nombre cachets contre la douleur, contre la fièvre, contre le rhume, contre la maladie, contre la fatigue, contre tout et n’importe quoi et encore contre la douleur. Je me lève enfin, l’air hagard et fiévreux et je m’élance avec mon bon vieux bolide félin anthracite dans le crépuscule du jour agonisant. Les kilomètres défilent dans le paysage méditerranéen, déchiré par la lame de bitume noir de l’autoroute. Thalassa ! Thalassa ! Thalassa ! La mer : ce n’est pas une délivrance, au contraire, je ne peux pas aller plus loin. Toulon, destination finale de mon périple, avec ses marins à pompons et ses bars à filles. Tout marin a une fille dans chaque port et certaines filles ont un marin dans chaque bateau. Perdu corps et âme, je m’arrête sur un boulevard fréquenté pour demander ma route. Le renseignement pris, je rejoins ma voiture, nauséeux. Je remonte les rues embouteillées, telles de minuscules porte-avions. Dans l’air iodé, se mêlent les effluves marins et pétrolifères. Mers bleues et mers noires se confondent et ballottent allègrement ma tête dans une céphalée tempétueuse.
Tout à coup, des voitures échouées parsèment et jonchent les berges des rues. J’approche du vortex attractif de la salle Zénith Oméga. Je parviens au milieu de ce grand cimetière marin et je m’échoue sur un trottoir rocheux. Je suis livide dans cette nuit sans lune. Quelques provisions de survie me rendent quelques forces et je reprends ma route à pied, toussant et crachotant, vers ma fin, mon oméga, suivant le courant toujours plus dense et rapide des survivants d’une époque révolue. J’aperçois enfin la salle de concert, vaste et fier paquebot aux énormes hublots vitrés. Je me retrouve au milieu de la foule : j’entre dans le ventre de ce monstre humain, aux multiples bras, têtes et jambes. Le flot des corps s’engouffre dans la salle centrale. La fosse se remplit trop rapidement. Un grand arc de cercle, peuplé d’une foule sans jambes, domine l’ensemble. Je m’insinue poliment dans la densité humaine pour m’approcher le plus possible de la scène. Je ne suscite que des râles et des protestations d’agonisants. C’est nouveau pour moi ce genre de réactions dans un concert. Satané concert pop ! Je m’immobilise donc, avant de me faire lapider à coups de portables. Les lumières tombent. La horde de fans languissants, trentenaires et quadragénaires réunis, hurle à l’unisson le nom de George Michael. Ledit chanteur apparaît enfin. Fiat lux ? Pas véritablement, j’ai un petit sourire amusé : c’est plutôt marrant de le voir en chair et en os. Mais pas de frissons exaltés, pas de joie intense, pas de cri noué dans la gorge. Juste un peu d’étonnement et d’amusement. Je regarde, incrédule, la foule en liesse, communiant avec son gourou dans cette grande messe musicale et je reconnais alors les préados et les ados des clips des années 80, de Wham et du George Michael chanteur naissant. Ils ont perdu leur physionomie fluette, leur brushing, parfois leurs cheveux. Elles ont perdu leur minois juvénile, les cernes, cicatrices de la vie constellant leur regard malgré le blush du maquillage. Mais les voix enfiévrées et perçantes sont toujours là, surtout au passage d’un vieux tube des années 80.
 
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J’ai envie de partir. Je ne suis pas à ma place ici. Cela fait longtemps que ce n’est plus ma place. Je ne danse pas, je n’applaudis pas, je ne souris plus. J’observe uniquement George Michael. Je reste stoïquement pendant tout le show, un peu ennuyé par mon manque de ferveur et d'énergie. Je reste finalement, non pas pour me souvenir, mais pour mes souvenirs. Il ne reste finalement que de très flous souvenirs bleus…
 
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Malgré tous ses efforts louables et appréciables, je ne suis plus fan. Careless Whispers et Freedom 90 ponctuent deux rappels. Pour moi, il n’y aura plus de rappels : ce ne sont plus que des murmures insouciants qui signifient ma liberté. Adieu George, adieu la pop, adieu ma jeunesse… J'ai perdu la foi...
 
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Je sors parmi les premiers. Je rejoins ma voiture dans la nuit. Sur l’autoroute, je mets Pearl Jam à fond. Quitte à me souvenir, j’aurais dû aller à Marseille voir les vieux grungies, j’aurais peut-être été moins déçu, qui sait : il paraît que leur rage juvénile a ressurgi accompagnée de leurs cheveux longs, de leurs cris hystériques et de leurs chorégraphies de condamnés à la chaise électrique, de condamnés à vivre… Et m…
 
Doriane Purple 

 

11:16 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pop, musique, écriture

Listen without prejudice : coming out musical !

Après m’être quasiment arraché la tête en ayant pratiqué le headbanging à outrance, après avoir pogoté furieusement, slamé en vol plané et planant, poussé avec sauvagerie, chuté violemment, sauté follement, virevolté rageusement, chahuté âprement, dans les concerts de Marilyn Manson, Iggy Pop, Prodigy, The Cure, Creed, Skunk Andansie, K’s Choice, Oasis, Noir Désir, Stereophonics, Placebo, Rammstein, Nine Inch Nails, Uncommonmenfrommars, Lofofora et autres Body Count, (sans Nirvana, raté en pensant avoir d’autres occasions, alors que Kurt Cobain, lui, ne se ratait pas, le 5 avril 1994, nauséeux de sa propre vie trop remplie et trop vide à la fois), me voilà à la trentaine passée revenir à mon éclectisme musical de jeunesse et à mes premiers amours musicaux adolescents. Mes vieilles cassettes audio TDK sentent un peu la poussière, mais le son est toujours là, crachotant, certes, mais toujours mélodieux, chaud et entraînant.

A l’adolescence, le modèle paternel déclinant et se retrouvant rapidement obsolète, l’horizon s’ouvre et le jeune homme timide et mal assuré que l’on peut être, se cherche de nouveaux pères spirituels et charismatiques. Pour moi, ce fut entre autres George Michael.

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A la sortie de l’album "Listen without Prejudice Vol. 1" en 1990, je le découvris dans toute sa splendeur emblématique, coïncidant à cette époque avec son retour dans l’ombre dans tous les sens du terme. Pour un adolescent très complexé comme je le fus (mais qui ne l’a pas été ?), d’autant plus quand il s’intéresse à cette utopie si proche et si lointaine que sont les jeunes filles de son âge, George Michael représentait tout ce que je n’étais pas : beauté physique, hédonisme dilettante, humour intelligent, sens aigu du rythme et de la danse, goût esthétique, gloire précoce, look attractif, sens de la dérision, joie de vivre, vie facile, talent de composition musicale, sens impeccable de l’image... Malgré quelques informes griffonnages en anglais approximatif et quelques faux accords pincés sur les cordes d’une guitare sèche, je ne suis pas du tout devenu chanteur pour poupées de sucre comme je pouvais le croire à l’époque, mais d’une certaine manière, il a forgé l’homme que je suis devenu, bien plus peut-être que toutes autres références scientifiques ou littéraires.

Alors, quand je me penche vers la génération Star Ac’ ou vers la génération Boys Band un peu plus lointaine, même si mon sourire reste un peu cynique aux commissures de mes lèvres, je regarde les yeux de ces nouveaux gamins remplis d’espoir et d’étoiles illusoires avec considération et indulgence (même si cela me fait beaucoup rire de savoir que le nouveau chanteur d’INXS qui succéde au regretté Michael Hutchence a été choisi par le truchement de l’équivalent rock de la Star Ac’ aux Etats-Unis !). Mais Marilyn Manson n’a-t-il pas, lui non plus, commencé sa carrière dans un Boys Band nommé The Spooky Kids !?

Laissons là nos préjugés, nos vanités d’hommes désillusionnés plus ou moins mûrs et nos vérités toutes faites. " Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien. " dixit Socrate.

Et George Michael, parmi d’autres, a notablement souffert des préjugés de son temps…

Dès le début des années 90, après la sortie de l’album tristement prémonitoire "Listen without Prejudice Vol. 1", ne donnant plus d'interviews, ne faisant plus de clips, trop plein de l’image fausse qu’il doit donner de lui ou que les mass média lui affublent, il désire recentrer sa vie et se retire de la vie publique. La mort de la personne qui partage sa vie, le décès de sa mère, le procès perdu face à Sony ponctuent et tâchent de manière sombre et indélébile ces années-là.

Enfin, en avril 1998, George Michael est arrêté pour attentat à la pudeur par la police de Los Angeles. Trois jours après, sur CNN TV, il explique ce qui lui est arrivé et il fait son coming out (il annonce son homosexualité). Il y avait déjà eu des doutes, des rumeurs, des quolibets, des ricanements à son encontre... De cette affaire sort en octobre, "Outside", un immense tube mondial très cynique et humoristique sur ces récents déboires. Le sens de la dérision de George Michael l’emporte, tout au moins en apparence…

Mais est-ce là la démocratie que d’être piégé parce qu’on est célèbre et qu’on a des mœurs sexuelles considérées comme "déviantes" par la société dite bien pensante ? Est-ce là la liberté que de ne pas vivre pleinement sa vie en se cachant et en étant honteux du regard des autres ? Est-ce là la fraternité humaine que d’être traité de façon gratuite et ignominieuse de pédé, de tante, de tafiole, de sous-homme par de petits racistes inhumains ? Je ne le crois pas.

Suivant les divers aléas de la naissance ou de la vie, j’aurais pu être un homosexuel, j’aurais pu être une femme, j’aurais pu être un juif, j’aurais pu être un noir, j’aurai pu être un gitan, j’aurais pu être un handicapé, j’aurais pu être un clochard. J’aurais pu donc être humilié, insulté, battu, emprisonné, violé, pendu, torturé, lapidé, brûlé ou encore gazé dans les camps d’extermination nazis pour tous ces prétextes fallacieux et pour une seule et unique raison, le racisme. Vous aussi, vous auriez pu être victimes de toutes ces atrocités par le simple fait de votre "différence" !

Cependant, je ne suis pas tous ceux-là, mais je me revendique tout cela en même temps, car j’appartiens simplement à la même race que toutes ces victimes de l’ostracisme barbare : j’appartiens au genre humain. Cependant, parfois, je glisse vers une certaine misanthropie paradoxale qui me hante violemment en voyant certains de mes dits semblables : je me dis que j’irai cracher sur leur tombe et en attendant, je lève mon poing rageur, un majeur démonstratif bien en évidence pour leur montrer qu’ils restent mineurs et faibles dans notre monde des vivants.

 

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Mais je m’égare… Je ne me revendique d’aucune politique sinon de celle qui fait preuve d’humanité d’une Simone Veil ou d’un Raymond Forni.

C’est pourquoi, moi, l’hétéro revendiqué, le tatoué, le graisseux, le métalleux, le grungy, le punk, j’en reviens donc à mon éclectisme d’antan qui est l’un des bases de mon ouverture sur le monde et à autrui et j’irai applaudir cet homme si humain par ses douleurs et si divin par son talent. Je ne serai plus le pogoteur fou d’ivresse alcoolique et bruitale, je ne serai plus qu’une midinette criant frénétiquement son nom dans un tsunami d’appels hystériques dans un stade survolté plein à craquer et levant comme un seul homme ses milliers de mains au ciel pour atteindre cet ange symptomatique…Mais je rêve un peu ; je n’ai plus seize ans et lui ne sautille plus sur les titres de son album "Faith". Cependant, contrairement à Nirvana ou à INXS, je l’aurai vu sur scène au moins une fois, même si c’est près d’une décennie et demie après mon adolescence, quand l’orgie fanatique de la jeunesse est presque morte. Il faut se donner les moyens de rêver et il faut se donner les moyens de réaliser ses idéaux, quel que soit l’aspect dérisoire de ses visions oniriques et quel que soit le prix à payer. Les remords restent, sinon, trop profonds durant le reste de notre infime vie. Aussi je sais que je crierai avec la ferveur et l’ardeur retrouvées de ma naïve et fraîche jeunesse passée : " George Michael ! ! ! ! ! " Je ferai là mon coming out musical !

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Listen without prejudice… (Ecoutez sans préjugé)

Pas l’ombre d’un doute…

 

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Etre rasé comme une biscotte: syn.: avoir une barbe de trois jours à la George Michael (IAM, Harley Davidson, in Ombre est lumière - 1993)

PS : Quand je suis allé chercher mon ticket dans le point de vente, la jeune femme du guichet m’a dit : " Ah ! Il n’y a plus de places assises, mais uniquement des places debout dans la fosse. Cela vous va ? "

Je n’ai pu m’empêcher de doucement esquisser un sourire … aux commissures de mes babines révélant mes crocs luisants et fous de lycanthrope gothique affamé ! "Chasser le naturel, il revient au galop" dixit le vieil adage !

Doriane Purple

24/12/2012

I alone

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Où sont-ils ? Où sont tous ces gens, toutes ces personnes, toutes ces personnalités, tous ces individus, toutes ces individualités que j’ai tant admirés, que j’ai tant aimés ? Je ne les vois plus, comme si un douloureux suaire recouvrait complètement mes yeux. Où sont ces fantômes du passé sinon rivés dans ma mémoire omniprésente ?
Je suis seule, je me sens seule, je me sens si seule...
Avec eux, mon âge d’or enfantin s’en est retourné définitivement.
Avec eux, mon adolescence dorée m’a tourné le dos.
Avec eux, ma jeune vie d’adulte mordorée a claqué la porte derrière elle.
Tous ces grands repères vivants et vitaux de ma petite histoire ont, semble-t-il, disparu dans la brume aigre des années.
Je me sens si seule, je me sens seule, je suis seule, esseulée...
Je suis devenue un anachronisme gênant, dérangeant, à fuir absolument de par mon immobilisme révoltant. Plus rien à se dire, plus rien à s'échanger, plus rien à se confier sinon des silences ennuyés. Je suis devenu muette comme une tombe...
La vie se résume-t-elle à une illusion d’amitié, un mirage d’amour ? Peut-être pas...
Mais comment alors emprisonner ces moments fugaces dans une longue mais trop fragile bouteille de vie ? Ces instants s’écoulent inexorablement, peu à peu, au dehors, passant au travers du meilleur bouchon cacheté, brisant même le verre par des fissures douloureuses afin de s’épancher et s’échapper plus vite. Mais sur cette Terre grouillante de vies, ne sommes-nous pas seuls depuis notre naissance, abandonnés pour toujours, avec pour tout héritage cette anxiété de l’inconnu qui nous serre la gorge dès notre premier cri, cette angoisse de l’Inconnue qui nous serre le cœur lors de notre dernier râle ?
Nous sommes toujours seuls, mais nous ne le savons pas… ou nous nous le cachons hypocritement. Nous sommes tous innocents et cherchons vainement tous notre Dame Paix. Alors pourquoi attendre parmi nos semblables solitaires un quelconque Sauveur avec un grand S ? A moins que ce ne soit un grand S comme Solitude ? I Live alone. I alone ! Je ne suis que Solitude...
 
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Doriane Purple

16/10/2008

Carnet de voyages immobiles

 

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Parisien en Amérique, je ne suis que le reflet flou et inversé d’un Américain à Paris. Je ne suis qu’un visage bien pâle apercevant des bribes flashy d’Amérique par le kaléidoscope aux miroirs déformants de la terre atlante submergé qu’est l’Océan Atlantique. Tout est en XXL : les voitures, les buildings, les territoires, les paysages, les Big Macs, les cieux religieux, les dreams, les désillusions, les dollars, même les personnes… Je reste pour ma part dans le camp des filiformes, des anorexiques, des petits formats, des sans-appétits, des maigrichons, des faibles, des indiens enfantins qui l’ont toujours été par choix et qui se font massacrer par des petits desperados racistes sous couvert de la loi de leur étoile factice de sheriffs. Je suis un Sioux, je suis un Cheyenne, je suis un Apache, je suis un Comanche, je suis un Huron, je suis un Navajo, je suis un Cherokee, je suis un Crow à l’âme noire, je suis un Iroquois à la crête sanglante, je suis le dernier des Mohicans, je suis le dernier des Peaux-Rouges,
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un survivant au tomahawk dressé en l’air, inutile, lorsque le Vieux Continent détruit le Nouveau Monde, lorsqu’il abat par la rougeole, par les armes à feu, par l’eau de feu, par les cadeaux frelatés, par les promesses trompeuses, par les haines fratricides, ma lignée, mes peuples, mes mœurs, mes origines, mon histoire. Je me revendique de cette Amérique-là, originelle et multiculturelle, je suis un Amérindien doucereusement amer dressé à Big Mountain . Je suis un chaman sans manne. Je suis le cœur du tonnerre, je suis Thunderheart.
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Riders on the Storm. There are killers on the road ! Mes larmes du souvenir s’effacent peu à peu dans la pluie du temps. J’ai entr’aperçu le Light Side of Darkness ou même le Light Side of the Devil. Merlin, le devin visionnaire et prophétique n’était-il pas lui-même le fils du Diable ? D’autres, germanophones, parleraient de Lyserg Säure Diäthylamid… J’ai eu les visions magiques du Roi Lézard messianique régnant sur ses futurs iguanes. J’ai vu des futurs impossibles, des présents irréels, des passés illusoires à travers ses portes fantasmagoriques. There are things known and there are things unknown and in between are the Doors. J’ai vu des rêves psychédéliques d’adolescentes et des cauchemars ternis d’adultes.
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J’ai vu des visites extatiques et mortuaires, mouillées et sèches, devant ma dernière chaise où je me suis couché, Eros et Thanatos dansant sauvagement sur ma tombe en allumant ma dernière cigarette de condamné damné en me criant, tout en me décrivant et me décriant ironiquement : Light my fire ! J’ai vu mes soixante-deux ans venir et les quarante ans de la première ouverture de mes portes au monde s’échouer sur la plage de la planche à billets cette année. J’ai vu mon remplacement, comme pour mon fils spirituel Michael Hutchence,
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par une sombre copie commerciale. Je suis pourtant irremplaçable!
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Je demeure à jamais irremplaçable ! Il ne peut y avoir The 21st Century Doors sans moi ! Mais ne dit-on pas que les irremplaçables jonchent les cimetières ? Je suis resté dans le crépuscule du siècle dernier sans voir l’aube du chemin parcouru par l’impact de ma poésie et de ma musique. Peut-être aussi que ma mort passionnelle a plus contribuer à mon œuvre que mon vivant platoonique.
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This is the end, my friend, this is the end, my only friend, the end. Je suis Jim et je suis mort. Je suis Val et je suis encore vivant.
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Doriane Purple

05/04/2008

Les limites...

Je fuis. Vacillement du crépuscule. Le jour s'efface sans un souffle, sans un mot. Il s'évapore, s'envole... pour s'enflammer demain... peut-être... Qui sait ?... Qui le sait ?... Vibration du jour moribond. Cri joyeux et sauvage de la nuit naissante. Regain d'énergie viscérale, primaire, première, primale. Cri de l'animal. La moiteur chaude de la forêt tropicale m'entoure. Je suis un esprit de la forêt profonde. Je suis jaguar... Des oiseaux mouches volettent dans les frondaisons. Sifflements furtifs de serpents. Mygales en embuscade. Coatis en vadrouille. Etourdissement des couleurs. Caïmans noirs. Aras bleus. Aras rouges. Tamarins-lions roux. Daguets rouges. Toucans au bec multicolore. Singes ouakaris à la face rouge. Quetzals au plumage rouge et vert éclatants. Phylloméduses vénéneuses vertes aux yeux rouges. Iguanes arboricoles verts. Serpents liane se confondant dans la végétation. Boas émeraudes. Verts chatoyants. Verts entêtants. Vert aveuglant. Vert omniprésent. Mes yeux de jade guettent chaque mouvement de la forêt vivante. Je me glisse silencieusement dans la végétation. La lumière de la Lune, s'aventurant peureusement entre les feuillages touffus, dessine un étrange tapis mouvant sur le sol terreux. Ma peau tachetée rappelle à chacun mon état d'esprit de lumière et d'obscurité. Bercement des chants d'oiseaux de la lointaine canopée. Chants des couleurs. Je suis Espagnol, Indien,... Jaguar. Singes hurleurs au loin. Ombres mouvantes sous le soleil. Ocelot immobile sur la branche d’un arbre immense. Poussière argentée ou argentine d'ailes de papillons éphémères. Végétation exubérante. Tatous. Toucans. Pécaris. Foisonnement de vies. Foisonnement de proies. Foisonnement de morts annoncées. Scolopendres venimeuses, colonne dévastatrice de fourmis légionnaires, piranhas voraces, anacondas cruels, serpent corail au poison mortel, vipère fer de lance, redoutable esprit de la Terre dont la tête, même tranchée, peut encore attaquer selon les croyances des Indiens. Nouveau monde. Emerveillement de l'inconnu. Nouvelle vie... Nouvelle mort... Nouveau sommeil... Nouveau réveil... Vide temporel de la nuit. Je me réveille, l'âme en proie à l'angoisse, le corps nimbé de sueur lourde et chaude, les yeux aveuglés par l'obscurité malveillante. Où suis-je ? Perte de repères. Oubli du lieu et de l'époque. Peur viscérale de l'inconnu... Je me souviens enfin...
 
 
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C'est le 1ier avril, jour de sortie de la chanson "Les Limites" d'un certain Julien Doré, un brin blagueur...
 
Doriane Purple 
 

 
 

14:45 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : julien, doré, musique, règne, animal

23/03/2008

Into the Wild...

 

Hard Sun - OST "Into the wild" Eddie Vedder

Lyrics:

when I walk beside her
i am the better man
when I look to leave her
I always stagger back again
once I built an ivory tower
so I could worship from above
and when I climbed down to be set free
she took me in again

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

when she comes to greet me
she is mercy at my feet
when I see her pin her charm
she just throws it back again
once I sought an early grave
to find a better land
she just smiled and laughed at me
and took her blues back again

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

when I go to cross that river
she is comfort by my side
when I try to understand
she just opens up her eyes

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

once I stood to lose her
when I saw what I had done
bound down and flew away the hours
of her garden and her sun
so I tried to warn her
i'll turn to see her weep
40 days and 40 nights
and it's still coming down on me

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

 

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Dernier sourire d'un nouveau clochard céleste, d'un nouveau Chris(t): illuminé ou messianique ?

 

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 Doriane Purple

19/02/2008

Blancheur immaculée...

Croyez-vous aux anges?

 

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Peut-être perdrez-vous la foi s'ils ne sont pas asexués et ont un vrai sens de l'humour...

Doriane Purple 

16/02/2008

The voice...

16/01/2008

Story of a girl…

4 Juin 2007

Déchirement strident de l’émail blanchâtre de mes dents sur le métal sirupeux de la carcasse aciérée de ma voiture lancée à pleine allure sur l’autoroute mortifère de mes chants du crépuscule. Je m’endors sous la tempête bruitale de l’orage extérieur et sous le déferlement tempétueux de ma rage musicale intérieure. Tout à la fois bon et mauvais présage que cette bassine d’eau dégoulinante aux airs de damnées Danaïdes s’épanchant continûment sur mes lave-glaces et obscurcissant mon avenir au delà de dix mètres ! Cette inclinaison pleureuse des cieux m’invite à me souvenir d’un concert incertain d’un certain Marilyn Manson aux portes grecques d’une Massilia inondée et inabordable, seulement peut-être avec le temps doublée dans ses embruns routiers, et annulé pour cause improbable de maëlstrom cataclismique finalement tombée sur la Montpellier tout à la fois puritaine et estudiantine, il y a déjà presque quatre ans... Adieu cabaret impudique de la faible République de Weimar des années 30 qui fit place aux spectres assassins de la Wehrmacht.

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Une accalmie dans cette haute mer aux vagues ravageuses. J’aperçois déjà les toits haut dressés de la Lyon tentaculaire et tentatrice, la fin du périple, à moins que ce ne soit le début d’un autre voyage plus lointain, vers ma propre existence qui se dissout dans le flot de mes souvenirs…
Chants du Crépuscule qui me susurrent jusqu’à la folie leur mélodie entêté et entêtante d’âme damnée à survivre. Lyon tant haïe, Lyon tant aimée, Lyon tant rejetée, Lyon tant vénérée, Lyon tant redoutée, Lyon tant rêvée. Mon pauvre cœur exsangue est resté empalé sur l’autel pourrissant de ma jeunesse folle et de ma passion dévorante.
Je rentre dans ce cimetière de mon âme et de mon Amour, la bile me remontant dans la gorge. Tout a tellement changé depuis l’aube de ma vie… De nouveaux immeubles étalent leurs flancs juvéniles sortis fraîchement de la Terre, leur mère traîtresse. J’ en crève, j’en vomis mes tripes adipeuses, j’en éclate mes tympans exsangues…
Après une traversée dans les chemins boueux de cette nouvelle extension urbaine, je m’arrête, à bout de souffle godardien, dans un parking, attenant à d’immondes immeubles de bureaux, maintenant assoupis après la trépignation incessante de la journée affairée et affairiste. Chants du crépuscule incessants, vrillant ma raison déjà déclinante…
Comme Orphée, je commence ma descente aux Enfers. Mon gardien des mondes souterrains a une double vision comme Cerbère mais s’appelle du nom plus trivial mais plus machiavélique et traîtreusement plus doux de Piňa Colada. Au lieu de s’endormir, c’est lui qui vous endort et vous mène au pays des rêves, à moins que ce ne soit celui des cauchemars… En tout état de cause, je rentre dans une obscurité sensuellement opaque ; en un mot, je suis noir, un ricanement sardonique arboré sur mes lèvres repues de vampire évanescent, auquel les sourires complices et paradoxalement chauds des corbeaux gothiques s’agglutinant autour de l’épicentre réunionité, répondent d’un air entendu. J’erre de ci de là vers la bouche béante de la salle de concert, bouche sombre parmi tant d’autres de mon Enfer personnel, voire personnalisé. Les petits démons raguaillardis de ma jeunesse spectrale m’invitent de leurs petites mains griffus et chaleureuses, sous les feux de la rampe de la mémoire. Je m’engouffre donc sciemment dans mon ma petite mort décidée avec le désintérêt faussement apparent d’un dandy pédant.
Mon premier geste est bien entendu de me sustenter en boissons alcoolisées grâce  mon maigre pécule à offrir à Charon pour traverser une nouvelle fois le dangereux mais chaleureux Styx. Accoudé au bar du dernier rivage, je fume ma dernière cigarette de condamné à l’échafaud, lorsqu’un vigile hautement vigilant de la salle de concert, tel un requin appâté par l’odeur aquiline du sang, fond sur moi, et m’octroie le devoir impérieux d’éteindre ce sceptre de Dame Mort. Je m’exécute après certainement un regard aussi compatissant que stupide, en écrasant ma cigarette mortuaire sur la paume de ma main en effectuant un va-et-vient efficace, subjectif, provocateur, concupiscent et énergiquement avare, me brûlant la main dans un moindre degré, du fait du geste lui-même et surtout de l’alcool impunément imbibé. Le gardien impassible détale bien vite avec une moue dégoûtée devant cette hystérie faussement collective. Un concert métal où la moindre cigarette à tabac est exclue, voilà bien l’hérésie, l’incurie et l’hypocrisie de notre époque ! Je me dirige donc avec une lenteur affectée vers les toilettes pour profiter de ma substantifique moelle tabagique sans agités du bocal officiels. C’est comme une révélation extatique : je rencontre nombre de philosophes pas du tout âpres aux discussions incongrues sur leur vie routinière, puérile et charmante entre deux taffs de fumées abhorrées. Dans ces émanations urétères, je sens la résurrection prochaine m’éclairer de sa céleste lumière athée… Je quitte ces lieux de transes sexistes et bornées pour rejoindre le flot des condamnés de la nuit. Voilà un rôle paradoxalement gratifiant et humiliant que celui de groupe de première partie de soirée. Personne ne bouge, certains écoutent, beaucoup continuent leur conversation, d’autres encore vont se resservir une verre, histoire de tuer le temps, avant que le temps ne les tue… Moi, j’écoute par décence ou par soûlerie avancée… Je suis calme comme une bombe!

Les minutes passent interminablement dans cet enfer immobile où l’Autre en est réduit à une ombre hagarde et sans vie. Je me dis  que décidément je suis trop vieux pour ce genre de concert, que je ne comprends plus rien à ce nouvel état d’esprit et que l’on peut me remiser dans un placard. En effet, contrairement à cette jeune marée saumâtre, je n’ai envie que… de sauter, de crier, de pogoter, de bousculer, de pousser, de me faire mal, de faire des headbangings, d’exulter mon énergie, de délirer, de rire, de m’amuser… Mais rien ne se passe, de peur d’être trop décalé, d’être trop âgé… Voilà le véritable Enfer : paraître trop jeune du fait de son âge trop avancé. Dans ce huis-clos faussement sartrien, l'Enfer, c'est bien les autres...

Alors j’attends, calme comme une bombe à retardement…. Le roi de la nuit s’annonce enfin…
Une rumeur béate dans la salle m’encourage à ouvrir de façon béante le portail de ma sauvagerie intérieure. Dès l’apparition de l’Antéchrist superstar, les hurlements des loups serviles me portent dans un slam qui s’amplifie au fur et à mesure des instants éphémères qui m’entourent. Je me transforme en un Bugs Bunny rigolard sautillant dangereusement.

 

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Quatre fausses blondes m’encadrent dans mon envol bruital. Je commence mon petit show en dénonçant de manière faussement puérile et véritablement provocatrice l’absurdité superflue de l’omniprésence commerciale des téléphones portables qui ont alors fait tout à coup leur apparition, en vociférant : « Détruisez ses putains d’insupportables portables ! Quelle obscénité !» " Que se passe-t-il ? Quel est cet homme de l’espace ?" ont dû se dire tous ces visages tragiquement hâves en se retournant vers moi !…

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Ils n’ont encore rien vu !… Le pogo libérateur s’enclenche enfin. L’obscurité de la salle s’entremêle enfin avec les couleurs chatoyantes des coups de butoir des corps lancés dans l’air. Le maëlstrom traumatique se change en transe alcoolique et fuyante… Les chansons gutturales et gothiques s’enchaînent sur la scène dépouillée sans que je m’aperçoive de ce qui s’y passe. Je suis plongé dans un trauma libérateur. La mise en scène est minimale, voire minimaliste : I don’t care ; mon plaisir est maximal, plein, assouvi, inaltérable. A part deux interruptions surannées, je me complets dans ma danse incertaine et sautillante. L’une tient en substance (non illicite) en un « Qu’est-ce que tu prends pour être dans cet état ? – Uniquement de l’alcool, pourquoi ? » et un violent et hypocrite coup de pied dans les reins qui ne se prononce pas sur son auteur quand je me retourne de rechef.

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La mise en scène du roi gothique Marylin Manson manque d’énergie et de spontanéité mais je m’en fiche. Nevermind !…. Je trouve un certain plaisir, voire un plaisir certain, dans les corps agglutinées et peureux de la fosse. Le tourbillon de ma folie éphémère et puérile est plein et jouissif. Je virevolte comme un papillon fou dans le crépuscule de sa vie estivale jusqu’à l’épuisement incertain des poussières colorées de ses ailes… Les chansons s’enchaînent les unes après les autres sans que j’en distingue la teneur profonde, tout à ma quête d’oubli alcoolique… L’impression première est pourtant mitigée : je croyais que les peines de cœur étaient porteuses d’inspirations évocatrices. Pauvre petit croque-mitaine Marylin Manson recroquevillé sur une chaise enfantine trop grande pour assumer son talent habituel, absent durant  cette soirée …. Mais je m’en fiche, je me gorge pleinement de l’instant présent à jamais dissolu dans le passé incommensurable ! Oubli, oubli, oubli ! ! !
Le tour de scène prend fin enfin. Je sors, pas le moins dégrisé, l’alcool, frappant de plus belle mes tempes comme un marteau de forge. Les figures du carnaval faussement macabres s’éparpillent sur le béton de la ville. Je reste seul avec mes pensées clownesquement tristes. J’erre d’abord à pied entre vélibs lyonnais et terrains vagues de mes souvenirs , puis dangereusement au volant déséquilibré de mon automobile hypothétiquement meurtrière vers un but imparfaitement précis : le  VIe  arrondissement, Rue Brotteaux, Rue Anatole France… Terminus de mes égarements. Je suis là, debout, la pluie me dégoulinant sur le visage, devant l’imposante bâtisse de mon passé, devant le véritable prétexte de mon escapade musicale, devant ma plaie ouverte et béante. Je pleure subrepticement sur un mur lépreux pour mieux reprendre courage, peut-être pour mieux, bestialement parlant, conquérir un territoire à jamais perdu. Puis enfin sous les caméras outrageuses et grotesques de mon présent, j’exulte avec un retard inconsidéré ce message intime et unique d’amour et de désespérance que j’aurais dû exclamer quatorze ans plus tôt devant un portail de lycée restant désespérément fermé et hermétique.

 

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Déchirement strident…
La personne à qui est destiné  ce message purement puéril n’est pas là, n’est plus là depuis bien longtemps…
Story of a GirlNostalgia is my favorite song… Mon coeur a du mal à battre...

 
Doriane Purple

21/12/2007

A la recherche de l’amour perdu…

 

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Quel est donc ce carcan de condamné qui m’oppresse de jour en jour ? Quelle est donc cette camisole de fou conscient de sa déviance qui m’enserre au point de suffoquer ? Quelle est donc cette armure métallique de soldat déjà mort qui m’emprisonne au cœur de mon univers intrinsèque et introverti ? Quel est donc ce scaphandre cosmogonique qui me plaque face à la noirceur de mes cieux?  Ne serait-ce pas mon parti pris musical qui ne se réfère qu’à mon état d’âme couturé de cicatrices encore chaudes malgré le temps ? Punk, grunge, métal, le noir me va-t-il si bien ? Où est donc mon éclectisme musical salutaire d’antan, d’un temps où l’avenir me semblait être un horizon aux multiples possibilités et non pas une unique  ruelle étroite en sens unique, avec le tombeau comme seule issue ? Où sont passées les voix douces et suaves de Whitney Houston, de Maria Carey, de Lisa Stansfield sinon avalées par la drogue, la dépression ou les rides de la vieillesse naissante sur mes tempes déjà grisonnantes ? Où est cette soif de voyage intersidéral vers d’autres planètes musicales bien plus colorées que mon âme grise et que mon cœur noir ? Le salut viendra peut-être de cette planète à la fois si proche et si éloignée qu’est cette sphère rouge de Mars
 
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Où es-tu belle brune éburnéenne perdue de l’éclectisme perdu de ma jeunesse perdue ? J'ai le coeur chagrine... Quelle piste as-tu suivie dans cette immensité bruitale ?

Doriane Purple