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Rock

  • Listen without prejudice : coming out musical !

    Après m’être quasiment arraché la tête en ayant pratiqué le headbanging à outrance, après avoir pogoté furieusement, slamé en vol plané et planant, poussé avec sauvagerie, chuté violemment, sauté follement, virevolté rageusement, chahuté âprement, dans les concerts de Marilyn Manson, Iggy Pop, Prodigy, The Cure, Creed, Skunk Andansie, K’s Choice, Oasis, Noir Désir, Stereophonics, Placebo, Rammstein, Nine Inch Nails, Uncommonmenfrommars, Lofofora et autres Body Count, (sans Nirvana, raté en pensant avoir d’autres occasions, alors que Kurt Cobain, lui, ne se ratait pas, le 5 avril 1994, nauséeux de sa propre vie trop remplie et trop vide à la fois), me voilà à la trentaine passée revenir à mon éclectisme musical de jeunesse et à mes premiers amours musicaux adolescents. Mes vieilles cassettes audio TDK sentent un peu la poussière, mais le son est toujours là, crachotant, certes, mais toujours mélodieux, chaud et entraînant.

    A l’adolescence, le modèle paternel déclinant et se retrouvant rapidement obsolète, l’horizon s’ouvre et le jeune homme timide et mal assuré que l’on peut être, se cherche de nouveaux pères spirituels et charismatiques. Pour moi, ce fut entre autres George Michael.

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    A la sortie de l’album "Listen without Prejudice Vol. 1" en 1990, je le découvris dans toute sa splendeur emblématique, coïncidant à cette époque avec son retour dans l’ombre dans tous les sens du terme. Pour un adolescent très complexé comme je le fus (mais qui ne l’a pas été ?), d’autant plus quand il s’intéresse à cette utopie si proche et si lointaine que sont les jeunes filles de son âge, George Michael représentait tout ce que je n’étais pas : beauté physique, hédonisme dilettante, humour intelligent, sens aigu du rythme et de la danse, goût esthétique, gloire précoce, look attractif, sens de la dérision, joie de vivre, vie facile, talent de composition musicale, sens impeccable de l’image... Malgré quelques informes griffonnages en anglais approximatif et quelques faux accords pincés sur les cordes d’une guitare sèche, je ne suis pas du tout devenu chanteur pour poupées de sucre comme je pouvais le croire à l’époque, mais d’une certaine manière, il a forgé l’homme que je suis devenu, bien plus peut-être que toutes autres références scientifiques ou littéraires.

    Alors, quand je me penche vers la génération Star Ac’ ou vers la génération Boys Band un peu plus lointaine, même si mon sourire reste un peu cynique aux commissures de mes lèvres, je regarde les yeux de ces nouveaux gamins remplis d’espoir et d’étoiles illusoires avec considération et indulgence (même si cela me fait beaucoup rire de savoir que le nouveau chanteur d’INXS qui succéde au regretté Michael Hutchence a été choisi par le truchement de l’équivalent rock de la Star Ac’ aux Etats-Unis !). Mais Marilyn Manson n’a-t-il pas, lui non plus, commencé sa carrière dans un Boys Band nommé The Spooky Kids !?

    Laissons là nos préjugés, nos vanités d’hommes désillusionnés plus ou moins mûrs et nos vérités toutes faites. " Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien. " dixit Socrate.

    Et George Michael, parmi d’autres, a notablement souffert des préjugés de son temps…

    Dès le début des années 90, après la sortie de l’album tristement prémonitoire "Listen without Prejudice Vol. 1", ne donnant plus d'interviews, ne faisant plus de clips, trop plein de l’image fausse qu’il doit donner de lui ou que les mass média lui affublent, il désire recentrer sa vie et se retire de la vie publique. La mort de la personne qui partage sa vie, le décès de sa mère, le procès perdu face à Sony ponctuent et tâchent de manière sombre et indélébile ces années-là.

    Enfin, en avril 1998, George Michael est arrêté pour attentat à la pudeur par la police de Los Angeles. Trois jours après, sur CNN TV, il explique ce qui lui est arrivé et il fait son coming out (il annonce son homosexualité). Il y avait déjà eu des doutes, des rumeurs, des quolibets, des ricanements à son encontre... De cette affaire sort en octobre, "Outside", un immense tube mondial très cynique et humoristique sur ces récents déboires. Le sens de la dérision de George Michael l’emporte, tout au moins en apparence…

    Mais est-ce là la démocratie que d’être piégé parce qu’on est célèbre et qu’on a des mœurs sexuelles considérées comme "déviantes" par la société dite bien pensante ? Est-ce là la liberté que de ne pas vivre pleinement sa vie en se cachant et en étant honteux du regard des autres ? Est-ce là la fraternité humaine que d’être traité de façon gratuite et ignominieuse de pédé, de tante, de tafiole, de sous-homme par de petits racistes inhumains ? Je ne le crois pas.

    Suivant les divers aléas de la naissance ou de la vie, j’aurais pu être un homosexuel, j’aurais pu être une femme, j’aurais pu être un juif, j’aurais pu être un noir, j’aurai pu être un gitan, j’aurais pu être un handicapé, j’aurais pu être un clochard. J’aurais pu donc être humilié, insulté, battu, emprisonné, violé, pendu, torturé, lapidé, brûlé ou encore gazé dans les camps d’extermination nazis pour tous ces prétextes fallacieux et pour une seule et unique raison, le racisme. Vous aussi, vous auriez pu être victimes de toutes ces atrocités par le simple fait de votre "différence" !

    Cependant, je ne suis pas tous ceux-là, mais je me revendique tout cela en même temps, car j’appartiens simplement à la même race que toutes ces victimes de l’ostracisme barbare : j’appartiens au genre humain. Cependant, parfois, je glisse vers une certaine misanthropie paradoxale qui me hante violemment en voyant certains de mes dits semblables : je me dis que j’irai cracher sur leur tombe et en attendant, je lève mon poing rageur, un majeur démonstratif bien en évidence pour leur montrer qu’ils restent mineurs et faibles dans notre monde des vivants.

     

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    Mais je m’égare… Je ne me revendique d’aucune politique sinon de celle qui fait preuve d’humanité d’une Simone Veil ou d’un Raymond Forni.

    C’est pourquoi, moi, l’hétéro revendiqué, le tatoué, le graisseux, le métalleux, le grungy, le punk, j’en reviens donc à mon éclectisme d’antan qui est l’un des bases de mon ouverture sur le monde et à autrui et j’irai applaudir cet homme si humain par ses douleurs et si divin par son talent. Je ne serai plus le pogoteur fou d’ivresse alcoolique et bruitale, je ne serai plus qu’une midinette criant frénétiquement son nom dans un tsunami d’appels hystériques dans un stade survolté plein à craquer et levant comme un seul homme ses milliers de mains au ciel pour atteindre cet ange symptomatique…Mais je rêve un peu ; je n’ai plus seize ans et lui ne sautille plus sur les titres de son album "Faith". Cependant, contrairement à Nirvana ou à INXS, je l’aurai vu sur scène au moins une fois, même si c’est près d’une décennie et demie après mon adolescence, quand l’orgie fanatique de la jeunesse est presque morte. Il faut se donner les moyens de rêver et il faut se donner les moyens de réaliser ses idéaux, quel que soit l’aspect dérisoire de ses visions oniriques et quel que soit le prix à payer. Les remords restent, sinon, trop profonds durant le reste de notre infime vie. Aussi je sais que je crierai avec la ferveur et l’ardeur retrouvées de ma naïve et fraîche jeunesse passée : " George Michael ! ! ! ! ! " Je ferai là mon coming out musical !

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    Listen without prejudice… (Ecoutez sans préjugé)

    Pas l’ombre d’un doute…

     

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    Etre rasé comme une biscotte: syn.: avoir une barbe de trois jours à la George Michael (IAM, Harley Davidson, in Ombre est lumière - 1993)

    PS : Quand je suis allé chercher mon ticket dans le point de vente, la jeune femme du guichet m’a dit : " Ah ! Il n’y a plus de places assises, mais uniquement des places debout dans la fosse. Cela vous va ? "

    Je n’ai pu m’empêcher de doucement esquisser un sourire … aux commissures de mes babines révélant mes crocs luisants et fous de lycanthrope gothique affamé ! "Chasser le naturel, il revient au galop" dixit le vieil adage !

    Doriane Purple

  • I alone

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    Où sont-ils ? Où sont tous ces gens, toutes ces personnes, toutes ces personnalités, tous ces individus, toutes ces individualités que j’ai tant admirés, que j’ai tant aimés ? Je ne les vois plus, comme si un douloureux suaire recouvrait complètement mes yeux. Où sont ces fantômes du passé sinon rivés dans ma mémoire omniprésente ?
    Je suis seule, je me sens seule, je me sens si seule...
    Avec eux, mon âge d’or enfantin s’en est retourné définitivement.
    Avec eux, mon adolescence dorée m’a tourné le dos.
    Avec eux, ma jeune vie d’adulte mordorée a claqué la porte derrière elle.
    Tous ces grands repères vivants et vitaux de ma petite histoire ont, semble-t-il, disparu dans la brume aigre des années.
    Je me sens si seule, je me sens seule, je suis seule, esseulée...
    Je suis devenue un anachronisme gênant, dérangeant, à fuir absolument de par mon immobilisme révoltant. Plus rien à se dire, plus rien à s'échanger, plus rien à se confier sinon des silences ennuyés. Je suis devenu muette comme une tombe...
    La vie se résume-t-elle à une illusion d’amitié, un mirage d’amour ? Peut-être pas...
    Mais comment alors emprisonner ces moments fugaces dans une longue mais trop fragile bouteille de vie ? Ces instants s’écoulent inexorablement, peu à peu, au dehors, passant au travers du meilleur bouchon cacheté, brisant même le verre par des fissures douloureuses afin de s’épancher et s’échapper plus vite. Mais sur cette Terre grouillante de vies, ne sommes-nous pas seuls depuis notre naissance, abandonnés pour toujours, avec pour tout héritage cette anxiété de l’inconnu qui nous serre la gorge dès notre premier cri, cette angoisse de l’Inconnue qui nous serre le cœur lors de notre dernier râle ?
    Nous sommes toujours seuls, mais nous ne le savons pas… ou nous nous le cachons hypocritement. Nous sommes tous innocents et cherchons vainement tous notre Dame Paix. Alors pourquoi attendre parmi nos semblables solitaires un quelconque Sauveur avec un grand S ? A moins que ce ne soit un grand S comme Solitude ? I Live alone. I alone ! Je ne suis que Solitude...
     
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    Doriane Purple

  • Carnet de voyages immobiles

     

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    Parisien en Amérique, je ne suis que le reflet flou et inversé d’un Américain à Paris. Je ne suis qu’un visage bien pâle apercevant des bribes flashy d’Amérique par le kaléidoscope aux miroirs déformants de la terre atlante submergé qu’est l’Océan Atlantique. Tout est en XXL : les voitures, les buildings, les territoires, les paysages, les Big Macs, les cieux religieux, les dreams, les désillusions, les dollars, même les personnes… Je reste pour ma part dans le camp des filiformes, des anorexiques, des petits formats, des sans-appétits, des maigrichons, des faibles, des indiens enfantins qui l’ont toujours été par choix et qui se font massacrer par des petits desperados racistes sous couvert de la loi de leur étoile factice de sheriffs. Je suis un Sioux, je suis un Cheyenne, je suis un Apache, je suis un Comanche, je suis un Huron, je suis un Navajo, je suis un Cherokee, je suis un Crow à l’âme noire, je suis un Iroquois à la crête sanglante, je suis le dernier des Mohicans, je suis le dernier des Peaux-Rouges,
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    un survivant au tomahawk dressé en l’air, inutile, lorsque le Vieux Continent détruit le Nouveau Monde, lorsqu’il abat par la rougeole, par les armes à feu, par l’eau de feu, par les cadeaux frelatés, par les promesses trompeuses, par les haines fratricides, ma lignée, mes peuples, mes mœurs, mes origines, mon histoire. Je me revendique de cette Amérique-là, originelle et multiculturelle, je suis un Amérindien doucereusement amer dressé à Big Mountain . Je suis un chaman sans manne. Je suis le cœur du tonnerre, je suis Thunderheart.
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    Riders on the Storm. There are killers on the road ! Mes larmes du souvenir s’effacent peu à peu dans la pluie du temps. J’ai entr’aperçu le Light Side of Darkness ou même le Light Side of the Devil. Merlin, le devin visionnaire et prophétique n’était-il pas lui-même le fils du Diable ? D’autres, germanophones, parleraient de Lyserg Säure Diäthylamid… J’ai eu les visions magiques du Roi Lézard messianique régnant sur ses futurs iguanes. J’ai vu des futurs impossibles, des présents irréels, des passés illusoires à travers ses portes fantasmagoriques. There are things known and there are things unknown and in between are the Doors. J’ai vu des rêves psychédéliques d’adolescentes et des cauchemars ternis d’adultes.
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    J’ai vu des visites extatiques et mortuaires, mouillées et sèches, devant ma dernière chaise où je me suis couché, Eros et Thanatos dansant sauvagement sur ma tombe en allumant ma dernière cigarette de condamné damné en me criant, tout en me décrivant et me décriant ironiquement : Light my fire ! J’ai vu mes soixante-deux ans venir et les quarante ans de la première ouverture de mes portes au monde s’échouer sur la plage de la planche à billets cette année. J’ai vu mon remplacement, comme pour mon fils spirituel Michael Hutchence,
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    par une sombre copie commerciale. Je suis pourtant irremplaçable!
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    Je demeure à jamais irremplaçable ! Il ne peut y avoir The 21st Century Doors sans moi ! Mais ne dit-on pas que les irremplaçables jonchent les cimetières ? Je suis resté dans le crépuscule du siècle dernier sans voir l’aube du chemin parcouru par l’impact de ma poésie et de ma musique. Peut-être aussi que ma mort passionnelle a plus contribuer à mon œuvre que mon vivant platoonique.
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    This is the end, my friend, this is the end, my only friend, the end. Je suis Jim et je suis mort. Je suis Val et je suis encore vivant.
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    Doriane Purple

  • Into the Wild...

     

    Hard Sun - OST "Into the wild" Eddie Vedder

    Lyrics:

    when I walk beside her
    i am the better man
    when I look to leave her
    I always stagger back again
    once I built an ivory tower
    so I could worship from above
    and when I climbed down to be set free
    she took me in again

    there's a big
    a big hard sun
    beaten on the big people
    in the big hard world

    when she comes to greet me
    she is mercy at my feet
    when I see her pin her charm
    she just throws it back again
    once I sought an early grave
    to find a better land
    she just smiled and laughed at me
    and took her blues back again

    there's a big
    a big hard sun
    beaten on the big people
    in the big hard world

    there's a big
    a big hard sun
    beaten on the big people
    in the big hard world

    when I go to cross that river
    she is comfort by my side
    when I try to understand
    she just opens up her eyes

    there's a big
    a big hard sun
    beaten on the big people
    in the big hard world

    once I stood to lose her
    when I saw what I had done
    bound down and flew away the hours
    of her garden and her sun
    so I tried to warn her
    i'll turn to see her weep
    40 days and 40 nights
    and it's still coming down on me

    there's a big
    a big hard sun
    beaten on the big people
    in the big hard world

    there's a big
    a big hard sun
    beaten on the big people
    in the big hard world

    there's a big
    a big hard sun
    beaten on the big people
    in the big hard world

    there's a big
    a big hard sun
    beaten on the big people
    in the big hard world

     

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    Dernier sourire d'un nouveau clochard céleste, d'un nouveau Chris(t): illuminé ou messianique ?

     

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     Doriane Purple

  • Story of a girl…

    4 Juin 2007

    Déchirement strident de l’émail blanchâtre de mes dents sur le métal sirupeux de la carcasse aciérée de ma voiture lancée à pleine allure sur l’autoroute mortifère de mes chants du crépuscule. Je m’endors sous la tempête bruitale de l’orage extérieur et sous le déferlement tempétueux de ma rage musicale intérieure. Tout à la fois bon et mauvais présage que cette bassine d’eau dégoulinante aux airs de damnées Danaïdes s’épanchant continûment sur mes lave-glaces et obscurcissant mon avenir au delà de dix mètres ! Cette inclinaison pleureuse des cieux m’invite à me souvenir d’un concert incertain d’un certain Marilyn Manson aux portes grecques d’une Massilia inondée et inabordable, seulement peut-être avec le temps doublée dans ses embruns routiers, et annulé pour cause improbable de maëlstrom cataclismique finalement tombée sur la Montpellier tout à la fois puritaine et estudiantine, il y a déjà presque quatre ans... Adieu cabaret impudique de la faible République de Weimar des années 30 qui fit place aux spectres assassins de la Wehrmacht.

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    Une accalmie dans cette haute mer aux vagues ravageuses. J’aperçois déjà les toits haut dressés de la Lyon tentaculaire et tentatrice, la fin du périple, à moins que ce ne soit le début d’un autre voyage plus lointain, vers ma propre existence qui se dissout dans le flot de mes souvenirs…
    Chants du Crépuscule qui me susurrent jusqu’à la folie leur mélodie entêté et entêtante d’âme damnée à survivre. Lyon tant haïe, Lyon tant aimée, Lyon tant rejetée, Lyon tant vénérée, Lyon tant redoutée, Lyon tant rêvée. Mon pauvre cœur exsangue est resté empalé sur l’autel pourrissant de ma jeunesse folle et de ma passion dévorante.
    Je rentre dans ce cimetière de mon âme et de mon Amour, la bile me remontant dans la gorge. Tout a tellement changé depuis l’aube de ma vie… De nouveaux immeubles étalent leurs flancs juvéniles sortis fraîchement de la Terre, leur mère traîtresse. J’ en crève, j’en vomis mes tripes adipeuses, j’en éclate mes tympans exsangues…
    Après une traversée dans les chemins boueux de cette nouvelle extension urbaine, je m’arrête, à bout de souffle godardien, dans un parking, attenant à d’immondes immeubles de bureaux, maintenant assoupis après la trépignation incessante de la journée affairée et affairiste. Chants du crépuscule incessants, vrillant ma raison déjà déclinante…
    Comme Orphée, je commence ma descente aux Enfers. Mon gardien des mondes souterrains a une double vision comme Cerbère mais s’appelle du nom plus trivial mais plus machiavélique et traîtreusement plus doux de Piňa Colada. Au lieu de s’endormir, c’est lui qui vous endort et vous mène au pays des rêves, à moins que ce ne soit celui des cauchemars… En tout état de cause, je rentre dans une obscurité sensuellement opaque ; en un mot, je suis noir, un ricanement sardonique arboré sur mes lèvres repues de vampire évanescent, auquel les sourires complices et paradoxalement chauds des corbeaux gothiques s’agglutinant autour de l’épicentre réunionité, répondent d’un air entendu. J’erre de ci de là vers la bouche béante de la salle de concert, bouche sombre parmi tant d’autres de mon Enfer personnel, voire personnalisé. Les petits démons raguaillardis de ma jeunesse spectrale m’invitent de leurs petites mains griffus et chaleureuses, sous les feux de la rampe de la mémoire. Je m’engouffre donc sciemment dans mon ma petite mort décidée avec le désintérêt faussement apparent d’un dandy pédant.
    Mon premier geste est bien entendu de me sustenter en boissons alcoolisées grâce  mon maigre pécule à offrir à Charon pour traverser une nouvelle fois le dangereux mais chaleureux Styx. Accoudé au bar du dernier rivage, je fume ma dernière cigarette de condamné à l’échafaud, lorsqu’un vigile hautement vigilant de la salle de concert, tel un requin appâté par l’odeur aquiline du sang, fond sur moi, et m’octroie le devoir impérieux d’éteindre ce sceptre de Dame Mort. Je m’exécute après certainement un regard aussi compatissant que stupide, en écrasant ma cigarette mortuaire sur la paume de ma main en effectuant un va-et-vient efficace, subjectif, provocateur, concupiscent et énergiquement avare, me brûlant la main dans un moindre degré, du fait du geste lui-même et surtout de l’alcool impunément imbibé. Le gardien impassible détale bien vite avec une moue dégoûtée devant cette hystérie faussement collective. Un concert métal où la moindre cigarette à tabac est exclue, voilà bien l’hérésie, l’incurie et l’hypocrisie de notre époque ! Je me dirige donc avec une lenteur affectée vers les toilettes pour profiter de ma substantifique moelle tabagique sans agités du bocal officiels. C’est comme une révélation extatique : je rencontre nombre de philosophes pas du tout âpres aux discussions incongrues sur leur vie routinière, puérile et charmante entre deux taffs de fumées abhorrées. Dans ces émanations urétères, je sens la résurrection prochaine m’éclairer de sa céleste lumière athée… Je quitte ces lieux de transes sexistes et bornées pour rejoindre le flot des condamnés de la nuit. Voilà un rôle paradoxalement gratifiant et humiliant que celui de groupe de première partie de soirée. Personne ne bouge, certains écoutent, beaucoup continuent leur conversation, d’autres encore vont se resservir une verre, histoire de tuer le temps, avant que le temps ne les tue… Moi, j’écoute par décence ou par soûlerie avancée… Je suis calme comme une bombe!

    Les minutes passent interminablement dans cet enfer immobile où l’Autre en est réduit à une ombre hagarde et sans vie. Je me dis  que décidément je suis trop vieux pour ce genre de concert, que je ne comprends plus rien à ce nouvel état d’esprit et que l’on peut me remiser dans un placard. En effet, contrairement à cette jeune marée saumâtre, je n’ai envie que… de sauter, de crier, de pogoter, de bousculer, de pousser, de me faire mal, de faire des headbangings, d’exulter mon énergie, de délirer, de rire, de m’amuser… Mais rien ne se passe, de peur d’être trop décalé, d’être trop âgé… Voilà le véritable Enfer : paraître trop jeune du fait de son âge trop avancé. Dans ce huis-clos faussement sartrien, l'Enfer, c'est bien les autres...

    Alors j’attends, calme comme une bombe à retardement…. Le roi de la nuit s’annonce enfin…
    Une rumeur béate dans la salle m’encourage à ouvrir de façon béante le portail de ma sauvagerie intérieure. Dès l’apparition de l’Antéchrist superstar, les hurlements des loups serviles me portent dans un slam qui s’amplifie au fur et à mesure des instants éphémères qui m’entourent. Je me transforme en un Bugs Bunny rigolard sautillant dangereusement.

     

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    Quatre fausses blondes m’encadrent dans mon envol bruital. Je commence mon petit show en dénonçant de manière faussement puérile et véritablement provocatrice l’absurdité superflue de l’omniprésence commerciale des téléphones portables qui ont alors fait tout à coup leur apparition, en vociférant : « Détruisez ses putains d’insupportables portables ! Quelle obscénité !» " Que se passe-t-il ? Quel est cet homme de l’espace ?" ont dû se dire tous ces visages tragiquement hâves en se retournant vers moi !…

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    Ils n’ont encore rien vu !… Le pogo libérateur s’enclenche enfin. L’obscurité de la salle s’entremêle enfin avec les couleurs chatoyantes des coups de butoir des corps lancés dans l’air. Le maëlstrom traumatique se change en transe alcoolique et fuyante… Les chansons gutturales et gothiques s’enchaînent sur la scène dépouillée sans que je m’aperçoive de ce qui s’y passe. Je suis plongé dans un trauma libérateur. La mise en scène est minimale, voire minimaliste : I don’t care ; mon plaisir est maximal, plein, assouvi, inaltérable. A part deux interruptions surannées, je me complets dans ma danse incertaine et sautillante. L’une tient en substance (non illicite) en un « Qu’est-ce que tu prends pour être dans cet état ? – Uniquement de l’alcool, pourquoi ? » et un violent et hypocrite coup de pied dans les reins qui ne se prononce pas sur son auteur quand je me retourne de rechef.

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    La mise en scène du roi gothique Marylin Manson manque d’énergie et de spontanéité mais je m’en fiche. Nevermind !…. Je trouve un certain plaisir, voire un plaisir certain, dans les corps agglutinées et peureux de la fosse. Le tourbillon de ma folie éphémère et puérile est plein et jouissif. Je virevolte comme un papillon fou dans le crépuscule de sa vie estivale jusqu’à l’épuisement incertain des poussières colorées de ses ailes… Les chansons s’enchaînent les unes après les autres sans que j’en distingue la teneur profonde, tout à ma quête d’oubli alcoolique… L’impression première est pourtant mitigée : je croyais que les peines de cœur étaient porteuses d’inspirations évocatrices. Pauvre petit croque-mitaine Marylin Manson recroquevillé sur une chaise enfantine trop grande pour assumer son talent habituel, absent durant  cette soirée …. Mais je m’en fiche, je me gorge pleinement de l’instant présent à jamais dissolu dans le passé incommensurable ! Oubli, oubli, oubli ! ! !
    Le tour de scène prend fin enfin. Je sors, pas le moins dégrisé, l’alcool, frappant de plus belle mes tempes comme un marteau de forge. Les figures du carnaval faussement macabres s’éparpillent sur le béton de la ville. Je reste seul avec mes pensées clownesquement tristes. J’erre d’abord à pied entre vélibs lyonnais et terrains vagues de mes souvenirs , puis dangereusement au volant déséquilibré de mon automobile hypothétiquement meurtrière vers un but imparfaitement précis : le  VIe  arrondissement, Rue Brotteaux, Rue Anatole France… Terminus de mes égarements. Je suis là, debout, la pluie me dégoulinant sur le visage, devant l’imposante bâtisse de mon passé, devant le véritable prétexte de mon escapade musicale, devant ma plaie ouverte et béante. Je pleure subrepticement sur un mur lépreux pour mieux reprendre courage, peut-être pour mieux, bestialement parlant, conquérir un territoire à jamais perdu. Puis enfin sous les caméras outrageuses et grotesques de mon présent, j’exulte avec un retard inconsidéré ce message intime et unique d’amour et de désespérance que j’aurais dû exclamer quatorze ans plus tôt devant un portail de lycée restant désespérément fermé et hermétique.

     

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    Déchirement strident…
    La personne à qui est destiné  ce message purement puéril n’est pas là, n’est plus là depuis bien longtemps…
    Story of a GirlNostalgia is my favorite song… Mon coeur a du mal à battre...

     
    Doriane Purple
  • Rock'Noël Roll

    Let's roll, easy rider!

     

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    Doriane Purple 

     

  • Marcheur céleste...

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    Dans cette Voie Lactée, les expos et les concerts sont les deux mamelles de La Laiterie. Ce vendredi-là, j'y avais rendez-vous pour faire mon beurre musical avec un Skywalker aux allures éclairées de noir désir : Luke.

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    Beaucoup d'énergies sur scène auxquelles répondait celle un peu vascillante de la fosse, amoindrie en partie par une longue semaine de maladie familiale... Au final, une petite salle à taille humaine qui rendait le contact avec une certaine catégorie d'hommes de l'espace assez chaleureux et intime, tout en permettant de pousser les bruitages rockailleux au fin fond de la nuit cosmique.

    Le sombre bus spatial Star Dust de Luke est donc à suivre dans la constellation du rock français ! Attention cependant dans son doux périple de ne pas heurter quelques vaches extraterrestres...

     

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     Doriane Purple

     

  • 'Jour J...ulien...

    Les martiens n'ont-ils pas le teint vert émeraude de la kryptonite et non pas la pâleur violacée de l'améthiste animiste ?

     

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    Et où sont donc passés leurs bonnets satellites ?

    Ah, en voilà un !

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    Doriane Purple

  • sanctus rex

    Episode 3 (enfin le V) : L’Empereur… non, le King contre-attaque...

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    33 ans depuis quelques jours…
    33 ans, âge christique de la résurrection mortuaire, de la crucifixion noire, inepte et hallucinée au milieu des fleurs de pavot, au milieu des fleurs du mal, ridicule en pantalons purpurins…

    Un souffle rauque s’égare dans la pluie nocturne. Tout n’est que faiblesse dans l’humidité moirée de ce ciel noir. Un œil à force d’être mouillé par les larmes du souvenir s’inonde dans l’eau trompeuse de la jeunesse. Un cœur exsangue à force d’avoir saigné s’ouvre sur la chaussée anonyme. Un corps en perdition à force d’attendre s’atrophie dans les ruelles sombres de la ville. La mémoire est la pire des ennemis. Elle assaillit l’âme avec la même assiduité qu’un aigle prométhéen. Aussi il ne reste que l’alcool pour attaquer le foie et le cerveau, siège de la douleur fébrile des sentiments inavoués du passé. Tous ses souvenirs amers se perdront comme les larmes d’alcool dans la pluie.

    1992/1993… Flammes... Obscurité... Lyon qui m’éprend... Une soirée... Une boîte... Des étudiants... Agitation chaotique de corps livrés à l'hystérie de la fête et de la danse spontanée. Flot de chaleur. Sueur. Premier pogo. Pogo gigantesque sur le rythme oppressant de Territorial Pissings de Nirvana. Coma éthylique d'une fille... Hystérie de sa copine... Claques sur la joue pour la réanimer. Evacuation musclée et rapide... Et moi puant l'alcool et le tabac porté par le bruit et la fièvre de la foule étudiante... Autre lieu, autre temps... ou si peu différent... Ma minuscule chambre d'interne. Nuits blanches. Nirvana en boucle en continu jusqu’à l’abrutissement total, jusqu’à la prise de conscience totale de l’absurdité de ma pénible condition. Smells Like Teen Spirit, In Bloom, Came as You Are, Breed, Lithium, Polly, Territorial Pissings, Drain You, Lounge Act, Stay Away, On a Plain, Something in the Way à fond sur le disqueman d’un copain jusqu’à l’oubli de la détresse, de la fatigue, de la nuit, de l’aube, de la Sup., des maths, de la physique, des DM, des colles, des secondes, des minutes, des heures, des jours, des semaines, des millénaires d’ennui, de ma jeunesse, de ma mort prochaine...
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    Kurt Cobain crachant mon propre désespoir dans mes oreilles ensanglantées, Chris Novoselik sautant convulsivement sur les murs de ma chambre, Dave Grohl, explosant ses dents de Brel du rock sur sa batterie. Le grunge ne peut se déguster qu’avec une énorme goutte d’alcool et de désespérance cynique dans la gorge. Il ne fait effet que lorsque vos tripes forment une sinusoïdale syncopée entre liquéfaction et solidification, que lorsque votre sang bouillonnant est prêt à exploser vos artères, que lorsque votre cerveau reptilien tape à grands coups de pied sur votre cerveau humain écrasé, que lorsque l’environnement prend une teinte tragiquement comique et littéralement ridicule.
     
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    C’est l’instant où le temps suspend son vol, où rien n’est impossible, où rien n’est plus stupéfiant, où les dents se projettent en avant dans un rictus rageur, où les corps perdent leur poids et s’échappent de la fatale gravité, où le parfum de l’air pue le soufre, où la rébellion s’agite dans vos petites mains boudinées et embourgeoisées, où vos vêtements se parent de camphre et de stupre, où nage entre deux eaux un revolver morbide, où les cheveux longs et gras s’agitent fébrilement dans l’air vaporeux, où les corps écorchés s’entre-déchirent, où le temps n’a plus de prise sur la réflexion métaphysique, où seule la pataphysique est de mise et le réel banni.
     
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    Equations obscures à jamais finies...
     
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    Sommeil à jamais trouvé... Oubli...
     
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    Course aveugle, frénétique et effreinée vers l’avant inexorable tout en jetant un œil maladif et craintif vers l’arrière incertain…
    Voici l’histoire de la télé-réalité, et surtout du rock, de la musique, de l’art, des sciences de l’industrie humaine en général…

    16 août 2007 : double anniversaire en perspective : celui insouciant de ma fille, qui a maintenant trois ans et celui posthume et forcément purement morbide de la mort d’Elvis en 1977, année de mes propres trois ans innocents…

    Voilà la pierre anguleuse de l’histoire du rock qui se cache sous cette pierre tombale. Mais, nous ne sommes que d’infâmes pilleurs de tombes, des outlaws détrousseurs de diligences mortuaires, de pauvres vivants dévorant goulûment les zombies plus morts que vivants, nous appropriant sous nos faux airs de faussaire et sous nos faux airs de fossoyeur, les bribes de talents de nos aïeux méritants; nous ne pouvons le nier. Croire que le seul néant est créateur est purement illusoire ! Prométhée, notre père fondateur, ne nous a-t-il pas créés, nous les Hommes, à partir de l’argile originelle et du feu olympien ? (Mais allez faire la même prouesse avec de la pâte à modeler et une misérable allumette ! Il n’y a que les yeux enfantins pour forger de tels ballets vivants !)

    Pour les uns, trop infatués par leur propre misère intellectuelle, il ne restera d’eux qu’une course sporadique dans la nuit trop brève de leur propre oubli calamiteux, fauchés par leur conformisme insipide. Pour d’autres, élus par leur seul talent Doré, on découvrira chez eux une précipitation insatiable et salutaire vers la lumière, d’abord diaphane puis aveuglante de leur gloire enflammée.
     
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    D’un Elvis, revival, estampillé Saint des Saints du Rock’n Roll, ayant lui-même pillé la musique afro-américaine, à une Charleen Spiteri , lui rendant hommage, après avoir fondé son groupe sur le souvenir vivace d’un Paris-Texas de Wim Wenders poignant et féerique ( Southside, mon premier album véritable et mes premières écoutes d’un rock épuré et très slide en boucle sur mon antique walkman alors tout neuf !),
     
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    en passant par un remix très dansant de "A Little Less Conversation", jusqu’à un déhanché d’un George Michael, repris avec plus ou moins de liberté par un Robbie Williams juvénile, sensiblement ridicule, et par le groupe fusion sans foi ni loi Limp Biskit, sautant avec une ferveur jubilatoire sur une bombe d’une mission impossible, les influences, les hommages, les parodies, les plagiats sont multiples, riches et divers.

    1977-2007 : trentenaire cynique de mes trente-trois ans d'Antéchrist.
     
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    Pas de revival pour moi, si ce n’est au travers de la musique, comme toujours… Résurrection faussement déifiée de mes 33 ans et deux jours. Honte, honte , honte à moi pour ces affres diffamatoires, pour ces vérités faussement véritables.  Qu’y-a- t-il de commun entre une James Bond’s girl aux yeux d’or voguant avec excès dans les déserts ouatés et sirupeux d’Inxs et le souvenir cynique du début du disco sinon la fébrilité adolescente d’une timidité extrême et la sensation de n’être personne à défaut d’être quelqu’un ?
     
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    Pourtant la reprise de chansons à succès est génératrice de dollars habilement, voire facilement gagnés.
     
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    Mais d’autres aiment, voire adorent la difficulté, la contre-culture étant l’alternative génératrice de troubles métaphysiques. Voyez Gainsbourg reprenant à bras le corps La Marseillaise, dénotant uniquement sur la contradiction entre le registre de chant guerrier et le ton pacifiste de rythme reggae.
     
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    Voilà de même ce jeune martien aux accents rockailleux qui entame, après une première perdition , une seconde (due) mouture douée d’une Lolita Kubrickienne , aux accents de jeunes grunges en fleurs.
     
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    Jubilatoire,, improbable, hors du temps, inaltérable, orgueilleux, inqualifiable, inclassifiable, imprévisible…. Peut-être peu porteur en matière marketing ! It’s no good ! No good ! No fun ! No fun ! Mais on s’en fout, l’honneur est sauf ! Et mieux, il s’en fout (ou si peu !) et le jeune grungy classieux ne trahit pas ses convictions et son sens artistique…. qui feront paradoxalement et certainement son inévitable succès ! Il n’y a pas de secret : Le naturel sourit aux audacieux et chassez la fortune, elle revient au galop, n’en déplaise à Virgile et à Destouches !
     
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    L’esquisse se révèle un vrai tableau de maître, malgré la censure diluvienne et anamorphosée d’une bien peu libertine de droit. Bien léché, voire pourléché, l’opus nouveau s’apparente peu à un opus dei sectaire, mais plutôt à une ouverture intronisant vers le divin via le prochain album intergalactique de ce nouvel extra extraterrestre.
     
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    A écouter en stéréo sur internet en ouvrant deux fois le site de ce Buster Keaton ironiquement caméraman, au ukulélé couvert de signes cabalistiques et psychédéliques (du cheval nocturne chevauchant cavalièrement le cheval solaire d'Hélios, en passant par une  Fiat 126 volante, jusqu’à une tête énigmatique au port faussement altier et aristocratique, guillotinée par erreur à l’aube de la vingtaine) , c’est encore plus bruital !
     
     
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    En attendant l’apparition de sa navette spatiale électrique dans l’obscurité  déjantée du crépuscule grandissant
     d’un vendredi soir improbable, le roi extraterrestre au sceptre micro, le space cow boy aux revolvers intergalactiques et aux cœurs en plastique devra donc :

    - subir les pressions envahissantes des fans féminines aux cris stridents, comme le King avant lui, tout en gardant sa cravate impeccablement nouée :
     
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    « Rape me
    Rape me my friend,
    Rape me,
    Rape me again.
    I'm not the only one
    Hate me,
    Do it, and do it again. »

    - modérer ses goûts immodérés pour les vêtements couleur rouille à la Vinnie Dombrowski (Cf. dernier Gala : c’est pas moi qui l’achète, c’est ma belle-maman, même si je le feuillette aussi de temps en temps ! Ch'ais très bien que les informations sont parcellaires, voire fausses pour certaines photos d'enfants blonds!)
     
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    - étoffer sa collection revival eighties de badges
     
    - se glisser tel un iguane dans la peau trouée d’une célébrité (non, pas celle d’Eve Angeli !)

    - déménager chaotiquement le vieux Rock’n Roll poussiéreux

    - se méfier des requins carnassiers qui pullulent dans les eaux chaudes du show-business (It’s a risky business !)
     
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    En attendant de me soûler amèrement à la bière à sa santé ainsi qu’à celle de ses deux groupes, afin de mieux entrer dans leur freakish 4e dimension   aliénante, j’attendrai patiemment en pogotant dans les rangs alanguis de son public imberbe de Nouvelle Star.
     
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    Dig up Elvis, Kurt Cobain, Jim Morrison, Jimi Hendrix et tous les rockers morts trop tôt, overdosés, défoncés… par un arbre mobile, noyés dans leur vomi insipide,  afin de mieux rentrer dans la légende du Rock’n Roll…
     
     
    All star !

    « J'ai toujours défendu l'idée qu'il n'y a pas de devoir de culture et que la littérature est d'abord un plaisir. Un plaisir très haut et qui exige souvent des efforts. Mais enfin, un plaisir. »

    Jean d’Ormesson

    J’en dirais tout autant de la musique…

    Longue vie au roi !

    "Au 31 du mois d'août"
     
    "Au 31 du mois d'août,
    Nous vîmes venir sous l'vent à nous,
    Une frégate d'Angleterre,
    Qui fendant la mer et les flots,
    C'était pour attaquer Bordeaux.

    REFRAIN:
    Buvons un coup, buvons en deux
    A la santé des amoureux
    A la santé du roi de France
    Et merde pour la reine d'Angleterre
    Qui nous a déclaré la guerre.

    Le capitaine au même instant,
    Fit appeler son Lieutenant,
    Lieutenant te sens-tu capable,
    Dis-moi te sens-tu assez fort,
    Pour l'aller crocher à son bord ?

    Le Lieutenant fier et hardi,
    Lui répondit : Capitaine, oui,
    Faites monter tout l'équipage
    Hardis gabiers, gars matelots,
    Faites monter tout l'monde en haut.

    Vire lof, pour lof en arrivant,
    Nous l'abordâmes par son avant,
    A coups de hache, à coups de sabre,
    De pique, de couteau, de mousqueton,
    Nous l'avons mis à la raison.

    Que dira-t-on de lui tantôt
    A Brest, à Londres et à Bordeaux
    De s'être ainsi laissé surprendre
    Par un corsaire de dix canons,
    Lui qu'en avait trente et six bons"
     
     
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    Doriane Purple