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28/06/2006

Rencontres épistolaires ou tirs de pistolets ?

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Internet: des souris et des hommes neosteinbeckiens ou rencontre du 3e type neoburtonien?

Tout a commencé un certain samedi 24 juin 2006 sur un blog de Champignac…

D'après Le Petit Champignacien illustré ; article MDR (http://champignac.hautetfort.com/archive/2006/06/24/mdr.h...

http://champignac.hautetfort.com/trackback/540045)

Article original et originel :

"MDR
Le très mauvais supplément Écrans de Libération m'apprend que LOL et MDR seraient en régression parce que ringards. Comme d'habitude, je procède à un sondage sur Usenet, ce qui permet une datation.
Total : 188 000
2006 : 8 550
2005 : 17 300
2004 : 19 600
2003 : 24 300
2002 : 27 900
2001 : 32 800
2000 : 31 600
1999 : 15 000
1998 : 3 760
Avant : 270. Et un seul mot vraiment avant 1997. Je trouve ces chiffres dérisoirement faibles quand on pense qu'un seul forum peut avoir 30 000 messages en un mois. Avant 97, Internet et Usenet étaient vraiment confidentiels en France.
Il y a un pic en 2000-2001 qui correspond à la généralisation de l'accès Internet, mais le plus souvent en bas débit. Or à partir de 2002, l'augmentation des connexions haut débit a fait qu'Usenet a perdu un tiers environ de son trafic, si ce n'est la moitié dans certains cas, au profit d'autres modes de communications (blogues, tchats, MSN, etc.) Ce qui fait qu'en valeur relative, la proportion de MDR est pratiquement la même sur Usenet et qu'elle est sans doute plus forte sur les autres réseaux ou supports d'expression. Technorati m'amène plus de 66 000 MDR dans les blogues sur trois mois. C'est peu encore par rapport aux 10 millions de blogues (moins les 5 millions de Skyblogs), mais on ne peut parler alors d'une expression qui « a vite été abandonnée ». Ou alors c'est prendre ses désirs pour des réalités.
14:07 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Envoyer cette note


Commentaires
Ça m'agace de voir MDR dans un message. Encore plus que LOL(ita).
Ecrit par : Sylvie | samedi, 24 juin 2006


Faire passer le rire dans un texte écrit pose des problèmes à certains. Outre LOL et MDR, il y a encore les binettes hilares...
Mais dans l'imprimé aussi, il y a la détestable parenthèse (rires) insérée dans une interview, comme s'il s'agissait d'un compte rendu de l'Assemblée nationale. Pourquoi ne pas écrire Ha ha ha ! ou Hi hi hi !, qui introduisent plus de nuances ?
Le plus simple étant évidemment d'arrêter un instant la transcription et d'écrire une vraie phrase comme :

- Elle rit
- Il ricane
- Nous éclatons de rire
- Il émet un petit rire
- Elle pouffe
- Tout le monde se bidonne ...
Ecrit par : Pierre Enckell | samedi, 24 juin 2006


Pour les entretiens, on est plus près des didascalies et donc du théâtre. Il y a des moments où je me suis demandé si les parenthèses du type (il allume une cigarette) ou (silence) n'étaient pas là pour donner un effet de réel destiné à assurer de l'authenticité des propos rapportés, alors même que ceux-ci sont justement retravaillés à l'écrit. Il y a en effet un monde entre les verbatim de l'Assemblée nationale et puis les entretiens reproduits dans la presse.
Les sigles et semi-laids pourraient être une marque de distance, d'ironie. Mais ce sont souvent des formes phatiques. Un peu comme lorsqu'Hébert commençait un article du Père Duchêne en écrivant « Foutre ! » comme le rappelait Barthes. Je suis le blogue d'une charmante champignacienne et elle répond à tout le monde par un LOL en fin de phrase, même si les propos ne sont pas drôles. Cela veut juste dire qu'elle est contente et qu'elle remercie, salue. Un pur automatisme vide de sens.
Ecrit par : Dominique | samedi, 24 juin 2006


LOL !
(Non, c'est pour de rire.)
Ecrit par : Sylvie | samedi, 24 juin 2006

C'est fou comme vous pouvez avoir le temps de débatre sur un truc aussi inutile. Je ne pense etre le seul a qui vous faites profondément pitié. On devrait vous interdire de dire des conneries pareilles... allez vous cherchez des potes...
Ecrit par : non merci | samedi, 24 juin 2006

Allez vous chercher des potes
ou allez, vous cherchez des potes ?
Débattons-en...
Ecrit par : Sylvie | samedi, 24 juin 2006

Je soigne la présentation ?
« Allez vous chercher des potes ! »
ou
« Allez, vous cherchez des potes ! »
Ecrit par : Sylvie | samedi, 24 juin 2006

Je suis entièrement d'accord (pas avec la vieille blague dont on ne reparlera pas). J'ai une chose a dire a la personne qui a posté ce truc et a tous qui ont osé débatre: les sites de rencontre c'est fait pour les gens comme vous. c'est assez triste pour vous... on ne tombe pas bien plus bas
Ecrit par : critique anonyme | samedi, 24 juin 2006

« Je suis entièrement d'accord (pas avec la vieille blague dont on ne reparlera pas). J'ai une chose a dire a la personne qui a posté ce truc et a tous qui ont osé débatre: les sites de rencontre c'est fait pour les gens comme vous. c'est assez triste pour vous... on ne tombe pas bien plus bas »
J'ai rien compris...
Ecrit par : Sylvie | samedi, 24 juin 2006

T'as un peu du mal ma p'tite. J'essayai just de tendre la main a de pauvres personne en détresse apres la remarque tres juste qui notait l'innutilité de ce débat. Et j'y ajoutait que personnellement je pourrai me passer de tes vielles blagues. Je sais pas ce que vous en pensez... enfait je m'en fou.
Ecrit par : critique anonyme | samedi, 24 juin 2006

Bon... cela commence à bien faire ce troll, alors je balance en ligne l'IP du pollueur qui devient soudain moins anonyme : 82.123.167.253. Et je connais quelques moyens de retrouver l'origine du PC et de la connexion qui ont servi à écrire ces messages.
Ecrit par : Dominique | samedi, 24 juin 2006

Effacez tout, Dominique. Vous en avez le droit.
Ecrit par : Sylvie | samedi, 24 juin 2006

Je n'efface pas puisque l'on n'insulte que ma personne et mes propos (même si on me confond avec le regretté Thierry Metz qui ne peut plus protester). La bêtise est évidente et je la laisse telle quelle pour qu'elle puisse bien se regarder.
Ecrit par : Dominique | samedi, 24 juin 2006

Il a essayé de faire une erreur par mot, il a presque réussi, mais c'est lourd. Très lourd.
Ecrit par : Sylvie | samedi, 24 juin 2006

Qu'est-ce que tu veux que sa me fasse que tu balance mon IP? "La bêtise est évidente ", ca me fait plutot rire. Allez je vous laisse j'ai pas l'habitude de faire des trucs aussi cons. Sylvie et Dominique faudrait penser a vous trouver une vie (j'espere que t'as compris Sylvie...) Vous etes desesperants...
Ecrit par : la derniere | samedi, 24 juin 2006

Merci 83.202.55.65. On pourra vous retrouver avec toutes vos coordonnées, même en cas d'IP flottante. Vous n'êtes pas anonyme sur la Toile et un pseudo ou une adresse bidon ne protègent pas du tout.
Ecrit par : Dominique | samedi, 24 juin 2006

fais toi plaisir
Ecrit par : pffff | samedi, 24 juin 2006

Merci, 83.202.55.65, j'ai une vie. Mais je me demanderai toujours pourquoi certains changent de pseudo à chaque fois.
Ecrit par : Sylvie | samedi, 24 juin 2006

Sylvie : « Mais je me demanderai toujours pourquoi certains changent de pseudo à chaque fois. »
Sans doute pour prouver qu'ils ont de l'invention ;
Peut-être touchent-ils une subvention...
Ecrit par : Stéphane De Becker | dimanche, 25 juin 2006

Sylvie > On peut changer de pseudo pour tout un tas de raisons : pour faire une blague (en ce cas on adapte le pseudo à son propos, ou aux propos du billet), parce que son humeur s'y prête et que le pseudo traduit bien cette humeur ce jour-là, parce que le nouveau pseudo nous permet d'avoir d'autres vies, comme au cinéma (pourquoi se priver de cette multiplicité magique), parce que ça rend imperméable aux étiquettes... Toutes ces raisons sont bonnes, légitimes et compréhensibles je trouve, et je les fais souvent miennes, mais il y a une utilisation du pseudo que je condamne sans appel : l'anonymat de l'insulte, la lâcheté du commentaire creux et stupide, la nuisance masquée.
Ecrit par : Papotine | dimanche, 25 juin 2006

Zut, alors, je me lance dans le trLOL, et me voilà MRD euh... découvert !
Ecrit par : Ponte Facto | mardi, 27 juin 2006
Ponte Facto > C'est vous, 83.202.55.65 ?
Je me suis fait piéger ?
Zut ! Je savais bien que j'avais quelque chose contre les pseudos... Maintenant, je sais pourquoi.
Ecrit par : Sylvie | mardi, 27 juin 2006

Ponte Facto est abonné à Bluewin qui est un FAI suisse, il n'écrit pas à partir d'une connexion Wanadoo ADSL située à Paris.
Ecrit par : Dominique | mardi, 27 juin 2006

Il fait un double-Troll ?
(Orthotypographie non garantie.)
Ecrit par : Sylvie | mardi, 27 juin 2006

RGD, RGD bis, RGD ter !
"Qu'est-ce ?" me direz-vous. Tout simplement un nouveau concept linguistique (enfin, j'espère avoir l'opportunité dans faire ma TM (Trademark)): Rire à Gorge Déployée. C'est plus soyeux et chatoyant que LOL ou MDR, ne trouvez-vous pas ? Attention donc à mon copyright ! J'ai beaucoup aimé l'intervention de notre ami protéiforme (vous savez bien: "allez vous cherchez des potes..." (sic)), plus connu sous le pseudonyme du vengeur démasqué... RGD!!! Bis, bis!
Ecrit par : Doriane Purple | mercredi, 28 juin 2006 "

A suivre… "Ne courez pas, nous sommes vos amis ! "

http://marsattacks.warnerbros.com/

" Mieulx est de ris que de larmes escripre. Pour ce que rire est le propre de l'homme." Rabelais, in Gargantua.

 

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http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=29284.html

A la prochaine incursion en eaux troubles dans une autre eXistenZ virtuelle! Promis, Crashé!

http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cperson...


Doriane Purple

15:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : blog, cinéma, Burton, Cronenberg, lettre

25/06/2006

Marilyn Manson: intellectuel sulfureux ou génial ambitieux?



medium_MM.jpg"Marilyn Manson, de son vrai nom Brian Warner, est né le 5 janvier 1969 à Canton dans l’Ohio aux États Unis.
Né de parents catholiques et croyants, il reçoit une éducation religieuse et suit une partie de sa scolarité dans une école privée catholique à Canton. De cette période, il gardera une profonde haine du christianisme et de la morale chrétienne.

Fraîchement diplômé d’une école de photojournalisme, il rencontre en Floride, Scott Mitchell, guitariste velléitaire et fonde en sa compagnie un groupe de musique. Tous deux troquent leurs patronymes contre des noms de scène inspirés des « icônes » de la presse à scandale, agrégeant en une même entité contradictoire des figures auréolées par le star-system avec d’autres, non moins célèbres, stigmatisant la folie criminelle. Marilyn Manson, hybride de Marilyn Monroe et Charles Manson, et, en somme, un résumé lapidaire d'une certaine Amérique mais aussi un avant goût programmatique de la carrière de Marilyn Manson.
Après une brève période sous l’appellation Marilyn Manson and the Spooky, et de nombreuses permutations de ses membres, le groupe retrouve son appellation d’origine et sort en 1994, un premier album «Portrait of an American Family». Manson y fustige la culture américaine et la religion : «Nous sommes tous un symptôme de notre Amérique chrétienne, le plus grand Satan de tous les temps». Cette même année, Marilyn Manson est ordonné prêtre de l’Eglise de Satan par son fondateur, Dr Anton Szandor Lavey.
La provocation devient dès lors le mode de communication principal du groupe, multipliant en concert, les actes destinés à choquer la morale des « bien pensants» comme déchirer la bible, se frotter les fesses avec le drapeau des États Unis avant de le brûler, ou encore se masturber sur la tête d’un vigile.
Le personnage de Marilyn Manson s’affirme superposant les références pop (notamment au groupe Kiss ou à David Bowie : look androgyne, oeil faussement vairon, bisexualité revendiquée, manière de se mettre en scène dans ses clips…), à celles christiques ou fantastiques. Il en va de même pour le style musical, baptisé Glam Goth, sorte de digest de rock métal, gothique, et Glam Rock.
C’est avec son troisième album « Antichrist Superstar » sorti en 1999 que le groupe se hisse au hit parade des meilleures ventes avec des millions d’albums vendus dans le monde entier. Marylin Manson s’autoproclame «Antichrist », en référence directe à « l’Anthéchrist » de Nietzshe.
La même année, deux élèves du collège de Littleton (Columbine) pénètrent dans l’enceinte de l’école armés de fusils automatiques et tuent 13 de leurs camarades. L’enquête révèlera, entre autres, deux adolescents, fans de rock métal et de Manson en particulier. La presse mais aussi les associations familiales et religieuses se déchaînent contre Marilyn Manson. Il répondra : “ Beaucoup de gens oublient ou n’ont jamais réalisé que je suis issu d’une critique de cette impasse dans laquelle on allie désespoir et hypocrisie. Le nom de Marilyn Manson n’a jamais fait que célébrer cette triste réalité américaine où ce sont les meurtriers qui tiennent le haut de l’affiche, l’Amérique met un psychopathe en couverture de Time Magazine comme elle le ferait avec n’importe quelle star de cinéma. De Jesse James à Charles Manson, les médias, depuis leurs origines, ont toujours transformé les criminels en héros nationaux(…) Nous applaudissons quand sort des usines une bombe qui peut détruire toute l’humanité et nous avons grandi en regardant la cervelle de notre président gicler sur tout le Texas. Les temps ne sont pas devenus plus violents, ils sont justes devenus plus télévisés. ” Rolling Stone, 28 mai 1999
Invité par Michael Moore à s’exprimer dans son film «Bowling for Columbine» et à la question : «Qu’auriez-vous à dire à ces deux adolescents ?», Marilyn Manson répondra : « Rien. Je les écouterais, ce que personne n’a fait. »
Adulé ou haï, ange ou démon, Marilyn ou Manson, Marylin Manson a réussi à devenir lui-même une icône, se servant de ce qu’il dénonce pour accéder au statut de superstar. «Nous sommes la merde de l’Amérique.» annonçait-il…"

D'après http://www.arte-tv.com/

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L'iconoclaste est devenu icone ! Certains s'en sont brûlés les doigts, par exemple Kurt Cobain. Mais Marilyn Manson n'a pas du tout la même fragilité ... voire la même pureté ?

Doriane Purple

24/06/2006

Le cri : Absara !

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Les dieux immortels sont-ils morts ?

 

Nous appelons en vain leur nom estimé, nous psalmodions leur nom loué, nous crions leur nom en nous arrachant les cheveux. Rien n’y fait ! Le vide de l’espace Internet sonne désespérément vide.

"Absara, absara, absara…" : cette litanie résonne dans nos nuits sans lune !

Que sont-ils devenus ? Ont-ils succombé à l’oubli ou se sont-ils éloignés des hommes, lassés de leur bêtise cultuelle et culturelle pour rejoindre dans l’aurore aux doigts roses leur Olympe aux palais roses, leur libéral isthme ou leur libéralisme ? Peut-être ont-ils été déchus par leur prêtre sans nom, ce bonze à tête de bronze, ce mandarin aux doigts d’airain, ce duc au fantasmagorique et économique suc ? Qu’en est-il ? Nos plaintes resteront peut-être à jamais emprisonnées dans l’espace-temps infini. Qui le sait ? Leurs mystères resteront alors à jamais dans les arcanes des arcades de la toile d’araignée.

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Une petite épine sur leur couronne aux inébranlables de la foi de la part d’un aveugle parmi les borgnes : http://atheisme.free.fr/

Doriane Purple

20/06/2006

Lettre à Milena

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L’enfance est là, toute proche… Elle nous contemple de ses yeux tout à la fois inquisiteurs et neufs. Elle attend des réponses qui ne viendront peut-être jamais. Elle est là, dans son pyjama déjà trop étriqué, négligée par les préoccupations ridiculement importantes de la vie adulte. Elle essaye d’avancer vers nous, mais elle ne comprend pas encore que ces premiers pas l’éloigne jour après jour de nous. Est-ce là la tragédie de l’enfance, être entourée d’adultes ayant oublié qu’ils ont été des enfants ? Quand commençons-nous à perdre notre âme d’enfant ? Peut-être quand nous envisageons que notre propre disparition peut être un cataclysme pour sa progéniture et qu’alors l’insouciance se meurt peu à peu. Peut-être quand nous voyons nos propres parents vieillissants rentrer pesamment, rhumatisme après rhumatisme, dans l’antichambre de la mort. Peut-être quand l’ouverture d’un livre comme L’Ours du grenier n’évoque plus qu’un vide béant de sentiments et de souvenirs. Peut-être qu’un sourire rayonnant et salvateur nous replongera dans l’insouciance. Peut-être que la folie douce des rires cristallins et enfantins n’a pas réellement encore levé l’ancre et reste bien ancrée dans notre cœur sous le vague à l’âme. Comment ne pas succomber ainsi aux charmes d’un cadeau soyeux et envoûtant d’un Ours du grenier ? Le papier kraft y évoque ces vieilles et grandes bâtisses des grands-parents de notre enfance, leurs lumières feutrés, leur odeur sereine de vieilles pierres accueillantes, leurs planchers rugueux et chauds, la quiétude sécurisante de leurs réveils de vacances, leurs tasses de chocolat fumant, leurs pains d’épice beurrés avec amour, leurs petites fêtes quotidiennes, leurs grandes joies annuelles, leurs chants du coq bienveillants, leurs soleils picotants et revigorants, leur chaleur recouvrante enfin recouvrée.

 

" Lucie était très enrhumée et elle avait passé la journée au lit.

Le soir, au moment d’éteindre la lumière, son grand-père lui dit, avec un grand sourire :

- Dors bien, Lucie. Demain, quand tu iras mieux, nous irons acheter un ours en peluche. Mon Nounours était mon meilleur ami, tu sais, et je serais très heureux que tu en aies un qui compte autant pour toi.

Puis elle se retrouva seule, dans le noir.

 

Mais soudain, un rayon de lune passa entre les rideaux et vint toucher la porte d’un placard que Lucie n’avait encore jamais remarqué. La porte du placard s’ouvrit.

- C’est bizarre, se dit-elle. Je me demande ce qu’il y a à l’intérieur. Elle s’approcha, sur la pointe des pieds, pour examiner le contenu du placard.

 

C’était une sorte de grenier. Derrière les toiles d’araignée, Lucie aperçut des objets couverts de poussière et un paquet enveloppé dans du papier d’emballage, avec un ruban rouge. Elle eut du mal à défaire le nœud. Mais en ouvrant le paquet, elle fut ravie de découvrir un vieil ours en peluche.

 

L’ours était vieux. Très vieux. Une de ses oreilles était à moitié détachée et sa fourrure était très usée par endroits. Lucie vit même que le ventre avait été amoureusement recousu. Mais les yeux de l’ours brillaient d’une manière étonnante.

- Ce n’est pas possible, songea Lucie. On dirait qu’il vient de me faire un clin d’œil… "

 

Le rêve continue…par l’unique biais de l’imagination.

 

Pourquoi alors rechercher tant de chimères : marques vestimentaires, automobiles neuves à multiples options inutiles, chaînes hi-fi nec plus ultra, portables insupportables, vacances à Megève ou à Biarritz, statut social élevé, signes extérieurs de richesse, argent, gloire, pouvoir ?

Nous incarnons ainsi des pharaons orgueilleux et impudiques : nous n’emmènerons aucunement rien de bien utile dans notre dernier sépulcre, sinon le souvenir riant du temps pris sur la mort et que nous avons offert à nos tout proches et à nous-mêmes. Cela n’est en rien kafkaïen… C’est aussi simple que de conter une histoire à sa fille…

 

http://www.eveiletjeux.com/choisircommander/fiche.asp?id_...

 

http://perso.orange.fr/mondalire/lettresmilena.htm

 

 

Doriane Purple

15/06/2006

Artiste visionnaire?

Ses dessins futuristes d'humanoïdes emprisonnés dans de sombres parois technologiques hantent mes nuits depuis les années 80. A quand la fusion débridée et inquiétante de l'homme avec la machine ?

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 "L’esthétique de nos cauchemars les plus fous, c’est le domaine de H.R. Giger, un artiste surréaliste suisse. Salvador Dali avait de l’humour. Mais lui, il ne rigole pas du tout."

A ne pas manquer sur Tracks aujourd'hui.

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Alien es-tu là?

http://www.arte-tv.com/fr/art-musique/tracks/Cette-semain...

http://www.hrgiger.com/

Doriane Purple

 

Oraisons funèbres d’un boss pas du tout hué

              Ubi est, mors, victoria tua ?           
              Ô mort, où est ta victoire ?

              
medium_2.jpg
     Le ressort de ta montre a cassé       
     et ta dernière heure a sonné.      
     Adieu l’artiste.    
     Adieu le faux pouêt pouêt et le vrai poète…

« En dernier ressort 

Je connaissais un sportif qui prétendait

avoir plus de ressort que sa montre.

Pour le prouver, il a fait la course 

contre sa montre.   

Il a remonté sa montre,   

il s'est mis à marcher en même temps qu'elle.

Lorsque le ressort de la montre est arrivé en bout de course,

la montre s'est arrêtée.

Lui a continué,

et il a prétendu avoir gagné

en dernier ressort !
    
   
   

medium_1.4.jpg

Ouï-dire

Il y a des verbes qui se conjuguent
très irrégulièrement.
Par exemple, le verbe ouïr.
Le verbe ouïr, au présent, ça fait:
J'ois... j'ois...
Si au lieu de dire "j'entends", je dis "j'ois",
les gens vont penser que ce que j'entends est joyeux
alors que ce que j'entends peut être
particulièrement triste.
Il faudrait préciser:
"Dieu, que ce que j'ois est triste!"
J'ois...
Tu ois...
Tu ois mon chien qui aboie le soir au fonds des bois?
Il oit...
Oyons-nous?
Vous oyez...
Ils oient.
C'est bête!
L'oie oit. Elle oit, l'oie!
Ce que nous oyons, l'oie l'oit-elle?
Si au lieu de dire "l'oreille",
on dit "l'ouïe", alors:
Pour peut que l'oie apartienne à Louis:
- L'ouïe de l'oie de Louis a ouï.
- Ah oui?
Et qu'a ouï l'ouïe de l'oie de Louis?
- Elle a ouï ce que toute oie oit...
- Et qu'oit toute oie?
- Toute oie oit, quand mon chien aboie
le soir au fond des bois,
toute oie oit:
ouah! ouah!
Qu'elle oit, l'oie!...
Au passé, ça fait:
J'ouïs...
J'ouïs!
Il n'y a vraiment pas de quoi! »

 

 Raymond Devos

 http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3382,36-784107@51-783858,0.html

 http://www.univ-rouen.fr/flaubert/bovary/bovary_6/notices/oraisons.html

14/06/2006

Beautiful Losers

J’aime ARTE et je le dis !

 

Un très intéressant Tracks sur les Beautiful Losers…

 

" Quel est le point commun entre cette horde de skaters du début des années 90, le peintre maudit Vincent Van Gogh, la tête brûlée des New York Dolls Johnny Thunders et l'incorrigible Pete Doherty ? Ils font tous parti de l'infâme tribu des "Beautiful Losers".

Cette formule, c'est le nom d'une nouvelle de Leonard Cohen publiée en 66. Le poète canadien a 32 ans quand il imagine cette histoire écrite sous amphétamine. Mais déjà le mythe du perdant magnifique s'était propagé avec les hoboes dès les années 30. Ces travellers qui parcourent l'Amérique accrochés aux trains de marchandises inspireront La Beat Génération. Leur modèle à tous : Stagger Lee. En tuant en 1895 son partenaire de tripot, il devient le premier héros légendaire noir et insoumis. Archétype du beautiful loser, il inspire des centaines de chansons, et son fantôme hante les soulmen comme Ike Turner ou Sly Stone. Rebelles, les perdants magnifiques tirent leurs forces de leurs faiblesses. Vivant au jour le jour, contre-productifs, qu'ils soient punks ou surfers, ils font de la beautiful lose un art de vie.

 

medium_32.jpgDans un monde où tout s'achète et tout se vend, les derniers hommes libres sont ceux qui n'ont pas peur de tout perdre. Navigant à l'instinct, ils prennent tous les risques, passent pour des fous ou de doux rêveurs. Mais au bout du compte ils se révèlent visionnaires et inventent le monde de demain. Pas de plan de carrière chez les beautiful losers: ce sont les vrais héros modernes.

 

Héritiers de Stagger Lee ou de Robert Johnson, les héros du blues originel, fascinés comme Leonard Cohen par la Beat Generation de Kerouac ou de Burroughs, ou inspirés par les légendes déglinguées du Funk ou du Punk, de Sly Stone à Sid Vicious, les "perdants magnifiques" ont écrit quelques-unes des plus belles pages de la musique, de la littérature ou des arts plastiques. Aujourd'hui, ils s'appellent Pete Doherty, Mike Skinner, Sonic Youth ou Marilyn Manson: dans notre monde de plus en plus formaté, ces hors-cadre n'ont jamais été aussi nécessaires. "

 

D’après http://www.arte-tv.com/fr/search__results/1228682.html

 

A lire pêle-mêle : Sur la route de Jack Kerouac, Mémoires de l’enfer de Marilyn Manson.

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Doriane Purple

 

02:05 Publié dans TV | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature, rock, musique, poésie, punk

13/06/2006

Capharnaüm !!!

Pour combattre la morosité de la solitude de l’âme inanimée, pour sûr, soyons désinvoltes dans nos choix filmiques !

 

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Après une raillerie du Sud-Est (http://espigoule.com/), soyons ânes avec une moquerie du déjà Sud-Ouest ( http://www.allocine.fr/film/video_gen_cfilm=110049.html  ) :

"Quelques habitants d'un petit village aveyronnais résistent avec "bon sens citoyen", humour et poésie, au rouleau compresseur de la mondialisation."

Ou comment allier thèses économiques et prothèses campagnardes.

 

Si le cafard persiste et résiste, faites un petit voyage dans le spatio-temporel Cafard Cosmique.

http://www.cafardcosmique.com/

Doriane Purple

12:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

08/06/2006

Encore du foot à la télé!

 

" "Le rendez-vous de l’amitié" : en juin, l’élite du football mondial se retrouvera en Allemagne. Le slogan souvent cité de la FIFA suggère un monde pur et beau. Pourtant, dès le coup d’envoi, il cédera la place à une dure réalité… et acquerra même une dimension politique.

Le football – pour reprendre la définition de Bill Shankly, ancien entraîneur du FC Liverpool – n’est pas seulement une question de vie ou de mort, mais de bien davantage. C’est ce que révèlent les nombreuses situations conflictuelles résultant de la répartition des équipes nationales en huit groupes de quatre équipes. Il est rare que de vieux amis doivent s’affronter pour accéder au tour suivant ; au contraire, les rencontres constitueront bien plus souvent des rééditions de vieilles rivalités entretenues. Il est dans la nature des choses que le tournoi ne puisse connaître un déroulement paisible, puisque toutes les équipes ne peuvent gagner. Il se peut même que la violence soit parfois au rendez-vous, si l’on en croit le débat concernant le traitement des hooligans. Le potentiel de conflit lié au tour final de la Coupe du Monde s’explique par l’évolution du football moderne, car l’internationalisation de la composition des équipes de club ne donne plus que rarement l’occasion aux supporters de s’identifier à leur ville ou à leur région. Les rencontres internationales classiques semblent donc d’autant plus fortement imprégnées d’intérêts nationaux. Ainsi, les rivalités sportives qui se sont développées au fil des décennies s’accompagnent souvent de conflits potentiels que le football de club multiculturel semble avoir surmontés depuis longtemps.

Frictions dans les 16 mètres

Personne ne peut y échapper. La France, ex-championne du monde, par exemple, fut rattrapée par son passé colonial à l’occasion du match d’ouverture de la Coupe du Monde 2002 : la rencontre contre le Sénégal, dont l’équipe comportait de nombreux professionnels évoluant dans le championnat de France, se transforma en une défaite qui amorça l’élimination peu glorieuse de l’équipe tricolore. Le contexte historico-politique colore très souvent la rivalité sportive : à intervalles très réguliers, Anglais et Argentins se mesurent sur le gazon, avec le souvenir entretenu de la guerre des Malouines de 1982. Les frictions entre les Etats-Unis et le Mexique ne se limitent pas au "Tortilla Curtain", mais se produisent aussi de temps en temps le long de la limite franchissable de la surface de réparation. Quant aux relations de voisinage entre l’Allemagne et la Pologne, elles font de toute façon l’objet de règles particulières. Et la recrudescence actuelle du débat au sujet de l’antisémitisme et de la déportation sous-tend actuellement la rencontre prochaine du groupe A.

Traumatisme sportif

La liste n’est pas exhaustive, mais ces quelques exemples suggèrent déjà que le déroulement des matches s’inscrit très souvent dans un contexte qui n’est pas sans exercer une influence directe sur l’affrontement purement sportif. La durée de vie de ces différends peut facilement s’étendre sur plusieurs décennies : aux Pays-Bas, la conviction que l’équipe vice-championne du monde en 1974 était en fait nettement supérieure à l’Allemagne s’est inscrite dans la mémoire collective. Dans son livre 1974, wij waren de besten ("1974 : nous étions les meilleurs"), le journaliste Auke Kok parle d’une véritable hostilité dont les racines remonteraient à l’époque de l’occupation par les nazis. C’est dans cet esprit que s’inscrit un accessoire aussi insolite que controversé, destiné aux supporters de l’équipe néerlandaise : un casque de la Wehrmacht en plastique orange. Pourtant, il n’y a pas que les relations de voisinage à souffrir depuis très longtemps de traumatismes sportifs. C’est ainsi que l’écrivain suédois Per Olov Enquist interprète, par exemple, le succès légendaire de l’Argentine sur l’Angleterre durant la Coupe du Monde de 1986 (2-0) comme une conséquence directe de la guerre des Malouines : "Une nation humiliée s’est vengée de ceux qui l’avait déshonorée et castrée." L’analyse se livre en même temps à une incursion dans les sensibilités politico-psychologiques, puisque le pays sud-américain du machisme se serait vu blessé à plusieurs titres dans son honneur par l’Angleterre de Mme Thatcher.

"Réchauffement climatique"

Les médias jouent, à ce sujet, un rôle important dans l’intensification et la diffusion de ces conflits. La presse écrite en particulier contribue régulièrement à l’échauffement de l’opinion dans les pays participants. L’arbitre suisse Urs Meier en fut la dernière victime il y a deux ans. A l’occasion de l’Euro 2004, il avait dirigé une rencontre très disputée entre le Portugal, pays organisateur, et l’Angleterre, et aurait avantagé l’équipe locale selon les dires de la presse à sensation britannique, qui ne mâche pas ses mots en général : des manchettes telles que "You Swiss Banker" ou "Idiot Ref" donnèrent lieu à une avalanche d’e-mails et même de menaces de mort à l’encontre de l’arbitre, et de plus graves implications diplomatiques purent être prévenues in extremis.
Même la neutralité politique ne met pas la Suisse à l’abri de ces débordements. A l’occasion des matches de barrage contre la Turquie en 2005, les Confédérés furent entraînés dans un nouveau « conflit sportif ». Après leur succès et leur qualification, les joueurs suisses et les délégués furent agressés dans le stade d’Istanbul… et les relations entre les deux pays se sont nettement rafraîchies depuis lors. C’est par le biais des mass media que ces crises, qui voient le jour sur les terrains de football, acquièrent ensuite une portée et une importance nationales. De plus, en raison de la grande popularité du football, les décideurs politiques cherchent souvent à se rapprocher du sport et des représentants de fédérations ; la voie de la « politisation » de l’affrontement sportif est toute tracée.
La prochaine phase finale propose également des constellations intéressantes dans les huit groupes du tour préliminaire. Le thème du passé colonial, par exemple, sera cette fois traité par le Portugal et l’Angola (groupe D), ainsi que par la France et le Togo (groupe G), tandis que l’Angleterre retrouvera une situation chargée d’histoire dans la rencontre qui l’opposera à Trinidad et Tobago (Groupe B). D’une manière générale, ce sont les rencontres entre métropoles et colonies qui renferment le plus de conflits politiques, mais l’absence de ce type de relation directe n’empêche pas l’agitation suscitée par l’affrontement entre l’Europe et l’Afrique. La rencontre entre l’Italie et le Ghana (groupe E), par exemple, sera placée sous le signe d’un regain de racisme déclaré, qui a franchi un nouveau degré cette saison dans la Serie A, la première ligue italienne.

Initiation aux relations internationales

Outre les conflits géopolitiques, un autre genre de conflit saute aux yeux : le face à face entre l’Australie et le Japon (groupe F) opposera deux pays dont l’opinion résolument divergente concernant la pêche à la baleine a occasionné de graves dissonances diplomatiques en 2005. Les divergences ne manquent pas non plus au sein du CAFTA, accord de libre-échange entre les Etats-Unis et les pays d’Amérique centrale, même si, à vrai dire, un affrontement direct entre le Costa Rica (Groupe A) et les Etats-Unis (Groupe E) paraît peu probable. En revanche, des partenariats commerciaux seront mis plusieurs fois à l’épreuve : avec la Tunisie et l’Arabie saoudite s’affronteront deux membres de la Ligue arabe qui entretiennent des relations culturelles et économiques étroites et convoitent tous deux, dans le groupe H, une place en huitièmes de finale.
En dehors du contexte politico-historique, la dimension économique constitue donc une deuxième approche permettant de décrire les conflits latents liés au tirage au sort de la Coupe du Monde. En conjugaison avec les rivalités sportives, il en résulte ainsi un charmant panorama de conflits… une sorte de cours d’initiation aux relations internationales. Dans le football, le monde se présente sous un angle étonnamment politique. "

D'après Christoph Bieber sur Arte-tv.com

Enfin, un peu de tendresse humoristique dans ce monde footballistique de brutes...

http://www.arte-tv.com/fr/connaissance-decouverte/foot/Je...

 

Doriane Purple

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03/06/2006

Vive l'humour métal qui fait grincer des dents à certains!


« Un jour, Greil Marcus se penchera sérieusement sur les conséquences épistémologiques de la victoire de Lordi à l'Eurovision 2006.
En attendant, il faut revenir de toute urgence sur le style de ce groupe de heavy metal finlandais. Le plus customisé du moment. Le plus controversé aussi. Dans l'histoire de l'Eurovision au moins. Jugez plutôt. Le chef de l'Eglise orthodoxe grecque a aussitôt qualifié Lordi de bande de «monstres» et de «satans».
Deux groupes conservateurs grecs, l'Union des femmes scientifiques et le Centre de coordination de l'hellénisme, ont réclamé son élimination pure et simple avant le concours. Heureusement, leur ville d'origine, la capitale de la Laponie et patrie du Père Noël, donnera leur nom à une place du centre. Pourquoi tant de violence et passion sauvage ? Pour résoudre cette nouvelle énigme média-mythique, revenons à l'instant décisif de leur apparition mondiale. «Arrêt sur images» à la Schneidermann. Ou revue détaillée façon nouveaux Inrocks dans leur rubrique «Style». Si Lordi sidère son monde, au premier comme au vingt-huitième degré, ce samedi soir 20 mai, c'est avant tout pour leur look et leur son. Transgression de la traditionnelle doxa eurosoupe. Autant Marie «Comme un enfant» Myriam ou Virginie Pouchain incarnaient la candidate typique de l'Eurovision. Soit une figure masse culturelle de la sainteté, chantant guimauve oecucuménique. Autant les affreux Lordi représentent exactement l'autre bout du spectre. Soit un gloubigoulga satano-métallique qui, après avoir fait peur aux enfants, doit révéler le monstre gentil qui est en lui. Inventorions ensemble leur arsenal «relooking extrême». Par ordre d'apparition. C'est parti . Platform shoes géantes en titane expansé volées à Kiss ; aile mécanique Clément Ader se déployant sur commande dans le dos du chanteur ; borborygmes et sons gutturaux, certifiés d'origine finlandaise, mâtinés d'anglais et de râles allemands Rammstein. Vue d'ensemble possible en partouze intergalactique : une jolie Nazgul (le Seigneur des anneaux) se fait attraper par des Klingon (Star Trek), tandis que des Berg (Moebius, le Cinquième Elément) matent tapis dans l'ombre. Au bar (de Tatooine, Star Wars), le gardien-porc de Jabba le Hut (Star Wars, Le Retour du Jedi) manque de se faire latter par le Rankor, monstre des bas-fonds du palais de Jabba le Hut (toujours lui). Emballons l'orgie dans une pyrotechnie empruntée au comité des fêtes de Juan-les-Pins. Pour finir, sortons le titre victorieux, Hard Rock Alleluia, de l'accélérateur de particules où il était bombardé de bozons de Twisted Sister et de quarks Cradle of Filth. Maintenant, vous pouvez respirer. Fermer toutes les fenêtres. Et éteindre enfin Lordi." »

D’après Emmanuel PONCET, http://www.liberation.fr



« Pour la première dans l'histoire de l'Eurovision un groupe de heavy-metal, les Finlandais de Lordi, a remporté dans la nuit du samedi 20 mai à Athènes cette grande messe télévisuelle où s'illustrent en général les chanteurs de charme et les groupes pop. "Un groupe de rock déguisé en monstres remporte l'Eurovision. C'est la victoire du rock et de l'ouverture d'esprit. C'est aussi la preuve qu'il n'y a pas que la pop et les ballades", a déclaré au cours d'une conférence de presse le chanteur et leader du groupe, "Mr Lordi".

Grimés en créatures de film d'épouvante, avec cornes, dents acérées et griffes au bout des doigts, vêtus d'armures ou de bandages, les cinq membres du groupe ont donné sur scène une prestation grand-guignol servie par une débauche d'effets pyrotechniques. "Des ailes dans mon dos/Des cornes sur ma tête/Mes crochets sont acérés/Et mes yeux sont rouges (...) Maintenant choisis de nous rejoindre/Ou vas tout droit en enfer", proclame leur titre "Hard rock alléluia", un rock à la fois lourd et mélodique.
Leur présence à l'Eurovision avait heurté des petits groupes conservateurs grecs qui avaient réclamé leur retrait de la compétition au motif qu'ils "cultivent et justifient le satanisme et sapent les fondements de la culture européenne et grecque". En vain.

Leur victoire, attribuée à la suite d'un vote par téléphone des téléspectateurs de 38 pays est éclatante : avec 292 points ils arrivent loin devant la Russie, deuxième avec 248 points pour le chanteur Dima Bilan et son titre pop "Never let you go". La Bosnie-Herzégovine est troisième avec 229 points pour le chanteur Hari Mata Hari et sa chanson d'amour "Lejla".
Même les téléspectateurs de Grèce ont donné le maximum de points - 12 - au groupe Lordi. Les membres de Lordi viennent de la minorité lapone de Finlande. Leur chanteur, au sens de l'autodérision affirmé, avait déclaré avant la compétition : "Nous sommes à l'Eurovision un peu comme des mangeurs de viande dans un café végétarien". »

D’après http://www.lemonde.fr


 

14:55 Publié dans Rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Musique