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22/12/2012

20 ans...

http://www.zoo.lyon.fr/static/zoo/contenu/img_general.jpg

Décembre 1992

"À cette époque, je vivais en permanence dans un état onirique, oscillant entre le rêve et le cauchemar, ces deux dispositions s’amalgamant parfois étrangement. La fatigue aiguë agissait comme un puissant psychotrope qui parfois me faisait douter de la réalité de mon quotidien absurde.
Et pourtant… Je rentre dans le Parc de la Tête d’Or ; il n’a pas changé lui non plus. Je me souviens de la folie de ce temps en apercevant la pancarte directionnelle du zoo. Je m’y étais rendu, recherchant dans le parc zoologique un peu de sérénité que je ne trouvais plus dans le lycée. Je n’avais découvert qu’un écho à ma propre désespérance. Les singes, tendant des mains implorantes, tragiquement humaines à travers les barreaux de leur cage, quémandaient un peu de nourriture et un peu de sollicitude. Les servals promenaient dans une ronde incessante leur ennui par delà un aquarium de verre, jusqu’à ce qu’un écureuil amical et effronté, dans un réel moment de magie, ne vienne monter sur ma jambe droite et ne détale un peu plus loin après que j’eusse essayé d’enlever mes mains de mes poches, le faisant fuir malgré moi. Les servals avaient alors repris miraculeusement vie, étaient tombés, de la manière la plus merveilleuse qui soit, à l’arrêt, pattes raidis, muscles saillants, yeux à l’affût, pour finalement, bondir à la poursuite improbable de l’écureuil, le long de leurs murs de prison en verre. Liberté privée. Privation de liberté. Les félins, tigres, lions et panthères, les yeux brillants et fous, exhalaient leur rage frustrée dans l’îlot souterrain central de leur bagne, accessible aux voyeurs inhumains que nous étions, dans une odeur haineuse, suffocante et maladive de fauve. Les loups hurlaient leur mélancolie par delà leur promenade sans but de pantins désarticulés. Sous le regard vide d’un de ces congénères, un éléphant, pauvre fantôme de sa majesté déchue, dans un geste compulsif et purement névrotique, névropathe, névrosé, avançait puis reculait un pied continuellement devant le fossé arrondi de son île prison, posant alternativement le pied dans le vide et dans son île bagne. J’étais revenu de cette promenade dans un état nauséeux et d’autant plus désespéré. On sent la profondeur de la détresse des autres êtres seulement quand on est soi-même en pleine détresse.
Je marche puis m’arrête pour m’asseoir sur un banc. Un enfant joue, deux autres le suivent puis trois ; ils sont six maintenant, des garçons, des filles, d’à peine sept ou huit ans. Leurs cris joyeux s’élèvent avec insouciance dans la fin d’après-midi ensoleillé… À dix-huit ans, j’évoquais déjà l’enfance avec des camarades de survie dans cette imposante et inhumaine galère que représentait la Math Sup…"

Décembre 2012

Rien ou presque rien n'a changé en exactement vingt ans...

Pouah!

Seules les vitres sales ont remplacé les barreaux striés de rouille... Adieu les loups hurlants, adieu à l'éléphant schizophrène... Les yeux hagards sont omniprésents, scrutant le vide du deséspoir; les va-et-vient maladifs et tendus sont toujours saillants dans l'emploi du temps impulsif de la communauté animale.

Bonjour tristesse!

J'ai envie de gerber devant cette tombe d'inhumanité flagrante. C'est samedi. Il va neiger demain. Mais devant ce manteau faussement immaculé de tâches non félines et profondémént inhumaines, le goût acre de mes sucs digestifs me serine cet air lancinant: l'homme est un homme pour le loup!

Lyon! L'homme est un roi hégémonique du lion, roi soit-disant des animaux.

Never change!!! Twenty years already!!!

21/12/2012

21 décembre 2012...

Bienvenue chez les apatrides...

Pas de sens commun, pas de moeurs communes , pas de langue commune avec les autres... Je me sens apatride...

 

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21 décembre, fin de mon monde et compagnie...

Entre Bruegel l'ancien et nos contemporains, qu'y-a-t-il de commun, par delà les siècles, que notre déchéance prochaine et toute proche ?

Entrée libre vers notre décadence...

 "Jusqu'où iront les hommes? Leur esprit d'entreprise est salutaire, mais ne sont-ils pas téméraires à tenter parfois d'égaler les dieux? Ces questions sont très anciennes, elles remontent au moins à la Genèse. Elles sont condensées dans le mythe de Babel. Un récit de grandeur et de catastrophe qui, si l'on visite à Lille l'exposition consacrée à ce thème dans les arts contemporains et la bande dessinée, semble plus que jamais vivace. L'effet de la mondialisation et des attentats du 11 Septembre?

 

Aujourd'hui, Babel, que, dans l'Apocalypse, Jean qualifie de «mère des prostituées et des abominations de la terre», a les traits de la ville-tour hélicoïdale peinte par Bruegel dans les Flandres protestantes de la Renaissance. Un fac-similé d'une de ses deux versions subsistantes est accroché à l'entrée. Tout ce qui va suivre dérive de cet archétype.

 

Anselm Kiefer, avec deux immenses toiles de sa série The Fertile Crescent, revient aux sources. Il figure une ziggourat mésopotamienne en ruine. Ce berceau des civilisations n'est plus que lambeaux: sables du désert, bitume et briques des premiers âges. Wim Delvoye, à la fois fasciné par l'esthétique gothique et critique, a posé sa maquette en fonte de la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, la plus haute de France. Voilà une autre vanité architecturale. Pour illustrer l'universalité du propos, l'Américain Hilary Berseth a créé une ruche démentielle avec l'aide des abeilles, nos sœurs industrieuses. Ses alvéoles voisinent avec celles du photographe allemand Andreas Gursky qui a fixé en format géant un panorama de façades de HLM. Vik Muniz, quant à lui, s'est fait cartographe. Sa mappemonde World Wide Web est jonchée de carcasses d'ordinateurs. Car Babel, c'est aussi le mythe d'Internet, une langue commune et une bibliothèque totale, déjà mi-rêvée mi-cauchemardée par Borges.

 

Champignons atomiques

 

<i>La Tour</i>, Jakob Gautel (2006-2012)
La Tour, Jakob Gautel

L'empilement en spirale de quelque 15.000 livres par Jakob Gautel ne dit pas autre chose. Dans la bande dessinée, François Boucq s'est inspiré des illusions géométriques de Maurits Cornelis Escher. Son escalier labyrinthique qui aboutit où il commence ressemble à un réseau synaptique ou à l'intérieur d'un cerveau. Et son homologue belge François Schuiten a regardé Piranèse de près pour ses édifices colossaux au style rétro futuriste.

 

«Mais Babel dépasse le cadre de l'Occident, a remarqué le commissaire Régis Cotentin. La force du mythe réside tout entière dans son analogie avec la vie des hommes. Pour les Chinois, par exemple, Babel est juste l'impression de ce qu'ils vivent actuellement.» Le démontrent les champignons atomiques urbanisés ou les Shanghaï et les Hong­kong à cascades géantes et autoroutes aériennes de Yang Yongliang. Et aussi les Armageddons new age de Du Zhenjun. Deux experts en photomontages.

 

Pour évoquer cette Chine des grands travaux, Hendrick Dusollier a également créé des images numériques composites où, dans une esthétique de rouleau de soie peint, les montagnes se télescopent dans les gratte-ciel et les dimensions se confondent. Son travail ressemble à celui de Marco Brambilla. La vidéo de ce dernier est vraiment bluffante. On dirait une extension de Blade Runner, le film culte de Ridley Scott. D'une durée de deux minutes et quarante secondes, elle mêle avec grâce et poésie plus de trois cents séquences d'émissions télévisées, de publicités, de clips…

 

Utopies démesurées, fourmillements, maelströms dantesques: Babel est tout cela et plus encore. Jean-François Rauzier la voit en Versailles décuplé et vide. Le photographe lillois Maxime Dufour prétend, lui, l'avoir trouvée: il est allé séjourner dans la plus grande copropriété du monde. Cinq mille appartements en un seul immeuble, à Sao Polo. Villes insensées, agglomérations tentaculaires, étagements, conglomérats, viscères de béton et d'acier, variations de cataclysmes…

 

Et si le XXIe siècle avait des objectifs mais aucun but? Déjà, on pourra méditer sur certaines Babel du XXe, celles qui insistent sur la division des peuples. La maquette d'un charnier nazi signée des frères Chapman est d'une minutie insoutenable. Inhumaine ou trop humaine?

 

Jusqu'au 14 janvier au Palais des beaux-arts de Lille." (Le Figaro) (Pour une fois , il faut bien le citer...)

 

Big Bang!!!

 

Comble de la "décadanse": Anouk Nobody's wife!!!


Doriane Purple


 

19/12/2012

Et après le 21 décembre 2012 ?... viennent assurément le 22, le 23, le 24...


Soundgarden - Black Hole Sun

 

Soundgarden - Been away too long

16/07/2009

Unhappy épi...

 

Masque V.jpg

A l’aune de ma démesure funeste, mon esprit ploie sous le masque de l’agonie folle que j’affronte seul en cette pleine nuit sombre et profonde. Ce masque grimaçant qui me révulse de ses yeux affolants, qui me transperce de ses regards intensément vides, qui me transfigure en papillon de nuit brûlant ses ailes diaphanes sur une lumière artificielle et morbide, me renvoie le propre reflet de mon instabilité intellectuelle flagrante comme un cauchemar éveillé.

Masques.jpg

Masque tragique et antique de ma folie personnelle, paradoxalement libérateur et suffoquant.  Masque insondable de ma propre fin inexorable et prochaine. Masque inhumain de ma peine inaliénable et de mon angoisse anxiogène. Masque suffoquant de ma terreur de vivre. Masque enivrant de ma propre impuissance sur le temps qui passe sans faille. Masque faussement juvénile de ma jeunesse perdue depuis mon premier cri. Masque de tragédie grecque où les dieux olympiens se jouent de la souffrance et des doutes des humains trop simplement terrestres. Masque des souvenirs réminiscents qui s’effilochent au fur et à mesure de leurs déconvenues. Masque d’affolement, de peur, de terreur face à notre vie éminemment moderne et totalement absconse de traits imparfaitement humains. Masque du nihilisme intime qui m’anime et qui me détruit toujours et de plus en plus. Masque révulsé que m’aspire et m’inspire la grande Camarde dans ses hôpitaux capitonnés. Masques en carton pâte de déchéance humaine infructueuse et malodorante. Masque de mon impuissance flagrante de démiurge faussaire. Masque épileptique de ta mort grandissante, intrinsèquement liée à mon propre néant immense...

 

 

 

Doriane Purple

13/12/2008

Eloge de l'oubli hellénique...

"Les heurts entre une police violente et une extrême gauche aguerrie sont réguliers en Grèce. En novembre 1973, la féroce répression de manifestations étudiantes avait sonné la fin de la dictature des colonels. En 1985, des émeutes anarchistes avaient éclaté dans le quartier d’Exarchia à Athènes, après l’assassinat par la police d’un lycéen. La mort en 1991 d’un professeur lors d’une manifestation avait suscité des violences. En 1995 et 1999, les commémorations du soulèvement de 1973 ont dégénéré. Les derniers heurts remontent à 2003, durant un sommet européen."

D'après Libération du 8 décembre 2008

 

 

28/10/2008

Résurrection...

 



Chris Cornell qui gratte lascivement, à mes tympans ensanglantés depuis si longtemps, cette fin d’année de ma libération provisoire et de ma peine perpétuelle….

Images sonores déchues d’un passé inaltérable dans un présent approximatif… Lumières feutrées et jaunies d’un soleil intérieur qui brûle mes chairs, mon coeur et mon âme pour ne laisser qu’un trou noir toujours plus vaste et fastueux...

Cependant, à force d’immobilisme et d’attente désabusée et faute de combustibles, le feu s’apaise peu à peu . Ce ne sont alors que cendres et poussières dans cette immense cathédrale vide que l’on appelle corps, éclairée de-ci, de-là de braises ténues. Voilà brusquement qu’un vent violent, mais bénéfique, embrase les contours pourrissants de l’édifice chancelant, repoussant les miasmes méphitiques vers un lointain incertain. Sur ses restes disloqués, il est alors temps de construire de nouveau un avenir solide.

Il en est ainsi de la résurrection, il ne peut en être qu’ainsi : une renaissance fragile dans la douleur de l’auto-enfantement , auréolée du crépuscule d’une vie qui s’achève, immolée sur l’autel d’une nouvelle destinée, d’un sacrifice qui engendre un miracle incertain ondoyant sous une peau nouvelle, une mue ophidienne au caractère tragique.

Tel est le destin du Christ athée que je puis être. Ecartèlement des sentiments contradictoires. Fin de ma jeunesse frivole et début de ma vieillesse débridée.

Trente-trois ans, âge de la résurrection non attendue, âge de l’absolution non convoitée. Comme un cataclysme profond de la Nature, comme une résolution de notre nature profonde, cette résurrection christique m’a été envoyée durant l’hiver de mes trente-trois ans. Choc émotionnel de mes dix-huit ans fourvoyés dans la roue inexorable du temps. J’ai changé, Elle aussi. Le temps a passé… Nous sommes seuls responsables de notre propre déchéance et de notre propre fin….

Je suis mort ! Je suis vivant ! Tant de jours, de semaines, de mois, d’années à attendre une illusion à jamais perdue… Une nouvelle vie s’offre  enfin à moi : nouvelle, belle et pourtant cette fois-ci définitivement mortelle.

Mais pouvons-nous véritablement faire table rase de notre passé?...

Doriane Purple

31/08/2008

Le pouvoir Dacia...

"Dacia : après la grève, chacun fait ses comptes

Roumanie . Les salariés ont obtenu gain de cause, mais après presque trois semaines de grève, la solidarité reste nécessaire.

Ils ont tenu presque trois semaines, quand la précédente « grosse grève » avait duré trois jours : le travail a commencé à reprendre, vendredi, à l’usine Dacia de Pitesti en Roumanie après un mouvement sans précédent. Le Syndicat automobile de Dacia exigeait une revalorisation mensuelle de 148 euros brut, les salariés ont obtenu 97 eros (quasi le double de ce que leur proposait la direction aux premiers jours du conflit). Et « 70 % des salariés étant d’accord avec la proposition », selon le leader du syndicat, ces derniers ont cessé leur mouvement et l’usine devrait reprendre un rythme normal à partir d’aujourd’hui.

Les grévistes, dont le mouvement a remporté l’adhésion et de la population de la région et des Syndicats automobiles européens, ont remporté une belle victoire, et pour eux et pour les rapports sociaux en Europe, signant la fin du mythe d’un pays « facile » où les multinationales ont les coudées franches.

L’administration de l’usine avait d’ailleurs mis l’accent sur ce point, envoyant aux salariés une lettre au premier jour de la grève pour leur rappeler, l’air de rien, que le Groupe Renault possède des usines ailleurs dans le monde, dont au Maroc, en Russie et bientôt en Inde, destinées à être toute aussi productives que celle implantée en Roumanie. Le chantage n’a pas fonctionné, pas plus que le recours en justice pour tenter de s’appuyer sur une législation très contraignante pour les grévistes. Le mouvement a été reconnu légal, mercredi, par le tribunal de Pitesti, deux jours avant que la direction ne se décide finalement à prendre au sérieux les revendications du syndicat.

Une obstination qui a coûté cher à Renault, au point qu’il est difficile de ne pas lire dans la fermeté de la direction une volonté d’étouffer des revendications qui pourraient gagner d’autres secteurs, et d’autres usines dans le monde. Jeudi, une « source proche du groupe » avançait le chiffre de cinquante millions d’euros de pertes pour Renault en raison du conflit, un chiffre en conformité avec les calculs de plusieurs analystes. Et pourtant évaluée à 13 millions d’euros par Christian Esteve, membre du comité de direction de Renault et président du conseil d’administration de Dacia. Un chiffre qui prend une dimension nouvelle au regard de ce que représentent les revalorisations salariales pour le groupe.

Les salariés vont devoir trimer pour permettre à leur usine de rattraper son retard avant la fin du mois, comme le souhaitent les syndicats. En cette période des Pâques orthodoxes, cinq jours devaient être chômés en avril. Ils ne le seront pas. Et les salariés seront également mis à contribution un samedi et un dimanche au cours du mois pour rattraper les pertes de l’usine. En attendant, ce sont les familles des grévistes qui vont connaître des mois difficiles, avant que leur revalorisation ne se fasse sentir. La grève a été longue et a sérieusement entamé des budgets déjà grevés par la hausse des prix, substantielle en Roumanie. D’où la nécessité de continuer à répondre à l’appel à la solidarité lancé vendredi dernier par notre journal."

D'après L'Humanité du 14 avril 2008

 

Superbes commentaires et montage bien huilée...

"Tant que les navettes ne fileront pas toutes seules,  il faudra des esclaves." Aristote.

 

25/07/2008

Le temps passe et trépasse...

16/04/2008

Requins du regain...

medium_27.jpgJe ne suis qu’un fétu de paille sur l’immense océan de la vie. Ballotté, secoué, projeté, chaviré, submergé, noyé, je m’engloutis dans la vague déferlante. Mes yeux s’ouvrent désespérément vers la surface blanchâtre et écumante. Tourbillonnant, tournoyant, chahuté par les éléments en furie, je perds la notion de haut et de bas, de verticalité, de gravité, de légèreté et je m’enfonce peu à peu dans un dédale d’eau oppressante. Mes poumons sont en feu et manquent d’exploser. Puis, soudainement, ma tête émerge enfin des flots tumultueux et une lame salée d’oxygène me transperce les poumons. Mais déjà ma vision se brouille. Une autre muraille titanesque d’eau vibrante me fait face et coupe mon accalmie salutaire. Je dois de nouveau affronter l’océan de mes menus problèmes qui s’amoncellent dans cette lame de fond écumante, dans ce tsunami ondoyant. Cette fois-ci, pas de politique de l’autruche en exécutant la technique du canard : je me retourne. Une fraîcheur fiévreuse surnage sur medium_18.3.jpgmon front. J’agrippe mon surf, je pagaie à toute main et je chasse à toute jambe. Je nage comme un forcené. Déjà la proue de la lame aqueuse me lèche les pieds. Une force phénoménale me soulève à une vitesse insensée. Je pagaie toujours de toutes mes forces, de toute ma déraison. Je me retourne. L’aileron du grand requin bleu me talonne. Je mets un genou sur le surf prêt à cet adoubement extraordinaire. Je me lève d’un trait alors que le sommet de cet Everest ondin me rejoint. Je lance un regard illusoire sur le vide qui me précède et je me lance sur les flancs de ce requin vorace qui martèle mon cerveau et qui est en passe de devenir bientôt un grand requin blanc d’écume, cruellement vorace. Le vent de la vitesse me fouette le visage de ces épines atrocement salées. Le goût des embruns est un doux parfum sur ma peau à présent faussement desséchée. Je me précipite vers un abîme doucement bleuté. Je tombe dans un gouffre qui n’en finit pas. Je glisse dans un doux précipice. L’adrénaline et l’endorphine medium_689.jpgdansent la gigue, la samba et le tango dans mon cerveau, tambourinent dans mes artères. L’extase est là, je la vois me transcender et auréoler mon corps. Je ne fais plus qu’un avec la Nature. Mais bientôt les mâchoires titanesques se referment impitoyablement, voici jaws, j’ose à peine le croire et je me précipite vers un précipice orageux, je m’abîme dans un abîme d’écumes fulminantes, je glisse dans la glossolalie la plus épaisse, je tombe dans ma propre tombe provisoire blanchâtre. Oubli aquatique… Derrière moi, déjà pourtant, une nouvelle série de vagues se profile dans le proche horizon et se glisse à toute vitesse vers moi. Tout est à recommencer ! Et cependant quel bonheur de tout recommencer ! La vie est une perpétuelle errance de naufragé. Accroché à notre frêle esquif, certains de nous atteindront au fil des courants et des jours de calme plat trompeur et de mer d’huile infinie, leur île oasis, d'autres l'entr'apercevrons puis la perdrons à jamais. Serais-je moi-même un perpétuel Ulysse en quête de mon Ithaque lointaine, serais-je toujours un chevalier vagabond en quête du Saint-Graal ? Mon âme se dissout dans le flot brumeux des souvenirs...

 

 

Doriane Purple 

23/03/2008

Into the Wild...

 

Hard Sun - OST "Into the wild" Eddie Vedder

Lyrics:

when I walk beside her
i am the better man
when I look to leave her
I always stagger back again
once I built an ivory tower
so I could worship from above
and when I climbed down to be set free
she took me in again

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

when she comes to greet me
she is mercy at my feet
when I see her pin her charm
she just throws it back again
once I sought an early grave
to find a better land
she just smiled and laughed at me
and took her blues back again

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

when I go to cross that river
she is comfort by my side
when I try to understand
she just opens up her eyes

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

once I stood to lose her
when I saw what I had done
bound down and flew away the hours
of her garden and her sun
so I tried to warn her
i'll turn to see her weep
40 days and 40 nights
and it's still coming down on me

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

there's a big
a big hard sun
beaten on the big people
in the big hard world

 

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Dernier sourire d'un nouveau clochard céleste, d'un nouveau Chris(t): illuminé ou messianique ?

 

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 Doriane Purple